Rer.mevi. III, 3 (Op
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principaux de son récit ' ? Aurait-il eu enfin la remarquable intuition qu'il montre du caractère de Cicéron, s'il n'avait appris à le connaître dans sa correspondance intime?
Il lui parle, après sa première lecture des lettres, comme à un ami de vieille date et qui n'a rien à lui dissimuler : « Tes lettres, que j'ai cherchées si longtemps et trouvées enfin dans le lieu le plus inattendu, je les ai lues avec une avidité extrême. Je t'ai écouté dire de toi-même beaucoup de choses, beaucoup gémir, beaucoup varier, de sorte qu'après t'avoir connu jadis comme maître des autres, ô Marcus Tullius,j'ai appris à te connaître tel que tu as été.,... Oâme toujours inquiète et anxieuse, ou, pour te faire reconnaître tes propres paroles, vieillard impétueux et disgracié (opraeceps et caJiwiitose senex), pourquoi as-tu cherché tant de luttes, excité tant de haines sans aucun profit? Pourquoi as-tu abandonné le calme qui convenait à ton âge, à ton état et à
ta fortune ? Hélas! oublieux des conseils de ton frère et
de tes propres préceptes de sagesse, tu as été comme un voyageur portant un flambeau dans la nuit, et tu éclairais seulement pour ceux qui te suivaient le chemin où tu es misérablement tombé "... Si ta conduite envers César était
1. Dans Hist. Caes. XV, il elle les lettres à Qiuntus; dans XX, XXI, XXVII, les lettres à Atticus (livres VII à X, et XIV), un très grand nombre de fois et dans un texte qui demande à être étudié de fort près à cause des leçons qu'il présente (Éd. Schneider, p. 217 : Haec... c locis secretioribiis lihenter apposui, ut... ulninique [Pompée et César].., rcgiiarc uolnisse niagno ac fide digne teste constaret). L'autographe, malheureusement incomplet, que j'ai fait connaître de cet ouvrage, s'arrête précisément au chapitre XX (p. 216 de Schneider), sur un renvoi à Cicéron ainsi conçu : h ergo epistolarum ad Aihicum Jibro viijo [Athiciis est l'orthographe de P.]; P. a interrompu son travail pour chercher dans sa copie le titre exact qu'il avait à citer et, la mort étant survenue (v. p. 85), n'a pu reprendre sa transcription.
2. CetL noctunms viator lumen in tenehris gesfans, ostendisti secuturis calhni,in qiio ipse satis miserahiliter lapsus es. Sur cette belle image, que V. Rossi croit tirée de Dante (Purg. XXII, 67-70) et qui semble plutôt, d'après sa propre citation, prove-
P. DE NoLHAC. — Pétrarque. i?
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inspirée par la bonne foi et l'amour de la liberté ' (comme on le voudrait penser d'un aussi grand homme que toi), comment expliquer ta familiarité avec Auguste? Qjue pourrais-tu répondre à ton cher Brutus, quand il te dit : « Par ta « complaisance pour Octave, tu ne parais pas avoir refusé un « maître, mais cherché un maître qui te fût plus ami ^ »... Ah ! mon ami, je plains ton destin; mais j'ai honte pour toi de tant d'erreurs, et je suis tenté, avec le môme Brutus, de ne tenir aucun compte de cette doctrine dont tu étais abondamment pourvu. Ce n'est rien que se faire le maître des autres, quand on ferme l'oreille à ses propres leçons ' ».
Quelques-uns de ses contemporains reprochèrent à Pétrarque d'avoir attaqué le grand orateur romain. Ainsi faisait un admirateur fanatique de Cicéron qu'il rencontra à Vicence. Il répond toujours qu'il n'a pas à discuter avec ses contradicteurs, avant qu'ils n'aient lu attentivement le recueil qui lui a dicté ses opinions ^. Ce recueil, il en a, comme on le voit, bien discerné la valeur historique et morale, et le jugement qu'en porte la critique moderne ne s'éloigne guère de l'idée d'ensemble que s'en faisait son premier lecteur.
De plusieurs oeuvres de Cicéron, perdues pour lui comme pour nous, Pétrarque avait soigneusement noté le titre et
dir de S. Augustin, v. la note dans le vol. Padova a Fr. P., Padoue 1904 : Un parangone dantesco e petrcirchesco.
1 . P. s'indigne plus d'une fois de la versatilité de Cicéron à l'égard de César. a.Sen. XIV, I (Op. 372).
2. Ad Brut. I, 16, 7. L'estime pour Brutus s'accorde très bien chez P. avec l'admiration pour César; on le voit (dans la lettre Sen. citée p. 255, n. 3) lire à François de Carrare une lettre de Brutus et juger, au degré de son émotion, la noblesse de son caractère.
3. Fani.. XXIV, 5 (Vérone, 16 juin 1345). Dans la lettre 4, également adressée à Cicéron, P. s'excuse d'avoir parlé si librement à son ami d'outre-tombe.
4. OuoruDi scito tieque te, neqiie alinm qneiiiHhet aequum indicem fieri posse, nisi omnibus Ciccronis cpislolis, uudc eu I/s oritur, non a tianscurrente perhctis (Fam. XXIV, 2).
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les fragments conservés chez les auteurs. Les titres sont réunis à ceux des autres ouvrages dans une énumération générale, qu'il a tâché de faire aussi longue que possible, pour confondre le « calomniateur» français, ce Jean de Hesdin qui avait parlé de Cicéron avec le dédain de l'ignorance '. Les fragments lui ont fourni de nombreuses citations, toutes, bien entendu, de seconde main ; telles sont celles de VOeconomiciis, qu'il sait traduit de Xénophon ', et celles du De Repiihlica \ Ce dernier ouvrage est, avec la Consolatio, l'objet principal de ses recherches et de ses regrets; Ante omnes... defletus est stndiosorum choris ReipiihJicae liber, cuiiis Diagnifcentiam et ipsiiis Ciceronis et aîiontni iesiimonio excerptaqiie inde particiila"^
1. Contra GaU.,Op. 1083 : « Ubi, quaeso, iiiquii [Gallus], legitur Tullii Physica? iibi Varronis Metaphysica ? » O stulla percontatio ! Barharus insolens Graecis nominïbiis delectatur... Non scripsit Tuîlius Physicam, addo nec Ethicam, non scripsit Varro Melaphysicam, addo nec ProUemata. Siuniis enini non Graeci, non Barhari, sed liait et Latini. At scripsit Tulliiis Officiornm libros, illa Ethica sua; scripsit de refamiliari, sine de domo, illa Oeconomica sua; scripsit de re publica, de re militari, illa Polit ica sua est. At Gallus titulos suos Graecos ainat et, qnamuis scientiam forte nec Graecam habet nec Latinam, magnum se aliquid crédit duin Physicam ructiiat, Melaphysicam spuit. Non scripsit Physicam Tnllius, scripsit aiiteiu de legibus, de Academicis,de lande philosophiae librum, quo se ad rectum iter uitae et adstudimn ueritatis adiutum ingénue praedicat Augustinus... Non scripsit Tullius Physicam, sed scripsit de essentia mundi, de nattira deorum, de diuinatione^ de fato, de senectute, de amicitia, de consolatione, de gloria, de Tusculanis quaeslionibus,de fine bonorum et malorum, partitionum, topicorum, de oratore, de optimo génère dicendi, de optimo génère oratorum, rhetoricorum duo uolumina, tria autem epistolarum [Ait., Quint., Brut.], orati'ones innumeras, quibus par eloquium nunquam fuit. Stupet Barbarus ad haec nomina peregrina, ctim tamen pauca de multis attigerim et maior multo rerum quam nonmiuvi Julgo sit. Cf. la lettre contemporaine (1368) de Salutati à Tommaso d'Alviano, sur le même sujet (Epistolario, éd. Novati, t. I, p. 50).
2. Xenophontis Oeconomicum ex lihro de senectute cognoui, euuidemque ex Cicérone translatuni in iisdem officialibus libris edidici {Fam. III, 18). On vient de voir que P. donne à la traduction le nom de De re finiiliari; le titre De domo vient peut-être d'une confusion faite au moyen âge avec le souvenir du plaidoyer Pro domo. V. une cit. p. 156, n. 6.
3. Vit. sol. II, 4, 8 (Op. 272); Secr. III (p. 367) ;Ftz;//. III, 18 (Reiptiblicae libros cum fnulti, tum praecipue Lactantius optahiles reddidif); XVII, i (long morceau pris de Lactance) ; etc.