ÉTUDES SUR HOMERE
55° lulii [sic], dum uolumen istud illuminaret, Vixit itaque post scriptione^n Iliados annos quinque. Ici le mot illumina' ret paraît pris dans un sens nouveau, éloigné de Tusage médiéval, et la note confirme ce qu'il était facile de deviner à l'interruption et à l'écriture tremblée de ces scholies, c'est que l'annotation d'Homère a été le dernier travail de longue haleine du vieux poète et qu'il est mort en étudiant V Odyssée,
Il est curieux de rechercher les passages d'Homère auxquels Pétrarque, enthousiasmé et orgueilleux à la fois de ses nouvelles études, se plaît à faire allusion dans les Seniles et les dernières œuvres de sa carrière*. Le morceau le plus concluant à cet égard est un grand développement accessoire de sa lettre contre l'avarice {Sert. VI, 8); il dit que les poètes anciens ont fait un si gfand cas de l'or, qu'ils ont donné l'épithète auratus à tous les objets qu'ils ont voulu désigner comme particulièrement splendides. Beaucoup d'exemples sont pris à V Odyssée 'Aqs portes d'or du palais d'Alcinoos, les anneaux d'or et les chiens d'or de l'entrée, les statues d'or qui portent les candélabres, puis les sceptres d'or de Tirésias et deMinos aux PJnferset le baudrier d'or de l'ombre d'Hercule^ Suivent les exemples tirés de ï Iliade, dont je mets en note un texte plus correct que celui des éditions ^ Cette page et celles
même main, sur la garde, cette note mutilée : [mter]pretatio ridicula et inepla... delerius est falsa. On a vu plus haut, p. 322, les emprunts de mss. faits parDecenibrio pour sa traduction en mauvaise prose (//tarfe, 1-lV, X) contenue dans un ms. de l'Ambrosienne (Voigt, t. H, p. 191). Il n'est pas surprenant que la fâcheuse influence du travail de Pilate s'y fasse sentir.
1. Dans ses ouvrages antérieurs, il se réfère à Homère autant qu'il le peut, mais de seconde main et surtout d'après Cicéron (/?er. mem, m, 2, Op. 435; Vit. sol. Il, 7, 2, Op. 278...).
2. Od. VII, 89 sfjq., 100 sqq.; XI, 91, 569, 610. Cf. Koerting, p. 476- 478, qui réunit quelques-uns des emprunts faits à Homère.
3. nia de catlo in terram pende ns Ilomerica catena, qua seu nexus elementorum, seu quid aliud grande quidem occidtumque describitur, non aenUy non ignea, sed aurea est, undique in caelum graui auro scandente. //t/ic, et Venerem pulchram dicere uolens, ipsam auream dixit Homerus et Dianae thronum aureum atque harum parenti aureum indumentum sciilicamque auream et cornantes auro equos dédit; neue ulla esset inuidia inter fratres, parem penitus habitum et Nepluno tribuit. IlinCy et apud Homerum ipsum^Somno thronus aureus
qui suivent sont des plus instructives sur la manière dont Pé- Irarque accumulait les notes sur un sujet donné ; on serait tenté de s*émerveiller de sa mémoire ou de croire qu'il se servait de fiches, si on ne se rappelait par quel procédé les marges de ses volumes devenaient pour lui des répertoires faciles à feuilleter. Pour revenir aux citations d'Homère, on trouvera la plus curieuse peut-être dans le Secr€ium\ et les plus nombreuses dans le De ignorantia ^ et le De remediis. Pendant qu'il écrit ces deux ouvrages, il semble n'avoir sous les yeux que V Iliade \ On lit, par exemple, dans le second (I, 21): Vigilant reges sopiioque duces uigila?it exercitu, quod êtres docet et llias probat Bomerica ; et (I, 72) : Legisti, reor, Iliados Homericae librum XXI V, tibi Priamus de Hectare suo loquens... Plus loin, il parle du départ d'Hector allant combattre Achille, des recommandations de Priam et d'Hécube, des craintes d' Andromaque * ; en un autre chapitre il décrit Thersite, dont le caractère paraît l'avoir frappé, cuius tiitam,
a lunone prômittitur^ et collum auj'eum bis Dianae describitur uenatricis, cum ferme ratio caput aureum, collum uero potius lacteûm reguirat, nisi quod nihxl prorsus in rébus auro pulchrius persuasum est. Hinc et eidem Dianae non thronum modo ut diximus, et collum, sed colum auream dat Homerus^ auream quoqne colum Helenae atque argentum calalhum, cum haud dubie et uimineus calathus et colus arundinea esset habilior^ aureumque calicem Curae^ quo miseros transformaret^ atque oureos calceos dat lunoni, sed hoc minus mirum propter aeris splendorem^propter quem et thronum aureum dat Aurorae, (Op. 551. La lettre Sen, VI, 8 des mss. est publiée à part dans les éditions sous ce titre : De auaritia uitanda oratio).
1. Secr. III (Op. 357). Ce sont deux vers d'Homère traduits en vers latins et qui, n'étant pas l'œuvre de Piiate, pourraient être celle de p., si on ne les retrouve pas ailleurs:... Ut de te non minus proprie quam de Bellerophonte illud Homericum dici posset :
...Qui miser in campis errabat Aleis^ Ipse suum cor edens^ hominum uestigia uitans. Cf. //. VI, 201-202 :
tJtoi 6 xoLK reSiov to 'AXtJVov oto; âXaio,
Sv 0u[l6v XaT^$(i>V, TCaTOV âvOpCOTCbiV âX££{vCi)V.
2. Op. 1043, 1056, 1058 (rapprochement de Thersite avec le Drancès de Virgile ; cf. Thersite nommé, Op. 1038, et l'anecdote platonicienne de Fam. IX, 5).
3. De même pour les Bes memorandae, où se trouve une allusion directe au récit de la mort d'Hector (IV, 5; Op. 480).