Sen. V, 3 (Op
8. Koerting explique tout autrement cette imitation (p. 502) ; mais, si on peut reprocher à juste titre à notre poète plus d'une faiblesse, on ne doit pas lui prêter à plaisir des intentions peu conformes à la générosité incontestable de son caractère.
En reconnaissant hautement, comme il le fait, la primauté de Dante en italien, il réserve seulement, et non sans modestie, Toriginalité de son propre Canzoniere ; mais Tunique supériorité qu*il revendique indirectement pour lui-même est celle qu'on ne lui peut contester comme poète latin. Où trouver trace de la jalousie envers son prédécesseur qu'on a si amèrement reprochée à Pétrarque? Il faut sourire plutôt de Tinnocente vanité, appuyée sur de fausses idées littéraires, qui lui fit attacher à la production d'un poème dans la langue de Virgile une valeur d'art tout à fait supérieure, et qui dut parfois lui laisser penser que ÏAfrica terminée aurait, aux yeux de la postérité, plus de prix que l'œuvre de Dante.
Vu et lu en Sorbonne, le 18 juillet 1891,
par le Doyen de la Faculté des Lettres de Paris,