‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 295 sur 362 · Rem. I · texte numérisé non relu

Rem. I

5. Plato de amorihus suis eiiam turpibuSy quanquam uero philosopha nulia libido non turpis et inconcessa sit (pace tanti uiridixerim), multa licentius scripsil qiiam quibus Platonicum nomen scribendum esset. Scripsit tamen et,quod nollem, scripta extant^neque tam celebris famae notam, neque iudicium poster itatis erubuit, curam hanc metumque omnem uincente impelu passionis anirnum urgentis stilique dulcedine calamum excitanlis; quae uel in turpi pudendaque materia tanta illi est, tU Epicureis magis quam Platonicis in rébus y quasi solis in Into^Platonici radios cernas ingenii (Rem. 1,69). On voit quels vers P. avait dans la pensée par Sen. XV (XIV), 13 : Obsceno... stilo qualia sunt in Satumalibus illa Platonica, quae mallem tantus philosophus tacuisset (Op. 942).

6. Le passage suit une allusion à Tattaque de Boèce contre les poètes

On voit, par le chapitre considérable consacré à Platon dans les Bes memorandae, qu'il avait mis en œuvre avec zèle et intelligence une partie des témoignages romains sur le philosophe*. Les manuscrits de sa bibliothèque font retrouver, à leur tour, les sources où il a puisé, et montrent que rarement il a laissé passer le nom de Platon dans ses lectures sans le signaler en marge*. Le volume reconnu à Paris en apprend davantage, et atteste les efforts qu'il a faits pour comprendre le Timee dans la traduction de Chalcidius et dans Chalcidius lui-même. L'étude de l'ouvrage, qui n'est pas toujours aisée, devient plus méritoire encore, quand à l'obscurité du sujet se joignent, comme dans ce manuscrit, les difficultés d'un texte assez défectueux.

Pétrarque ne cite pas, en général, les titres de dialogues de Platon qu'il connaissait de seconde main. Il nomme au con-

(cf. p. 301): Qui quales essenl^ Plaio ipse declarauit in sua Rep. quando eos censuit urbe pellendos. Ut enim constet non de omnibus eum sensisse^ sed de scaenicis tanlum, ipsius Platonis ratio audienda est ab Augustino posita, qua silicet ludos scaenicos indignos deorum maiestate ac bonitate censebat^ in quo multos sui temporis notauit eius generis poetas,.. Id tamen Platonis iudicium^ non modo heroicis atque aliis nil nocebat, imo uero multum proderal^ quoniam, uelut excussor pocticam ingressus in aream^ ualido uenlilabro grana discreuit a paleis (Contra med. III, Op. 1104).

1. Ce travail est dans Rer, mem, I, 2 (Op. 400-402), et il faut y ajouter encore Rer. mem. II, 2 (Op. 413). Les sources de la grande compilation de p. ont été relevées par Baeumker, dans le programme de Munster cité; ce sont, avec le livre spécial d'Apulée: Cicéron, De fin. V, Tusc. I, De diuin. I, Sénèque, De br. uit. 10, Epist, 58, Valère- Maxime, Macrobe, Comm. I, Aulu-Gelle, A^. A. XIV, S. Augustin, Doctr. christ. II, C. D. VIII, Conf. III et Vil. Je ne citerai qu'un passage, qui suggère à Cochin une observation morale intéressante: Finis quidem uitae^ quia studiorum Platonis fidelissimus testis erit, non est praetermittendus. Sub capile morienlis Sophronismimos^ [texte du Par. 6069 T, f. 8', conforme à Valère-Maxime, VIII, 7,3, source de P. Ed.: Stephanionis numéros] constat inuentos^ ut non minus uere de hoc quam de Carneade dici possit [V.-M., VIII, 7, 5], quod unus fuerit et philosophandi finis et uiuendi. Ces derniers mots se retrouvent presque textuellement dans une phrase de P. sur lui-même, citée plus haut, p. 74, n. 1 (cf. Fam. VI, 3); il semble donc que c'est sur l'exemple de Platon qu'il s'était formé l'image de sa propre mort.

2. V. l'index au nom de Platon. Même dans son ms. de Josèphc, f. 180' (Contra Apionem, II, 31), P. a rais en marge : Platonis excellentia.

LECTURE DU « TIMEE ». 333

traire assez souvent cehii qu'il a pu étudier, quand il dit : bi Platonis Thuaeo inuenies, il renvoie son lecteur à un ouvrage précis, qu'on peut consulter comme lui^ Il a, lui-môme, fort annoté son exemplaire et en a fait autant pour VExposùio, sauf pour la partie mathématique et astronomique qui remplit le premier livre ; au second livre, bien que la partie philosophique de l'ouvrage Tintércsse de préférence, il montre cependant de la curiosité pour les rêveries du néo-platonicien sur la vie des étoiles et sur Tessence des anges et des démons ^ En général, les auteurs grecs que le commentateur extrait ou cite ont leur nom porté en marge. Voici quelques notes dont les trois premières se rapportent à Thii, 20 //, 24 e, et 29 e, les autres à Chalcidius: F. 2 (trad. : Timeus isle ex Locris, que urbium Italie flos est), Non uideras alias, o Plato ! F. 3 (sur TAtlantide), Prorsvm mirabilis insula, de qua alibi quod memineram non leqi, F. 4', Que ratio Dcum mouit ad fuundi fabricam, \ Hinc Cicero in libro de essentia mundi : Querimus, inquit, causam que eum impulerit,.. [transcription d'un passage du Timée cicéronien, 3]^ F. 34', De his septem motibus attigit Quintilianus in Inst, oratoria, c. de proniintiatione ultra médium, F. 35', Allegoria principii Homeri. — Elegantissime de Stella magorum, — ïn Bethléem ad presepem Dominicum. F. 37', Hoc satis pie credo in sua materia dici posse de Christo. F. 38, Precedit prudenlia, sequitur fatum secundum Platonem. F. 39, Principia rerum in natura, exitus autem esse in potestate fatorum, F. 39', Pro mathematicisy contra quos est totus fere liber 12 de diuinatione^. F. 40, De Fortuna et casu, F. 40', Argumenta contra

1. V. plus loin, p. 366. Secr. III, Op. 367 ; De ignor., Op. 1048 (avec Chalcidius), 1052 (id.); Contra med., Op. 1103; Vit. j?o/.I,4,10, Op. 240; II, 8, 4, Op. 282; Fam. III, 18: Platonis Timaeus Solonis mihi commendauit ingenium ; Rer. mem. I, 2 (Op. 405; chap. sur Solon); II, 2 (Op. 415; Chalcidius seul). Un seul de ces passages est connu de Baeumker (p. 18) et Koerting n'en a remarqué aucun.

2. F. 36 '-37 : Numerus dcmonum secundum I/esiodiim. — Falsissima opinio de demonibus. — Empedocles, cui in parte uidetur consentire Virgilius 6 Eneid.

3. P. ne semble pas avoir remarqué que les fragments de Cicéron qu'il lisait sous le titre de De essentia mundi (v. p. 208) étaient tirés d'un texte semblable à celui qu'avait traduit Chalcidius.

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