‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 8 sur 362 · IV. — Les livres de Pétrarque chez les Frcgoso · texte numérisé non relu

IV. — Les livres de Pétrarque chez les Frcgoso

V. — Notice sur un Cicéron copié par Tedaldo dolla Casa. . 401

VH. — Les ou\Tage8 en langue vulgaire chez Pétrarque. . 412

Addenda 423

Index des noms 433

Fac-similés tirés des manuscrits de Pétrarque.

L.a bibliographie pétrarquesque est immense. Non seulement Pétrarque est, de tous les classiques italiens, celui qui a été le plus fréquemment réimprimé (il y a 400 éditions du Canzoniere)^ mais encore les ouvrages qui touchent de près ou de loin à sa biographie et à ses œuvres pourraient former une vaste bibliothèque. Toutefois, l'érudit qui aborde cette étude à un point de vue de recherche scientifique peut négliger presque entièrement les travaux antérieurs aux publications de Fracassetti, qui ont provoqué un renouvellement dans les études pétrarquesques et ont joué à ce point de vue, en notre siècle, le rôle des célèbres Mémoires de Tabbé de Sade au siècle dernier. Malgré de très graves défauts, que connaissent tous les travailleurs, les^ditions, traductions et notes de Fracassetti ont eu le mérite de donner naissance à une série de travaux d'ensemble sur Pétrarque, qui ont fait connaître à un large public l'homme, le poète et Thumaniste, et ont presque tous apporté du nouveau à l'histoire littéraire. Les principaux sont ceux de Mézières (Paris, 1868), De Sanctis (Naples, 1869), L. Geiger (Leipzig, 1874), G. Koerting (Leipzig, 1878), Fuzet (Lille, 1883), Bartoli (Florence, 1884) ; le plus complet et souvent le plus sûr est celui de Koerting, qui demande cependant, à Theure actuelle, à être remplacé.

Beaucoup d'ouvrages généraux sur la Renaissance et sur la littérature italienne ont fait à Pétrarque une place importante : je ne citerai ici que les ouvrages classiques de deux morts, celui de Voigt (Berlin, 1880) et celui de Gaspary (Leipzig, 1885), auxquels je voudrais ajouter des pages plus courtes de Gebhart (Paris, 1879), de Symonds (Londres, 1881), et de quelques autres écrivains qui ont compris avec eux et justement apprécié le rôle de Pétrarque. Outre ces ouvrages, notables surtout par les vues générales, on a vu se multiplier en ces derniers temps des mémoires consacrés à éclairer certaines parties de la vie de Pétrarque et de ses amis, à commenter les points obscurs des œuvres italiennes, à mettre en lumière de nouvelles œuvres latines ou des manus-

'crits intéressants. Tels sont, pour n'indiquer que des travaux italiens, les recueils collectifs de Padoue et de Venise, publiés à Toccasion du cinquième centenaire de la mort de Pétrarque, les livres de Hortis, qui, en s'occupant des œuvres latines de Boccace, a touché sans cesse à celles de son contemporain, les belles études de Zumbini, Garducci, D'Ovidio, Zardo, Kirner, et dautres que j'aurai occasion de citer au cours de mes propres recherches. On doit consulter avant tout, pour la bibliographie du sujet, le précieux travail de W. Fiske, A catalogue of Petrarch books (ïthaca, New- York, 1882), l'article du Répertoire de Chevalier (dont il existe un tirage à part, Pétrarque, bio-bibliographie , Montbéliard, 1880), puis les ouvrages suivants, spécialement consacrés a la description des éditions de Pétrarque : Marsand, Biblioteca petrarchesca, Milan, 1826 (la collection de Marsand a péri dans rincendie de la bibliothèque du Louvre); Hortis, Catalogo délie opère di F, Petrarca esistenti nella Petrarchesca-Rossetliana, Trieste, 1874 ; Ferrazzi, Bibliografia petrarchesca, Bassano, 1877 (extrait du tome V de Y Enciclopedia dantesca) ; Fiske, H and lis t of Petrarch éditions in the Florentine public lihraries, Florence, 1886.

Voici les éditions dont j'ai cru devoir me servir. Pour la plus grande partie des œuvres en prose, je renvoie à la dernière édition des Opéra omnia [Basileae, apud Sebast. Henricpetri, 1581, in-folio), qui est, comme on le sait, fort incomplète malgré son titre ; j'y renvoie également pour les églogues et les épîtres en vers, l'édition des Poemata minora de Rosse tti, Milan, 1829-34, détruisant arbitrairement le classement des manuscrits, sans se faire pardonner cette faute par une amélioration sufïisante du texte. Pour YAfrica, un des très rares ouvrages de Pétrarque qui aient été convenablement édités, je me sers de l'édition critique deCorradini, dans Padova a F. Petrarca, Padoue, 1874. Pour les Familiares et les Variae, on ne les trouve complètes que dans l'édition de Fracassetti, Florence, 1859-1863*, dont le texte est loin

\. Les sept volumes de traduction publiés par Fracassetti (Florence, 1863- 1870) contiennent à peu près la totalité des lettres en prose de P. : ce travail ne tient nulle part lieu du texte, sur lequel il faut toujours le vériGcr. V. Devela}' a entrepris de traduire en français les œuvres poétiques latines de P. et sa correspondance complète. On trouvera la liste de ce qui a paru dans le dernier volume public, Lettres de François Pétrarque à Jean Boccace, Paris, 1891. Les plus importantes de ces traductions sont celles du Secretum (1879), de r^/r/Vrt (1879), des Églogues (1891 ; cf. lievue critique. 1891, I, p. 471); celle des Epiires métriques n'a pas été réunie en volume et doit être cherchée dans le Bulletin du bUtliophile, années 1882-1885.

d'être définitif. Pour les Seniles^ie renvoie à l'édition de Bâle,en indiquant toutefois l'ordre des lettres dans les manuscrits, ordre suivi dans la traduction de Fracassetti qui n'a point édité ce recueil. Pour la « Vie de César », je renvoie à l'édition de Schneider, Leipzig, 1827, et pour le reste du De Viris, faute de mieux, à celle de Razzolini, Bologne, 1874. Un court opuscule, Y liinerarium Syriacum, a été édité avec soin par G. Lumbrosodans ses Mentor ie del huon tempo an tico, Turin, 1889. Le « Discours d'ambassade au roi Jean » ne se trouve que dans le travail de Barbeu du Rocher paru dans les Mémoires divers présentés à l'Académie des Inscriptions, 2" série, tome III, Paris, 1854. Enfin, des morceaux inédits ont été donnés par Hortis, Scritti inediti di F. Petrarca, Trieste, 1874 (discours), et par Nolhac, Le De Viris illustribas de Pétrarque, Paris, 1890 (fragments historiques).

On voit combien les œuvres de Pétrarque sont dispersées et quels inconvénients en résultent pour le travail. La plupart de ces œuvres, et notamment plusieurs des livres de polémique et de philosophie, n'existent même que dans les très incorrectes éditions in-folio du xvi* siècle, dont la lecture est, par suite de cette incorrection, extrêmement pénible. Il y a tel ouvrage qu'il est plus aisé de lire dans un manuscrit, même de texte médiocre, qu'en ces éditions. Pétrarque et ie milieu intellectuel de son temps, que sa production latine révèle si bien, ne pourront être étudiés convenablement que lorsque aura paru cette édition critique générale réclamée par les « pétrarquistes », travail considérable sans doute, mais qui pourrait être exécuté plus promptement qu'il ne semble, après un bon classement des manuscrits, s'il était réparti entre plusieurs mains. Ces œuvres, malgré les parties complètement mortes qu'elles renferment, restent encore, dans l'ensemble, remplies du grand souille qui les anima et importantes par la place qu'elles tiennent dans l'histoire. Klles établissent un dos titres les plus sérieux que l'Italie de la Renaissance ait à la gratitude de l'Europe. Pour l'Italie savante d'aujourd'hui, formée aux meilleures écoles de travail et jalouse d'honorer ses grands hommes, ce serait, semble-t-il, la plus digne façon de préparer, pour 1904, la célébration du sixième centenaire de Pétrarque.

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