Dante, Purg. XI
5. Sic apud nos alii membranas radunt, alii libros scribunt, alii corrigunt, alii, ut uulgari uerbo utar, illuminant, alii ligant et super ficiem comunt (Fam. XVIII, 5). Une énumération analogue est dans le Philobiblon: Apud nos in nostris maneriis multitudo non modica semper erat antiquariorum [cf. Wattenbach, Schriftw.*, p. 352], scriptorum, correctorum, colligatorum, illuminatorum et generaliter omnium qui poterant librorum seruitiis utiliter insudare (Éd. Thomas, p. 80).
des fermoirs d'argent \ » Sans doute quelques-uns de ses livres favoris doivent être ainsi revêtus^.
Quant aux goûts paléographiques de Pétrarque, on peut essayer de les deviner. Il n'a aucune estime pour cette calligraphie à la mode de son temps, qui aligne, nous dit-il, de belles colonnes, « dont l'effet est séduisant de loin, mais qui de près manquent de netteté et égarent la vue » ; dans les livres qu'il fait transcrire, il demande avant tout la clarté, et ce qu'il loue le plus d'un de ses copistes, c'est « son écriture soignée et nette, qui entre bien dans les yeux^ ». Pour ce qui est des manuscrits anciens, ses prédilections nous sont révélées par son remercîment à Boccace, à l'occasion de l'envoi du magnifique saint Augustin ; il appuie son admiration pour le livre sur l'ampleur du format, la sobriété de l'ornementation et « la majesté du caractère antique*; » il se plaît donc de façon spéciale à cette belle minuscule du x° et du xt* siècle, qui flatte encore si agréablement nos regards de paléographes. Précurseur d'un goût qui va régner en Italie au début du xv® siècle, pour la lettera antica, il réagit contre le caractère anguleux, lourd et massif de la première moitié du trecento. Sous l'influence même de ses lectures, sa propre calligraphie subit une transformation ; l'habitude contractée par ses yeux donne à son écriture le caractère personnel de clarté et d'élégance que ses autographes nous font connaître et qui était admiré déjà par ses contemporains*.
Ce que Pétrarque cherchait avant tout, c'était de bons textes. Qu'il fît transcrire chez lui ou au dehors, la correction était son grand souci. S'il avait le bonheur de rencontrer l'exactitude orthographique et grammaticale, il l'appréciait* ; mais il tenait surtout au respect de la pensée des
1 . Si fuissempraesens, dum tri lihri formam ligarelur, et sericum tegmen et fihulas saltem argenteas hahuisset (Sen. XIII, 10; Op. 923). On connaît un relieur de P., magister Benedictus de Parme (v. p. 66), qui était également enlumineur ; je crois avoir retrouvé le nom de son relieur d*Avignon (p. 87).