V. la planche 1. Le parchemin a été troué par les rats
1344. Aprilis 21 mer.
nocle proxima.
louis, prox. nocte.
lunii 8*... nocte.
Mercurii. prox. nocte.
louis, prox. nocte.
Domini. prox. nocte. 13 lunii.
Martit. prox. nocte.
louis, prox. nocte.
Domini. 20 lunii. nocte.
Martis. 22. nocte.
Veneris. 25. nocte.
lulii 7®. Mercurii. nocte, louis, proximo. nocte.
lulii 14. Mercurii. nocte.
Lune. lulii 26. nocte.
Augusli. 23. die.
1345. lulii 21. louis, die. Domini. lulii 24. die.
nocte. prox.
Mercurii. 27 lulii. nocte.
louis, proximo. nocte.
Hinc fr... celitus adliib. et cet.
Domini. Octobris 2 Mercurii. 5. nocte.
Veneris. 7®. nocte.
Domini. 9. nocte.
Lune. 10. die.
Mercurii. 19. nocte.
Martis. 25. nocte.
— potiut
Heu. 1348. Hofi. pu... plurima, ted queiuca...exci... potuerint. h.
Maii 30. Veneris. die. [heu. heu.
lunii 8. Domini. Penthecoste. die.
Martis. prox. lunii 10. die.
louis, prox. 12 lunii. die.
Domioi. prox. 15 lunii. die.
Domini. prox. 22 lunii. die.
Mercurii. prox. 25 lunii. nocte.
Veneris. prox. 27 Itinii. nocte.
Lune. prox. 30 lunii. nocte.
Duroini. prox. 6 lulii. die.
Domiui. prox. 13 lulii. die.
louis, prox. 17 lulii. die.
Domini. prox. 20 lulii. die.
Veneris. prox. 25 lulii. die.
Domini. 3 Augusti. die.
Domini. prox. 10 Augusti. di«.
Domini. prox. 17 Augusti. die.
.uî. Domini. prox. 24 Augusti. die.
.pa. Martis. 2 Septembris. die.
Hinc f. celitus adhib.
Domini. 21 Septembris. die.
Martis. 30 Septembris. nocte.
Lune. 20 Octobris. die.
Lune. 27 Octobris. nocte. p. fax.
louis. 6 Nouembris. die.
Domini. 16 Nouembris. die.
Martis. 25 Nouembris. die. p. fax.
Domini. 30 Nouembris. die.
Martis. Decembris 9. die.
[tempus esset.
Veneris. Decembris 26. die.
Mercurii. lanuarii 14. die.
louis. lanuarii 22. die.
Mercurii. Februarii 4. die.
Domini. Februarii 8. die.
... Februarii 26. die. .ui. pa...
[A la page suivante :]
louis. Maii 7. die. iam. g. to. uect. Lune. Maii 18. die.
louis. Maii 21. die.
Domini. Maii 24. die.
Mercurii. lunii 3. die.
410 fiXCURSUS VI.
Domini. lunit 7. die.
Lune. lunii 15. die.
Domini.. luDii 21. die.
Mercurii. lunii 24. die.
Lune. lunii 29. die.
louis. lulii 9. die.
Domini. lulii 12. die.
Domini. lulii 19. die.
Domini. lulii 26. die.
Domini. Augusli 2. die.
Les signes qui accompagnent les dates sont absolument conventionnels et le commencement, par exemple, ne peut-être traduit que de la façon suivante : « Le 21 avril 1344, qui est un mercredi, je note un fait désigné par le signe [T] : la nuit suivante, de même, avec l'addition du signe . — ; la nuit suivante, celle du jeudi au vendredi, je note les mêmes choses que pour la précédente ; la nuit du 8 juin, de même... »
A ne considérer le document qu'au point de vue chronologique, nous y reconnaissons cinq séries de dates, qui vont: l^du 21 avril 1344 au 23 août de la même année (Pétrarque étant en Italie) ; 2<» du 21 au 28 juillet 1245 (en Italie) ; 3*» du 2 au 26 octobre (probablement 1345, en Italie); 4° du 30 mai 1348 au 26 février 1349 (en Italie) ; 5* du 7 mai au 2 août (probablement 1349, en Italie) '. A propos de la quatrième série, il est visible que Pétrarque fait commencer Tannée à Noël, car les dates des 9 décembre 1348 et 26 décembre 1349 se suivent dans le même mois.
C'est cette quatrième série qui semblerait pouvoir être le mieux rapprochée de dates déjà connues de la vie de Pétrarque. Par malheur, il n'est possible d'établir aucune coïncidence précise. On peut du moins se rappeler que l'année 1348 fut pour le poète une année cruelle, puisqu'elle lui enleva Laure et plusieurs amis'. Il est difficile de ne pas voir une allusion à ces malheurs dans les exclamations de douleur et la phrase qui inaugurent, cette année même, la reprise de ses notes intimes. Cette phrase, d'une écriture déjà abrégée, a été après coup rendue indéchiffrable par Pétrarque lui-
1. Ces dates pourraient-elles servir à établir les séjours de Pétrarque à Parme, où le ms. s'est certainement trouvé ? Les ouvrages qu'il contenait n'étaient pas de ceux que le propriétaire faisait voyager avec lui.
2. Annum aclatis huius ullimae f.ilS luximuSy nunc lugendi principium illud fuisse cognoscimus (5en. ill, 1 ; Op. 767). Par aetas ultima P. entend le sixième âge du monde, commencé avec J.-C; il emploie la même formule dans la souscription de l'autographe du BucoUcum Carmen.
même, qui a intentionnellement gratte au canif la fin de trois mots*. En rapprochant les abréviations de celles dont il use ailleurs, en acceptant l'orthographe honera pour oneni qui est conforme à ses habitudes, et en retrouvant sous le grattage les lettres détruites, on peut proposer la lecture suivante, où un seul mot resterait dans le doute : Honera puppis plarima^ sed que in ca... excipi potuerint. Heu, hea, héu / On y verra alors, suivant une image consacrée, la plainte de Pétrarque sur la charge excessive imposée au navire de sa vie, et, si on se rappelle que la mort de Laure lui avait été annoncée à Parme, le 19 mai 1348, onze jours avant qu'il écrivît ces paroles, on sera tenté d'accepter l'explication, quelque incomplète qu'elle soit.
Une réflexion aussi personnelle, jointe aux exclamations de souffrance ou de contrition qui l'accompagnent, met un peu sur la voie d'une interprétation de cette table mystérieuse. Pour quia entrevu l'état troublé de 1 ame de Pétrarque, sa lutte incessante contre luimême, et aussi Tardeurde foi qui le dévorait, le problème prend de l'intérêt. La présence du document sur un manuscrit qui contient la correspondance d'Abailard et d'Héloyse, avec d'assez curieuses notes du poète, laisserait croire à un examen de conscience particulièrement réservé aux péchés de la chair. Mais dès avant Tâge de quarante ans, c'est-à-dire vers 1344, Pétrarque y avait, nous dit-il, absolument renoncé, et il précise même ce renseignement par ces mots expressifs : Non solum factum illad obscenum, sed eius memoriam omnem sic abieci, quasi nunquam feminam aspexissem, quod inter primas félicitâtes meas memoro, Deo gratias agens, qui me adhuc inlegrum et uigentem tam uili et mihi semper odioso seruitio liberauit^, La chronologie semblant s'opposer à toute explication cherchée de ce côté, il est possible de voir, dans le mémorial chiffré, le souvenir de prières particulières, d'effusions religieuses ou de grâces obtenues, quelque chose d'analogue peut-être à la prétendue « amulette » de Pascal.
1. Une lettre r a môme été ajoutée d'une autre encre après les lettres ca; faut-il lire carne?
2. Ep, ad post. Dans Sen. VIII, 1, il avoue jusqu'aux environs de la cinquantaine son goût pour les vanités du vêtement et le soin excessif de sa personne ; mais, malgré les expressions de contrition qu'il y accumule, il ne s'agit point du même sujet que dans Ep. ad posteros. P. n'était pas prêtre (cf. sur Terreur des biographes allemands, Pastor, Gesch. der Pâpsle^ t. I, p. 3 n.) ; toutefois, son engagement dans les ordres mineurs était de nature à augmenter en lui certains scrupules.
EXCURSUS VII.
Il n'est pas sans intérêt de demander aux œuvres de Pétrarque ce qu'il avait lu de la littérature d'imagination du moyen âge, et de réunir ici des témoignages, quelques-uns déjà connus, dont le petit nombre ne fera qu'attester mieux son culte exclusif de l'antiquité.
Tout le monde sait qu'il était initié à la poésie des troubadours. N'eût-il même pas été élevé en Provence, il ne pouvait, de son temps, échapper, dans ses compositions amoureuses, à Tinfluence des maîtres du gay saber si populaires des deux côtés des Alpes. Toutefois, les emprunts directs qu'il leur a faits ont été jusqu'ici constatés en très petit nombre * ; ce qui donne une valeur particulière à un renseignement tiré d'une note jetée par le poète sur un de ses brouillons poétiques '. Il s'agit du sonnet Aspro cor e selvaggio, en tête duquel il a écrit : (350, Septembris H, martis, hora^, die Mathei apostoli, propter unam quod legi Padue in cantilena Arnaldi Danielis : Aman preian s'afranca cors ufecs^. Arnaut Daniel, dont un vers inspire à Pétrarque son sonnet, a été imité par lui au moins en deux autres passages, et il se trouve être de plus, grâce à cette note, le seul troubadour dont le nom paraisse sous sa plume hors de la célèbre énumération du Trionfo d'amofe :
Fra tutti il primo Arnaldo Daniello, Gran maestro d'amor, ch*alla sua terra Ancor fa onor col dir novo e bello... *