PETRARQUE PLATONICIEN
praesertim hominis illius [potest auctoritas], de quo alte mihi quidem insedit illud Ciceronis in Tusculano: Plato, inquit, si rationem nullam afferret (uide quid homini tribuo), ipsa auctoritate me frangeret\ Mihi autem saepe diuinum illud ingenium cogitanti iniiiriosum iiideretur si, cum ducem sutim analogistam facit Pythagoreum uulgus*, reddendae rationi foret obnoxiiis Plato^. En dépit de cet enthousiasme, dont je pourrais citer d'autres effusions, il lui arrivait cependant de faire des réserves, de discuter, non sans naïveté, tel mot prêté par la tradition au philosophe athénien*, de le blâmer môme très violemment pour les vers erotiques qu'il avait trouvés dans Macrobe attribués à Platon et qu'il jugeait déshonorants pour la mémoire d'un si grand homme". Il n'en cherchait pas moins avidement à recueillir les fragments de son enseignement qu'ont transmis les auteurs latins. Il ne pouvait évidemment les comprendre toujours avec exactitude, surtout lorsqu'il les interprétait avec des idées préconçues et l'intention de les faire servir à appuyer ses propres idées ; on a un exemple de cette disposition de son esprit dans la façon dont il défigure l'idée bien connue exposée dans la République sur le rôle nuisible des poètes, pour la faire entrer dans une de ses polémiques^.