Pam. XXIII
de plus près la date de Texécution du recueil définitif. Quant aux spécimens de récriture de « Jean deRavenne », ils méritent de fixer l'attention des paléographes qui voudraient se mettre à la recherche des manuscrits copiés chez Pétrarque.
La meilleure marche à suivre pour cette recherche serait d'examiner les marges, où le poète a toujours laissé des traces de sa lecture*, soit par des signes particuliers, soit par des scholies. Annotées la plupart du temps au xiv* siècle par d'insipides lecteurs, les marges de manuscrit deviennent pour lui, non seulement la place naturelle où se déposent ses observations sur le texte, ses revisions et ses collations*, mais encore un registre d'impressions spontanées et de renseignements d'étude. Bien que ses habitudes n'aient pas été toujours identiques, une annotation de volume due à Pétrarque sera assez aisée à reconnaître d'après les exemples variés qu'on en trouvera ici. Plusieurs sont considérables et très compactes, grâce à un système d'abréviations poussé parfois à l'extrême^; ces abréviations font même la seule difficulté du dépouillement, car les renvois, qui afi'ectent des formes diverses, sont toujours clairs et bien ordonnés et l'écriture est d'une netteté parfaite.
Je ne répéterai pas les observations faites en un autre ouvrage sur l'écriture de Pétrarque* ; je crois y avoir montré les causes qui ont pu contribuer à la dégager peu à peu des formes dont il usait dans sa jeunesse et à y introduire ce caractère d'élégance, qui faisait dire à un ami, son admirateur en les moindres choses : Die, queso, quibus malleis quibusiie iîicudibus atteris nerba omiiia, immo etiam caratheres literarum, ut illorum fragrantia totus fere orbis redo-
1. Sur les distiques initiaux dont parle Sen. VIII, 6 (Op. 840: Quae olim in libris ipse mets scolastica curiositate praescribere solebam)^ Y. De Patrttm,., cod. in bibl. P, (description du ms. 1490 de Padoue).
2. Un de ces volumes nous est décrit dans une lettre contemporaine, celle de Nelli sur Stace, citée au chap. IV. P. disait d'un ms. non revisé: Nouas et nudus est et nvllo correctoris dente perciissus {Fam. XVIII, 5).
3. J'ai cru devoir les résoudre presque toutes dans les exemples publiés ici. Elles gagnent évidemment beaucoup de place; ainsi C. d. n*. de. 3« signifie Cicero, De natura deorum, libro 3<».
4. La biblioth. de F. Orsini, p. 283-284. Cf. ici même p. 62.