‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 292 sur 362 · Le fac-similé est à la planche II · texte numérisé non relu

Le fac-similé est à la planche II

Suivant les idées déjà rencontrées à propos de Cicéron*, cette phrase doit être, je crois, ainsi comprise: « Platon fut heureux et malheureux à la fois de s'être élevé à une si grande hauteur dans la vérité, sans connaître la source de cette vérité, qui est Jésus ». C'est là un résumé de ce que Pétrarque pensait de Platon. ParCicéron et S. Augustin, à Taide aussi du petit traité d'Apulée ^ et sans avoir eu besoin des leçons d'un théologien calabrais, il s'était initié dans une certaine mesure aux doctrines de l'Académie ; il était devenu un disciple indirect de cette grande école de philosophie, promise à un renouveau prochain ; il avait pris l'habitude de mettre en lumière les idées de Platon sur le souverain bien, la connaissance et Tamour de Dieu, et de rappeler les emprunts continuels de S. Augustin au « prince des philosophes^ »; il avait fait sien notamment le sentiment tant de fois exprimé par l'auteur des Confessions sur les rapports de l'enseignement platonicien et du christianisme*. Ces dispositions d'esprit sont tout à fait remarquables, en un siècle qui ne répétait même plus le regret d'Abailard: Platonis opéra non cognouit latinitas nostra^.

Les œuvres de Pétrarque font aisément connaître avec quelle ardeur et quelle confiance il partageait le culte pour Platon de ses maîtres révérés. Ce Platon, dont il a lu si peu de chose, et qu'il ne connaît que par reflet, il se range parmi ses disciples, il se âe à lui comme faisait Cicéron : Apud me

1. V. p. 198. Un sentiment tout semblable sur Cicéron est exprimé clans Op, 1044, passage cité aux Addenda de ce livre.

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