‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 39 sur 362 · RECHERCHES LOINTAINES · texte numérisé non relu

RECHERCHES LOINTAINES

apaisera, qui irritera peut-être ma soif. Bien que tu ii*ignores point dans quels étangs je pêche d'ordinaire, ni dans quels bois j*aime à chasser, afin que tu ne puisses t*égarer, j'insère dans ma lettre la liste de ce que je désire particulièrement. Pour te rendre plus attentif, apprends que j*ai transmis les mêmes demandes à d'autres amis en Angleterre, en France et en Espagne; fais en sorte de ne paraître l'avoir cédé à aucun d'eux en dévouement et en habileté*. » Pétrarque n'exagère point l'étendue de son champ d'investigation. En Angleterre, il fut quelque temps en relation avec Richard de Bury*; dans la France du Nord, il compta des amis à qui il put demander plus d'un service littéraire'; à Liège, il eut pour correspondant l'archidiacre Mathieu Longus*; en Allemagne, nous connaissons Sacramor de Pommiers et Jean Ocko, évêque d'Olmiitz*. D'Orient même, un envoyé de l'empereur, Nicolas Sygeros, qui l'avait connu à Avignon, lui fit tenir un texte d'Homère; Pétrarque, composant pour le remercier une de ses plus jolies lettres, sollicitait, pour avoir au moins le plaisir « de les voir sous leur costume grec », Hésiode et Euripide*. Plus tard, Léon Pilate, le quittant pour aller chercher fortune à Constantinople, devait lui promettre de lui rapporter certains auteurs grecs', et quand Philippe de Mézières, chancelier de Pierre de Lusignan, s'embarquait pour Chypre, peut-être avait-il reçu du poète, à Venise, quelque liste chaudement recommandée*.

La plupart de ses desiderata^ il est vrai, ne peuvent être satisfaits ; sans renoncer à l'espérance, il se console en phi-

1. Fam. III, 18 (à G. d*Incisa). Par malheur, le memoriale manque.

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