‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 169 sur 353 · On reconnaît la réminiscence d'Horace · texte numérisé non relu

On reconnaît la réminiscence d'Horace

sumebas, in m anus poster omm neqiiaquam penientnros credidisti ?... Auctoris tui et mei uerha recognosce : nihil immiito, sed, siciit in tractatu somniorum dixi\nescio qiiomodo nohiisse mihiuisiis est super stitionibiis praegrauare animos^. L'acnmoniQ de ces attaques s'explique par l'intention qu'avait Pétrarque de protester contre l'engouement de certains de ses contemporains; n'était-il pas obligé d'écrire à l'un d'eux : At, qiiod sequitnr, te inter morales Valerium praeferre, qiiis non stupeat ? si tamen serio perseiieranterqiie dictiim est et non iocandi tentàndiqne animo. Si enim Valerius primus est, qnotns, qnaeso, PJato est ? qiiotns Aristoteîes, qnotïis Cicero, qnotiis Annaeus Seneca, qiiem in hac re piagni quidam aestim ator es omnibus praetulerunt^ ? On sait que, dans le groupe littéraire de Pétrarque, il y a deux commentateurs de Valère-Maxime, Dionigi da Borgo S. Sepolcro et Benvenuto dalmola-^; Pétrarque n'a pu connaître l'œuvre du second, qui a paru après sa mort ; mais il est à noter qu'il ne fait aucune allusion au travail du premier.

L'énumération des sources historiques de Pétrarque appartenant à l'Antiquité ne serait pas complète, si je n'indiquais encore les traductions de Josèphe et d'Eusèbe dont il sera question plus loin, et la compilation de Paul Orose, qu'il

1. Cf. la page intitulée De somniis, dans Rer. mem. IV, 4 (Op. 471). On peut 4'emarquer le mot tractaius.

2. Rer. mem. IV, 7 (Op. 488, à propos du roi Deiotarus). Il faut lire ensuite : Neqiie nos [éd. non] lechiros quitus uerhis hic Deiotari auspiciiim a Cicérone refellitur. Dans le même ouvrage, Op. 484 : At ego iamdudum haec audiens stomacho et paulo minus rauresco (y. dans ce passsage l'indication non remarquée, je crois, que P. est allé au lac d'Albano).

. 3. Fani. IV, 15. Salutati voyait dans Valère-Maxime non tam excerptorem histo* riae, quant moralium praeceptorem uherein, et ne le jugeait pas inférieur à Sénèque (Epistolario, éd. Novati, t. I, p. 10).

4. Cf. Rossi Casé, Di maestro B. da Imoîa, conintentatore dantesco, Pergola, 1889, p. 147. L'auteur ne semble pas connaître le prédécesseur de Benvenuto Rambaldi, que celui-ci nomme Dionysius pholosophus et astrologus, et qui n'est autre que l'ami de Pétrarque.

désigne dédaigneusement comme coaccruator et dont il fait usage sans faire cas ' . D'un autre historien chrétien, Sulpice Sévère, il ne cite que la Vita S. Martini Turonensis ^ Mais il convient d'insister sur un recueil important que nous trouvons chez lui en double exemplaire et qui nous introduira une fois de plus dans les secrets de son travail.

S'il a beaucoup lu les écrivains de YHistoire Auguste, ce n'est pas sans doute qu'il eût grande estime pour leur talent ; mais il leur savait gré, et non sans raison, de nous avoir conservé une précieuse page de l'histoire. On peut le deviner aux emprunts qu'il leur fait, notamment dans deux lettres qui sont surtout des dissertations historiques, la lettre à Pierre Berçuire sur l'organisation des armées romaines comparée à celle des armées modernes, et le petit traité adressé à François de Carrare De repnhUca hene adininistnnida \ Les extraits directs y sont assez nombreux. Pétrarque s'y montre remarquablement informé sur les actes et le caractère des empereurs, et il indique les divers auteurs de YHistoire Auguste par leur nom, avec cette complaisance qu'il met à citer les écrivains peu connus de son temps.

La plus ancienne de ses deux compositions est de 1360, et nous savons par le Par. ^816 qu'il avait fait transcrire le recueil pour son usage en 1356. Ce manuscrit, d'une grande

1. II l'a fort employé pour la rédaction du De Viris. Cf. Fam. III, i ; XV, 9 ; et notre index.

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