‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 168 sur 353 · Sen. VIII, 2 (Pp. 832). Cf. t. I, p · texte numérisé non relu

Sen. VIII, 2 (Pp. 832). Cf. t. I, p

4. Même VHistoire Auguste, bien qu'il n'en nomme jamais aucun des auteurs (Hortis, Studj, p. 432). En général, les citations de l'élève sont moins nombreuses et moins précises que celles du maître.

5. Cette question assez obscure a été étudiée à nouveau, avec la bibliographie et les confrontations de texte nécessaires, dans mon travail sur Boccace et Tacite (Mélanges de l'École de Rome, t. XII, 1892). On y trouvera, en outre, diverses observations sur la manière dont les premiers humanistes traitaient la composition historique.

6. V. la note 3 de la p. 53. P. connaissait aussi les citations de Paul Orose,

Comment se fait-il que Boccace ait eu entre les mains un auteur de cette importance et se soit visiblement servi du contenu du Mediceus II, sans que Pétrarque paraisse en avoir rien su?

Il ne peut être ici question de dissimulation : le caractère de l'amitié des deux humanistes et le désir qui les animait d'aider aux travaux l'un de l'autre excluent cette explication. D'ailleurs, quel intérêt y eût trouvé le Florentin? Il n'a jamais cherché à dissimuler sa trouvaille '. Il cite Tacite expressément dans ses GeneaJogiae deonim et dans son Comento sur Dante, et s'il ne mentionne pas son nom dans De daris muUeribus, où sont ses principaux emprunts, c'est qu'il n'entrait pas dans son dessein d'étaler les sources de son livre et qu'il n'y a, en effet, nommé personne. Boccace auraitil négligé de prévenir son ami, supposant, comme une chose naturelle, qu'il avait déjà cet historien dans sa riche bibliothèque ? La chose est possible ^ ; mais je serais porté à croire, au contraire, qu'il a été question de Tacite entre eux, soit dans une de leurs conversations, soit dans quelqu'une de ces lettres qu'ils échangèrent en si grand nombre et dont si peu nous sont parvenues \ Pétrarque, aussitôt instruit de

mais non sans doute les mentions de Tacite dans Tertullien, S. Jérôme, Sidoine Apollinaire, etc. (réunies par Emmerick Cornélius, Ouomodo Tacitns in homimim memoria iiersatus sit, Wetzlar, 1888, p. 17 sqq.).

1 . Il en prête un quatenms à Niccolô di Montefalcone, et le lui réclame de Naples en janvier 1371 {Boccace et Tacite, p. 31).

2. Une objection peut venir à l'esprit : Comment P. n'aurait-il pas interrogé Boccace sur les citations de Tacite ou sur les anecdotes romaines, prises à Tacite sans indication de source et inconnues de lui ? Je réponds que P. n'a pu voir le Comento, travail commencé après sa mort, ni probablement les Genealogiae sorties des mains de l'auteur en 1373 au plus tôt (Hortis, p. 158, n.) ; quant au De cîaris mulierihus, qui est antérieur, il a reçu des remaniements de Boccace et, d'ailleurs, il n'est pas prouvé que Pétrarque l'ait lu,

3. Qu'on se rappelle le titre donné par P. à la seule lettre de Boccace qu'il nous ait conservée : Una ex mille {Par. 8631).

l'existence d'un historien nouveau, a dû s'empresser d'en réclamer une copie ; si ce vœu n'a pas été exaucé et si Boccace n'a pas multiplié les exemplaires de Tacite, cela tient à des causes que nous ignorons, et sans doute, avant tout autre, au peu de temps que le recueil est resté entre ses mains. Cette explication, en tout cas, doit être préférée à celle qui prêterait à Boccace une intention de plagiat ou la jouissance égoïste d'un livre rare, sentiments étrangers à cette génération désintéressée de l'Humanisme.

Pétrarque et Boccace ont tiré beaucoup de Valère-Maxime, suivant en cela l'exemple de tant d'écrivains du Moyen Age ' ; le premier lui a même emprunté le plan de son ouvrage des Res memorandae. Mais, s'il voit dans les Facta et dictamemorahilia une source d'information importante, il blâme l'auteur de son excessive crédulité^; il affecte, précisément dans les Res memorandae, de prendre à partie son prédécesseur, de relever ses erreurs, de montrer qu'il défigure Cicéron lorsqu'il s'en sert: An... dum breuis esse lahoras, ohscurus fieri \ ne dicam imperfectiis et mendax, eJegisti ? Sed cur quaeso, Valeri Maxime, qiiod seqiiitur siluisti ? An quia Ciceronis lihros, iinde ista

1. Valerius est nommé une douzaine de fois dans la correspondance de P., plus souvent naturellement dans Rer. nieni. (On trouvera, à la fois, un exemple de citation anonyme et de mauvaise interprétation, dans Le De Viris ill., p. 153.) Son exemplaire de Valère-Maxime devait porter beaucoup de notes de sa main. J'en rencontre un, annoté par un Italien de ses contemporains, Par. 5840, où son De Viris se trouve cité en marge, f. 47'.

2. V. le chapitre sur l'oracle des Delphes dans Rer. mem. IV, 2 (Op. 469) et l'éloge qu'y fait P. de la liberté d'esprit de Cicéron à cet égard :... Haec de Apolline M. Tulliiis ; legeras tu quidem, Valeri, ista et procul duhio noueras, ut qui ex Tullianis lihris maguam confiasti operi tut partem, qiio te ac saeculuni tuum magis admiror, quonani modo uanitas haec tantum fidei apud doctissimos uestros inuenerit, praesertim postquam innotuerat eam tam libère actum grauiter ah illo Latinarum liîterarum pûrente contemni.

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