Aucun doute sur ce chiffre
7. Le mot Paduam, omis jusqu'à présent, met hors de doute la présence de P. à Padoue le 14 juillet 1361 (cf. Zardo, p. 62, n. 1).
8. Cf. les expressions de Sen. III, 1 : Mediolanum urbem... hactenus horum nesciam (Op. 1^1).
9. Il m'est impossible d'admettre qu'il n'y ait pas une altération de texte ou une confusion de souvenir, dans Sen. III, 1, après l'allusion voilée à la mort de Giovanni. Le deuil tout exceptionnel dont P. par-
in eterna tabernacula tua, ut qui iam hic mecum amplius esse non possunt permutatione felicissima tecum sint. [Dans l'interligne :] Heu mihi, imo septem, nec sciebam.
Rumor quoque iampridem hic fuerat de obitu Philippi de Vitriaco, episcopi MeldensiSy patris et amici mei^ Hoc autem die dominico 22» Âugusti compertum accepi. Dissimulabam et credere recusabam. Heu mihi, nimis crebrescunt fortune uulnera.
Eadem die atque hora^ percepi obitum optimi patris ac domini mei Philippi alterius, Cauallicensis episcopi, ad quem est liber meus Vite solitarie. Maximus rerum mearum preco obiit. Heu, prope iam solus sum^.
Parmi les deuils répétés qui affligèrent le poète au milieu de sa vie et qu'il énumère dans une lettre à Boccace utile à rapprocher de son funèbre mémorial*, il en est un sur lequel sa correspondance est muette et qu'il porta seulement dans la solitude de son cœur. On ne comprendrait qu'à demi Tâme de Pétrarque et le caractère de sa poésie, si on n'avait sans cesse dans l'esprit la note suivante, écrite la première sur les gardes du Virgile, et mise tout à fait à part des autres souvenirs, comme le plus intime et le plus cher; c'est une clef nécessaire surtout pour la partie du Canzoniere écrite a in morte di Madonna Laura » :
Laurea', propriis uirtutibus illustris et meîs longum celebrata carminibus, primum oculis meis apparuit sub primum adolescentie mee tempus, anno Domini m» iij* xxvij» die vjo mensis Âprilis in ecclesîa
lerait à Boccace comme étant survenu l'année suivante (crudelior annus seguens) et qu'on fait rapporter à la mort d'Azzo da Correggio, ne peut se rapporter qu'à l'ami Socrate (Lçuis de Kempen), le dédicataire des FamiliareSy bien connu de Boccace, et dont P. pouvait justement dire : Quod habui optimum in terris^ eripuil amicum illum,..^ neque tihi opus est nomine ut quem loquor intelligas,
1. P. confirme l'année de la mort de Ph. de Vitri (Gallia Christ. ^ t. VIII, col. 1636), mise à tort par Gams en 1362.
2. Gallia Christ., t. I, col. ^50 (notice sur Cabassoles) : Mortuus est Perusii anno t372, die 21 Aug. uel, ut alii notant, VI Cal. Aug. La note de P. ne permet pas d'admettre la première date.
3. Au-dessous, les mots in uespere^ addition qu'on ne sait où placer. — J'ai à remercier mon ami Novati d'avoir bien voulu revoir sur le ms. ma lecture de ces notes.
4. Sen. III, 1. V. Develay, Lettres de P. à Boccace, p. 127 sqq.
5. On a toujours lu Laura, mais à tort; il y a sûrement six lettres dans le mot et Laurea est bien l'orthographe de P. {Fam. II, 9). Ce n'est pas la seule inexactitude commise dans la publication de ce morceau.
408 EXCURSUS VI.
sancte Clare Âuin. hora matutina^ ; et in eadem ciuitate eodemmense Aprilîs eodem die sexto eadem ora prima, anno autem m^ iij* xlviijo ab hac luce lux iila subtracta est,cum ego forte tune Vérone essem, heu! fati mei nescius. Rumor autem infelix per iiteras Ludouici mei me Parme repperit, anno eodem mense Maio die xix» mane. Corpus iliud castissimum ac pulcerrimum in locum Fratrum Minorum reposîtum est, ipso die mortis ad uesperam. Animam quidem eius, ut de Africacano ait Seneca^, in celum, unde erat, rediisse mihi persuadée. Hec autem ad acerbam rei memoriam amara quadam dulcedine scrîbere uisum est, hoc potissimum loco quisepe sub oculis meis redit, ut scilicet cogitem nihil esse debere quod amplius mihi placeat in hac uita et, efifracto maiori iaqueo, tempus esse de Babilone fugiendi crebra horum inspectione ac fugacissime etatis existimatione conmonear, quod, preuia Dei gratia, facile erit preteriti temporis curas superuacuas spes inanes et inexpectatos exitus acriter ac uiriliter cogitanti^.
Bien moins intéressant que celui du Virgile, le mémorial qui figure sur les dernières gardes du Par, 2193^ a, du moins, rattrait de Tinédit et celui du mystère. C'est une série de dates et de mots fort abrégés, disposée avec des signes variés sur deux colonnes et occupant le verso du f. numéroté 178 et une partie du recto suivant. Il est impossible d'y voir des comptes, à cause de Texclamation heu plusieurs fois répétée. Ces notes prises au jour le jour, et où les dates sont si minutieusement marquées, ont visiblement une signification plus intime, mais il n'est pas facile delà préciser. Une partie est mise en fac-similé sous les yeux du lecteur, qui pourra les étudier directement^. Indiquons seulement les abréviations les plus fréquentes. Les noms des mois sont aisés à reconnaître; la première abréviation de la colonne est presque toujours la désignation du jour de la semaine [d = dies Domini ou Dominica, l = dies Lunae, etc.); la kttre n signifie nocte et d ou di signifie die; les mots proximOy proxima paraissent souvent dans la première partie du document. Voici, du reste, la suite complète des dates avec la lecture de tout ce que j'ai pu déchiffrer: