‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 76 sur 362 · LES ANNOTATIONS · texte numérisé non relu

LES ANNOTATIONS

leat et totus potest merito redolereK Cette écriture est bien celle d'un poète ; elle en a la grâce et aussi les caprices, qui en expliquent les brusques variations d'une page et même d'un^ ligne à l'autre. C'est en juger bien superficiellement que d'y voir une simple main de scribe du trecento, car il n'y en a peut-être pas en son temps de plus personnelle. Au cours de sa vie, d'ailleurs, elle s'est modifiée, et même profondément : son écriture de Vaucluse ne ressemble guère, au premier abord, à celle qu'il a tracée d'une main pourtant ferme encore sur les manuscrits qu'il étudiait à Arqua ; elle était devenue avec l'âge extrêmement menue et délicate, comme celle des vieillards dont la vue a beaucoup baissé*. Dans l'intervalle, elle avait traversé une période, où elle présente une ampleur singulière, et les dates certaines que nous avons à cet égard permettraient de la nommer l'écriture de Pétrarque à Milan. Notre chronologie paléographique est, du reste, assez bien établie par les notes qu'il a remaniées et complétées sur ses livres à la distance de plusieurs années, et, d'autre part, les travailleurs possèdent aujourd'hui des fac-similés datés auxquels ils peuvent se fier'.

Pétrarque a signalé lui-même à notre attention la manière dont il donnait à ses livres sa marque personnelle et nous a dit les motifs qui l'avaient engagé à le faire. Étant jeune, il avait, paraît-il, essayé ce moyen pour fixer dans sa mémoire les pensées morales qu'il rencontrait en grand nombre chez les auteurs anciens : Ego autem adolescens quanto his intelligendis ardore /lagrauerim. . , libelli indicant, qui mihiilUus temporis super » sunt, et signa meae manus talibus praesertim af/îxasententiis, ex quibus eliciebam et supra aetatem ruminabam praesentem

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