‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 339 sur 362 · PETRARQUE DESSINATEUR · texte numérisé non relu

PETRARQUE DESSINATEUR

Dante, en un passage célèbre de la Viia nuova, raconte qu'il était un jour occupé à dessiner un ange « sopra certe tavolette »*. Il connaissait donc quelques éléments de Part du dessin, et, sans admettre, avec Leonardo Bruni, qu'il le pratiquât « egregiamente », on peut croire qu'il en avait du moins le goût et l'instinct. On ne sait rien de pareil sur Pétrarque, dont la nature cependant se montre déjà plus rafïinée et plus universellement curieuse que celle de Dante. A ses talents de chanteur et de joueur de luth, bien attestés par les témoignages, personne n'a songé à joindre celui de dessinateur.

Il faudra pourtant le lui accorder, au moins dans une toute petite mesure, si les conclusions ici présentées sont jugées exactes. Notons d'abord qu'on trouve couramment en ses manuscrits d'élégants traits de plume, des mains indicatrices dessinées avec plus de légèreté et de finesse que les mains analogues si communément employées aux loca notabilia par les lecteurs contemporains, enfin la silhouette de rochers ou de chaînes montagneuses, aux sommets tantôt arrondis, tantôt aigus, placée en marge des passages du texte où sont mentionnées des montagnes. Ces représentations sont surtout fréquentes dans le Pline Par, 6802 2; il y a même, outre ces croquis élémentaires et de peu d'intérêt, une toute petite tête barbue, dessinée à la plume et vue de trois quarts (f. 220), et une sorte de château-fort (f. 266), qui sert d'encadrement à l'inscription suivante : Borna sola mirabilis tolo orbe ierrarum (mots empruntés à Pline). Ce dessin par lequel Pétrarque symbolise la force de VUrbs est, il est vrai, tout à fait sommaire^; mais il engage à penser que la même main pouvait en exécuter de plus soignés.

Un exemple de dessin véritable et complet, quoique de dimensions restreintes, est au f. 143'. Il représente la fontaine de Vaucluse,

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