‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 290 sur 362 · Var. 25. Cf. Sen. XI, 9 {Op · texte numérisé non relu

Var. 25. Cf. Sen. XI, 9 {Op

2. P. a tenu apparemment bien moins de place dans la vie du moine calabrais. Il n'est aucunement vraisemblable, à mon avis, que ce soit à lui que Barlaam ait adressé son traité grec De principatu Papae, dédié à un personnage nommé François, Je n*invoquerai même pas la date de la composition de Touvrage qu'on fixe à 1339-40; mais, outre qu*il semble singulier d'offrir à un ami un ouvrage qu'il ne peut lire, P. n'était désigné à aucun degré pour recevoir la dédicace d'un traité purement théologique. Pour peu que Barlaam eût fréquenté le poète à Avignon, il devait savoir que cet ordre de spéculations lui était absolument étranger et ne l'intéressait en aucune façon ; lui-même était entré en relations avec beaucoup de prélats et de théologiens latins, parmi lesquels il serait plus logique de chercher le dédicataire. En faisant de P. le François de son héros, Mandalari (p. 54 et 78) a cédé, je crois, au plaisir de réunir plus étroitement leur souvenir.

3. Où prend-on le platonisme de Barlaam? Philelphe relève au contraire assez rudement *«; toj BaoÀaaj/. TiavoJpY^^*^» ota^oXàç xaxà nXaxcpvo; (E. Legrand, Cent-dix lettres grecques de Fr. Filelphe^ Paris, 1892. p. 152 sqq).

aliorum Platonicorum relatione notissima est\ Pétrarque ne dit pas ici, comme on Ta cru, que Barlaam lui a fait connaître les doctrines de Platon; il indique même tout le contraire, puisqu'il mentionne ce qu'il en savait par les platoniciens latins, depuis longtemps entre ses mains. Il avait compté sur ce praeceptor surtout pour apprendre la langue de Platon et le lire ensuite dans son texte.

Je crois qu'on ne se trompe pas moins sur le sens des paroles de son De ignorantia relatives à ce qu'il possédait de Platon mis en latin; il déclare, prétend-on, qu'il pouvait lire ainsi seize dialogues au moins, et on se demande alors si on ne doit pas attribuer ces traductions à Barlaam*. Mais l'existence même des traductions est plus que douteuse, car le texte semble^pouvoir être traduit d'une façon tout autre que celle qu'on a suivie jusqu'ici et dénature à faire disparaître la question'. A s'en tenir même à l'interprétation courante, en dernière analyse, qu'y trouve-t-on? Que les jeunes averroïstes, dont Pétrarque raille si finement l'ignorance de tout ce qui n'était pas dans Aristote, poussaient cette ignorance jusqu'à ne pas connaître le Timée traduit par Chalcidius. C'est en effet à ce traité que se réduisent les connaissances platoniciennes directes du poète, et le pluriel [aliquot uersos) pourrait être un artifice de polémique, d'un effet d'autant plus sûr que l'auteur sait bien que ses adversaires, après la dure leçon qu'ils reçoivent de lui, ne reviendront plus visiter sa bibliothèque. Ce ne sont là, je l'avoue, que des explications qui me sont personnelles ; mais on n'aura le droit d'y préférer l'interprétation traditionnelle que lorsqu'on aura trouvé trace, dans les

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