On en trouvera des exemples aux f. 88, 91', ici, m, etc
5. Les formes ordinaires se retrouvent aussi, bien entendu : Demosthems amator secret i (L 91', sur X, 3, 30); Proprie diîigeiiierque de Hortensii facundia, quod in midtis hahet locum (f. 10 1, sur XI, 3, 8); Gestus in digestis! mirabilis et perplexa doctrina(ïr 105, sur XI, 3, 92); Nota fructwn ystorie occurenteni iuexperienlie iuueniH{ï. 114, sur XII, 4, 2).
directe, aux préceptes de Quintilien, et ces appels ont assez souvent une intention satirique. On pourrait multiplier les exemples qui suivent. F. 2' sur I, 2, 6 : Nolaie, nimium indulgentes parentes. F. 89', sur X, 2, 13: Audi, imitatorfriuole. F. 100', sur XI, 2, 46 : Nota, predicator ^ F. 102, sur XI, 3, 33 (pmnes imputare et annumerare Hier as moJestum et odiosuni): Notate, Lomhardi aliqui. F. 113', sur XII, 3, I : Nota, qui poetarum scripta pronuntias et poeta ideo tiis uideri. F. 1 15', sur XII, 7,11: Notate auari et rapaces aduocati\ F. 118, sur XII, 10, 25, à propos des gens qui s'opposent à ce qu'on fasse autrement que les anciens (iVon fecit hoc Demosthenes^ : Notate, asini, qiios nec nomine digner.
Dans aucun de nos manuscrits de Pétrarque ne se trouve aussi nettement marquée son animosité contre la dialectique et la scolastique de son temps. Voici, à ce sujet, quelques notes significatives : F. i, sur 1,1,8 (Nihil enim peins est iis qui, paiduni aliquid idtra primas literas progressif, falsam sibi scientiae persuasionem induerunt) v Notate hoc, scolastici de nichilo tumescentes. F. 89, sur X, 2, 4 (Jmitatio per se ipsa non sufficit, uel quia pigri est ingenii contentum esse iis quae sint ah aliis inuentd)... Hinc illud quod est in scolastica disciplinai F. 112', contre l'abus des subtilités, XII, 2, 14: Audi, nam nichil est iierius \
En regard de cette hostilité si consciente contre les vices littéraires et pédagogiques de son siècle, on peut noter
1. Sur l'usage d'apprendre les sermons par cœur. Cf. pour les prédicateurs, une note du f. 54' : Lege hic, predicator importune.
2. Au f. suivant: Audi, niendax litigator; Nota, incuriosè et negligens aduocate ; etc.
3. Tout ce chapitre sur l'imitation est annoté dans le même esprit. Lorsque Quintilien dit : Cur igitur nejas est reperiri aliquid a nobis quod ante non fuerat? il s'encourage lui-même dans ses innovations ; Audi, inuentor. Plus loin, les mots Nichil crescit sola imitatione sont mis en vedette dans la marge.
4. Cf. la lettre entière Faw. I, 6, où l'appel à Quintilien a été, je crois, introduit après coup.
l'approbation constante que fait Pétrarque des préceptes de goût et des conseils intellectuels de l'auteur classique. A chaque pas, ce sont des exclamations : Grauiter, Urbane et déganter. Valide, Quant proprie, Magnifica exhortation Apertissima similitiido, Faceta irrisio, Proprie dixit, Subsiste et iiide! Les formules varient, mais non l'enthousiasme du disciple; il se montre déjà par avance acquis à ce culte de Quintilien, dont Lorenzo Valla sera le grand propagateur au siècle suivant.
Il ne saurait pourtant imaginer qu'on osera après la découverte de Poggio, préférer l'auteur des Tnstitutiones, tant pour la langue que pour la doctrine, à Cicéron lui-même'. Cette pensée sacrilège ne se présente pas à son esprit au courant de sa lecture. Il se réjouit au contraire de voir Quintilien professer une telle déférence pour celui qu'on regardera tout simplement comme leur maître commun. Toutes les fois que paraît le nom bien-aimé, il souligne la phrase' et parfois la commente, comme celles de X, i, io8; Laits ingens et uera M. Tiillii Ciceronis (f. 88), et de XI, 3, 123: Modeste admodum a Cicérone dissentit (f. 106'). Ailleurs il oppose aux jugements de Quintilien en faveur de l'éloquence des Grecs (XII, 10, 27) ceux de l'auteur du De oratore : Mtdtiim attollit facundiamgrecarn et prefert nostre. quod est contra mentem Ciceronis pluribus locis (f. 118'). Toutes les fois, ou à peu près, que Cicéron est cité dans le texte, Pétrarque le signale en marge \ et il agit de même pour Virgile. Ses rapprochements personnels ne sont pas nom-
1. Cf. Sabbadini, Storiadel Ciceronianismo, p. 25, et Mancini, Vita di L. Valla, p. lysqq.
2. V. f. 88, pour l'expression Cicero non hominis notnen, sed éloquent îae, X, i, 112; f. 89, pour homo celestis, X, 2, 18 ; f. 99, pour l'adverbe diuine uni au nom de Cicéron, XI, i , 62 ; etc. Nombreuses mains à la plume.
3. Quelquefois avec un renvoi précis, quand il reconnaît où la citation est
breux. Il en fait au point de vue technique avec Aristote', Victorinus% et même avec Chalcidius ' et S. Ambroise^' Pline est invoqué sur l'origine de la peinture, au chapitre de l'invention, X, 2, 7 (f. 89); Tite-Live et Valère-Maxime le sont chacun trois fois \ Suétone et Sénèque une fois\ Outre Virgile et Lucain' on rencontre JuvénaP, et enfin Claudien,cité dans la note du f. 83', sur l'usage de la prosopopée, IX, 2, 30: Hoc Claudianus opiime iisus in Rujfinum. Virgilio enim peculiare est. Hoc et Cicero m Catill. de qiio staiim infra [IX, 2, 32].
Le manuscrit nous fournit un grand nombre de témoignages des pensées venues à Pétrarque pendant sa lecture. Parmi les avis qu'il distribue le long des marges, il en est beaucoup qu'il adresse à un personnage nommé Silvanus; on y reconnaît vite celui qui porte le même nom dans la dixième églogue, c'est-à-dire le poète lui-même ^ Voici toute une série de ces confidences indirectes, à côté des-
prise (f. 13, Inprohemio Tiisc. ; f. 96, De oratore 30). Il lui arrive aussi de noter le titre de l'ouvrage tel que Quintilien le donne (f. 36', 109, Pro Miloiie; f. 54, Pro Cluentio; etc.). Il a pu connaître ainsi quelques fragments de discours qu'il ne possédait pas, mais le mauvais état du texte enlevait une part d'intérêt à ces renseignements.
1. E. 65, sur V, II, 23 : Nota pro eo quod in Rhetor. tangit Aristoteles , et Virgilhis 2 En.