‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 358 sur 362 · Fam, XXI, M · texte numérisé non relu

Fam, XXI, M

7. Vat. 3199. Une brève description du ms. et la bibliographie sont dans La biblioth, de F, Orsini, p. 303-305. Les vers cités du Trianfo d'amore^ III, 83, qui rappellent visiblement l'épisode de Francesca da Rimini, pourraient être antérieurs à Tenvoi de Boccace.

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enlièrement. La réponse qu'il fit à son ami est une des pages de critique les plus curieuses du xiv* siècle. Bien qu'on Tait souvent inexactement traduite ou entendue, le commentaire précis et complet qu'en a donné Carducci peut dispenser désormais d y revenir ^ Je n'ajouterai qu'une observation. Ce qui surprend encore aujourd'hui, après Boccace, bien des lecteurs, c'est que Pétrarque ait dépassé cinquante ans sans faire une lecture sérieuse de la Cornmédia. Parmi les explications qu'il donne lui-même ou qu'on donne pour lui d'un fait que nous n'ayons pas le droit de mettre en doute, je voudrais qu'on insistât sur la suivante : c'est qu'il ne lisait pas pour son seul plaisir, mais pour s'instruire et se former sur les grands modèles antiques. Un moderne, quel qu'il fût, l'intéressait moins qu'un ancien. La science théologique de Dante lui demeurait indifférente, pendant la première partie de sa vie tout au moins ; poursuivant la seule étude qui lui semblât digne d'un lettré et surtout d'un poète, il n'avait qu'à perdre du temps avec Dante. Enfin l'ignorance de celui-ci sur l'antiquité tempérait peut-être de quelque dédain la grande estime qu'avait pour lui son lecteur. En tous cas, le génie du poète florentin restait hors de cause : Pétrarque lui accorde franchement le titre de dux nostri eloquii ualgaris^ ; il se proclame, dans sa lettre à Boccace, admirateur du grand poème, qu'il loue sans aucune réticence ; il exprime même le chagrin personnel qu'il éprouve à assister à la corruption de ce noble texte dans la bouche du vulgaire ; il va rendre à l'auteur enfin, en l'imitant ouvertement dans les Trionfi, l'hommage le plus sincère dont un écrivain puisse honorer un de ceux qui l'ont précédé '.

1. Cf. dans les Studi leUerarO, Livourne, 1880, tout le discours III Délia varia fortuna di Dante, p. 307-365, excellente discussion opposée à des déclamations superficielles. Hortis a repris la question dans le même sens et rétabli le bon texte du passage de Ber. mem. II, 4 (Ope 427) relatif à Dante, où il faut lire un éloge au lieu d*un blâme (Dante e il P., dans Hiv. Europea, VI, fasc. 2, et Sludj\ p. 303 sqq.); toutefois les vers latins en l'honneur de Dante attribués à P. sont de Benvenuto da Imola (Novati, dans Giorn, stor., XIV, p. 363). Â part Koerting (p. 499 sqq.) et naturellement Voigt (t. I, p. 119), tous les critiques qui ont étudié d'un peu près Tesprit de P., le jugent avec indulgence dans cette importante question ; par ex.^ Bartoli (p. 298), Gaspary (t. II, p. 325), Zardo (p. 210 sqq.).

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