‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 110 sur 353 · e«. XI, 17 {Op · texte numérisé non relu

e«. XI, 17 {Op

5. Cf. Fam. III, 18 et XXIV, 12 (à Homère), où P. appelle Stace, à cause de

Malgré son admiration, un peu conventionnelle peut-être, Pétrarque est embarrassé pour citer Stace et ne lui emprunte guère qu'une quinzaine de passages '. Son exemplaire de YAchilléide, qui est à la suite du Virgile de l'Ambrosienne, est à peine annoté. Il aurait été plus heureux évidemment de connaître les Silves et n'eût pas manqué de s'en servir pour enrichir ses œuvres; mais, quoi qu'on ait dit à ce sujet % cette partie de l'œuvre de Stace lui est restée inconnue; je n'ai, du moins, rencontré aucun indice permettant d'affirmer le contraire.

Les contemporains de Pétrarque goûtaient Stace comme lui et vraisemblablement plus encore. L'un d'eux se prenait d'enthousiasme pour la Tbéba'ide et, en ayant trouvé un bon exemplaire, priait un ami de lui prêter le sien pour faire transcrire les scholies qui s'y trouvaient \ Un des érudits du xiv^ siècle qui se sont le plus occupés de Stace est Francesco Nelli. Sa correspondance avec Pétrarque contient plusieurs mentions de ses études sur ce poète. Dès sa première lettre, il le cite^ et, quelques années après, il fait transcrire et corrige

l'hommage à Virgile, Vir praeter ingenii laiidem insigni morum urhanitate compicuiis.

1. Pour les imitations dans le Canioniere, v. Carducci, Saggio, p. 14, 23, 41,

2. Koerting, p. 487 (d'après lui Hortis, p. 410), n'a pas cité d'exemple à l'appui de son affirmation. On peut remarquer que Pétrarque, qui lisait si attentivement les auteurs anciens, aurait appris aisément dans les Silves l'origine napolitaine de l'auteur.

3. Ciim prideni casii fortuito peruenisset ad manus vieas liher pnJcherriimis fraternas actes et Thebanoriim conflictum suis metris demonstrantem, emi pro pretio competenti ; sed ciim sine magistro uel glossis intellectum deUtiim non attingani, recordatns tiii Thetaidos, proposui eum tihi amicabiliter qiiaerere per praesentes, queni lU mihi praestes a^ectanter expono, tantum quod glossas illas in meo hreuiter redigere faciam et remittam; erit mihi obsequium permaxivium. La lettre écrite Apud husta Virgilii a été publiée par Corazzini, parmi les lettres attribuées à Boccace, Le lettere éd. e ined., p. 465.

4. Vale igitur et longiim uaîe, quia nllra me tidit itnpetus qnam meditains sim, et uere quod apud te legi sumptum de Statio Dulce loqui miseris in tnentem uenit {Par. 8631, f. 3).

lui-même, à Florence, un exemplaire de Stace d'après celui de son illustre ami. Retardauii bas lilieras, lui écrit-il, precipiie Toîosamis noster et, ut aiunt, Maronis scimia gloriosi ' , ciiius lectioni atqiie scriptoris correctioni per tractiim non modici iemporis institi curiosus, coque magis quia exeinplar unum habeo digestiim tuorum ocidorum digitorumque suhiectum examini, pimtaium, signatiim, atque paucis admodum gJosuIis in dubiis de manu tua proprie exornatum. nie metotum tuncStatius haheat illectum, quia et si alias perfunctorie^ uiinc triti ac conjricati piper is fragrantis suauius sentieham odorem et grandiloquam atque heroycam lirani illain libentissime cowplectebar \ Plus tard encore, en 1362, étant à Naples, Nelli envoie à Pétrarque une lettre écrite cinq ans auparavant et dans laquelle il étudie, sans oser se prononcer, un problème relatif à YAchilléide: le poème est-il complet ou bien, selon l'opinion de Dante % est-il demeuré inachevé "^P Nous n'avons pas la réponse de Pétrarque sur cette intéressante question de critique, qu'un contemporain, Francesco da Buti, le commentateur dantesque, tranchait dans le sens de l'achèvement; nous savons seulement que Nelli se montrait satisfait de la décision reçue, puisqu'il en accusait réception en ces termes : In littera tua, ubi solutionem questionis

1 . L'expression n'avait alors aucun sens désobligeant ; c'est pour faire l'éloge de Salutati que Filippo Villani, un peu plus tard, l'appelle (et d'ailleurs bien à tort) « scimia di Cicérone ».

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