Cf. p
2. Ces trois derniers mots ont été ajoutés plus tard (ut est une restitution, le mot ayant été rogné). — P. annonçait ici l'intention de réfuter un passage de Quintilien aussi contraire à ses idées personnelles sur la nature et sur l'inspiration qu'y trouve l'écrivain ; il a essayé, en effet, de le faire dans Vit. soi., I, 5, i, chap. intitulé : De rationibus qiiibus aliqiii uitaiii solitariam repreljeiidiiul. Quintilien réfutait ici lui-même l'auteur du Dialogue des orateurs, 1 1 .
Débet uacare etiam locus in quo notentur quae scribentibus soient extra ordinem... occur- Nota tihi.
rere.
[F. 92, X, 4, 3] Sunt qui ad omnia scripta
tanquam uitiosa redeant, idque faciant Audi,
quoties librum in manus resumpserunt, similes Silua
medicis etiam intégra secantibus. ne.
[F. 95', X, 7, 28]... quod eidem Ciceroni placet, nuUum nostrum usquam negligentem esse Siluane.
sermonem.
[F. 1 10', XII, I, 20, sur Cicéron] Sic docti iudi- Nota de hac iuueuili
cauerunt, plurimum in eo uirtutum, nonnihil ahundantia ipsam-
fuisse uitiorum ; et ipse se multa ex iuuenili que dum pertnitteris
abundantia coercuisse testatur. coherce, Siluane.
Parmi ces retours que Pétrarque fait sur lui-même, en adoptant ou non le pseudonyme de Silvanus \ il en est un, assez étrange (f. 17), qui porte sur II, 4, 6, morceau relatif à l'éducation des enfants, et notamment sur les mots : Facile remedium est iiberiatis, sterilia nullo lahore uincuntur. Pétrarque a mis en marge : Nota tihi, Siluane! et il semble difficile de l'expliquer autrement que par une allusion à son fils, dont l'éducation lui causait tant de soucis. Ses souvenirs interviennent, d'ailleurs, dans le manuscrit sous une forme tout à fait directe -. Bien qu'elles apportent peu de chose, trois de ses notes, qui font allusion à son enfance si peu connue, valent d'être recueillies : F. 114', à propos d'exemples d'une voix éclatante et capable de dominer le
1. Noter encore, avec Silvanus : f. 2', sur I, 2, 12; f. 43', sur IV, 1,7.
2. F. 43, sur les invocations successives qui peuvent se retrouver dans un même poème (IV, i, 4), on trouve en marge : Attende quod in Africa sernasti. Notons que cette mention de Y Africa est postérieure à 1 350. Un souvenir personnel se cache encore sous une observation à V, 13, 31 (f. 68'); Quintilien parle des mauvais avocats, cupidi sententiaruni, qui perdent de vue l'ensemble de leur cause en se laissant séduire par le développement des détails et fournissent imprudemment des armes à leurs adversaires; P. met ici : Petre de Cernitis, audi. Ce nom est celui d'un lecteur de Bologne en 1525.
tumulte (XII, 5, 6), le poète évoque un souvenir d'écolier : Mira tiocis sonoritas. TaJis mihi preceptor piiero fuit', détail qui n'enrichira guère la biographie de Convenevole. F. 30', Pétrarque se rappelle le même temps : Xoua opinio \ Taie aliquid aiidiebamus in grammatica in prima ctate. F. 114', il s'agit de ses secondes études et probablement de l'université de Montpellier; Quintilien parle des exercices du jeune orateur et des causes fictives qu'il plaide d'abord (XII, 6, 6) : Pétrarque annote : Hoc in iiire ciuili pu cri facichamus.
Moins intéressant à certains égards, le Parisinus )']20 nous révèle des études plus inattendues. On a douté que le poète ait lu Quinte-Curce', ne relevant que deux passages où cet écrivain fût nommé \ La vie d'Alexandre dans le Bc Viris suffit déjà à donner toute certitude, car Pétrarque s'est servi de Quinte-Curce pour la rédiger et ya même prononcé son nom + ; de plus, on retrouverait aisément, dans ses autres oeuvres, des faits ou des réflexions morales qui viennent de la même source \ Le manuscrit de Paris per-
1. Voici le texte de Quintilien, III, 3, 11 : Fuerunt etiam in hac opinione non pauci uthas non Rhetorices partes esse existiniarent, sed opéra oratoris ; eiiis enim esse iniienire, disponere, eloqni et cetera.
2. « Wenigstens hôchst wahrscheinlich », dit Koerting, p. 493.
3. Ces passages {Rem. I, 58 et II, 9) semblent désigner l'ouvrage comme connu de P. : Quis non legit apud Ciirtiiwi..? Legisti, reor, apiid Onintnm Curtium historicuni; on sait, il est vrai, que ces formules ne prouvent pas grand'chose. Pour la première citation (meurtre de Parménion, VII, 2), P. s'est inspiré du f . 46' de son ms. ; pour la seconde (histoire du jardinier devenu roi des Sidoniens, IV, i), du f. 9'. On remarque en marge du f. 9' une expression qui se retrouve dans le morceau du Reniediuni : Contemptus regni regno viaior; l'auteur Fa empruntée, en composant, à la note prise pendant sa lecture.
4. De Viris ilL, éd. Razzolini, 1. 1, p. 142. Il se sert encore de Justin, de.Cicéron (Tusc. III, 10, 21) de Pline (XXX, 53), de Sénèque (Xat. qiiaest. VI, 23), du livre des Machabées (I, i, 6-7).
5. Par ex. le morceau sur la discrétion des Perses (IV, 6) a fourni un développement dans Fam. I, 5. L'anecdote de Rer. mem. III, 2 ( Op. 436) vient de Quinte- Curce (VIII, 10), ainsi que la fin de la lettre Sen. II, 5, où la source est expressé-
met d'ajouter qu'il a fait un véritable travail sur l'auteur latin, un peu tardivement toutefois, et nous amène à faire figurer un ouvrage de plus parmi ceux qui l'ont renseigné sur l'Antiquité \
Ce volume, très probablement exécuté pour lui, renferme, en ses 85 feuillets, ce qui nous reste de l'histoire romanesque d'Alexandre ^ Le titre Liber O. Ciirtii de rébus Alexandri Macedonis^ est la seule rubrique du volume : les livres sont indiqués par de grandes initiales peu élégantes, et, à partir du f. 31 (V, 9), existe une division en courts chapitres indiquée par de petites initiales bleues et rouges ^ La rognure laisse voir les traces d'une pagination en chiffres arabes, à laquelle se rapportent les renvois de Pétrarque. Sa main se montre à chaque page'^, avec signes ordinaires, sommaires ou très brèves réflexions K F. 67^ par exemple, aux paroles d'Alexandre sur les éléphants de Porus (VIII, 14): Magnanimus animus. Grande pericuhim. ¥. 80, perfide discours de Bagoas au tombeau de Cyrus (X, i) : Ah fur-
ment indiquée. En somme le nom de Quinte-Curce paraît quatre fois dans les œuvres de P., mais son souvenir y est plus fréquent.
1. P. 371 du livre indiqué n. 2, Dosson constate que P. ne cite pas Q.uinte- Curce dans sa grande énumération des auteurs latins (Fam. III, i8). Mais, sans parler de la date ancienne de la lettre, il est facile de voir que P. n'y nomme pas tous ceux qu'il connaît et que cette liste ne saurait avoir l'intérêt qu'on y attribue d'ordinaire.
2. 44 lignes par colonne. 350 X 250 mill. Rogné. Relié au chiffre de Charles X. Le ms. a été décrit déjà par S. Dosson dans le travail bibliographique dont il a fait suivre son Etude sur Quinte-Curce, sa vie et son œuvre, Paris, 1886, p. 327; il ne pouvait, naturellement, en connaître l'histoire. Après P., le ms. fut à Pavie, où je crois devoir l'identifier avec le no 136 de l'inventaire.
3. Le petit texte destiné à guider le rubricateur n'existe que pour les Hvres VIII etX.
4. Aucune autre n'a touché le ms., non plus que le Par. 5816.
5. F. 56' (VIII, i), les mots Euripidis memorahilis sententia indiquent un des passages des auteurs anciens qui ont pu donner à P. l'idée de faire chercher ce poète en Orient (Sen. VI, i).
cifer ! F. 81', sur les soldats révoltés implorant le pardon d'Alexandre (X, 3) : O gens stulta et sui ipsiiis immemor ! Parfois, Pétrarque donne son avis sur une sentence de l'auteur : Facilius est, dit Quinte-Curce, nohis aduersam qiiam secundam regere fortunam (X. 2); il ajoute (f. 81): Omnibus est facilius^ ut puto\ La phrase : Iracundiam et cupidinem uini sicuti iuuenta irritauerat, ita senectus mitigare potuisset (X, 5), lui fait dire (f. 83 ): Primiim fateoi\ de secundo duhiiim. Deux notes ont un caractère personnel qui invite à les citer. Au f. 22, Pétrarque reconnaît une idée qu'il a déjà développée luimême : Hoc profecto non legeram. quando hoc dixi\ Au f. 79, la fin du livre IX exprime que la cruauté et la luxure vont aisément ensemble; Pétrarque, dans une pensée mystérieuse, dessine une main avec ces mots ; Audi, 0 tu!
Il fait volontiers des rapprochements avec l'histoire romaine ^ F. 5', à propos de l'inquiétude d'Alexandre avant la bataille d'Issus (III, 8): Hesitatio Alexandri César ee similis in die Tbesalico. \ Similis infra car ta ic/ in fine ^. F. 9, fuite de Darius après la défaite (IV, I) : Similis Pompeio profugo. F. lé' (IV, 9): Ad Harhelam peruentum magno prelio nohilitandum uicum, sicut non midto post per Romanos ad Cannas Apulie \ F. 25' (V, I) : Talis Alexandro Bahilon qualis Capua
1. C'est l'idée même de son traité De remediis utriusque fortiinae. Cf. plus loin p. 119.
2. Le passage visé dans la harangue de Darius (IV, 4) n'est pas certain. Les mots : Ut quam gloriam accepistis a maioribus uestris, posteris relinqiiatis rappellent une phrase de la préface de l'ancien De Viris, p. m, 1. 20 de mon texte.
3. F. 13, allusion à la paisible domination de l'Empire romain (IV, 4), P. : ROM A.
4. Cs renvoi au f. 19' se rapporte à un passage analogue, avant le récit d'Arbelles.
5. Addition postérieure : Arbellae nientio, M.ich.ih:onii)i I. [^, c. 90 in principio. Deux autres rapprochements avec la Bible : f. 54, Judith, f. 70, Exode.
Hannibal '. Le témoignage d'un autre historien d'Alexandre, Justin, est mis plus d'une fois en regard de Qjuinte-Curce ; c'est presque le seul auteur auquel il y ait des renvois précis \ Le manuscrit donne par exemple, après les mots sine clade non posset (IV, 12), le passage Mouehat eiinu qui présente tous les caractères d'une intrusion ; Pétrarque a parfaitement observé que ce morceau appartient au texte de Justin \ car il met en marge (f. 20) Haec iierba ad liUeram sunt apiid liistimim 1. 11. Au f. 33, sur les chaînes d'or dont on charge Darius (V, 12), Pétrarque annote en trois fois: Auree compedes. \ Similes lustimis /° j ad finem. \ Item in iiita Valeriani +. Au f. 34, il a remarqué la lacune qui existe entre le livre V et le livre VL II y a peut-être quelque intérêt à mettre ici le texte tel que le présente son manuscrit ^ et tel qu'il l'a, selon toute apparence, établi lui-même :
iumentorum deficientium corporibus infixa conspexit miratusque confossa potius Deest quam abacta esse semiuiui hominis.
midtum.
R. lust. xj° T nterim dum talia fièrent ab Alexandre, ad finem. 1 bellum ortum est inter Macedones et
X Lacedemonios. Antipater Macedonie prefectus in hoc bello contra regem Lacedemoniorum ^...
1. Addition : Exercitui sed eius. De ipso auteni infra, cart. 33 col. 4 <?/ 38 col. i". Aux colonnes indiquées, on trouve des notes sur la corruption des mœurs d'Alexandre (VI, 2 et 6). En général ici, comme dans son De Viris, P. est hostile à Alexandre, qu'il appelle ailleurs /z//-/05«5 adolescens {Contra GalL, Op. 1076). Cf. le sonnet Vincitore Alessandro Vira vinse.
2. Ajouter VEiiéide, une vie de V Histoire Auguste, Sénèque (f. 5', 33 et 64').
3. XI, 9 : Mouehat haec multitiido... ne desperatio suis cresceret (Cf. l'étude critique de Zumpt, Braunschweig, 1849, p. 132).
4. Allusion à la captivité de Valérien chez Sapor, connue à P. par ^Histoire Auguste.
5. Aucun des mss. cités par Zumpt (p. 221) ne présente ce texte.
6. Le copiste a observé quelque chose d'analogue sur la double lacune qui suit P. DE NoLHAC. — Pétrarque, 7
Le goût de notre lecteur pour le talent d'écrivain de Quinte-Curce est attesté par des mentions nombreuses qui visent le côté littéraire de Tœuvre. On trouve à chaque instant les mots Proprie, Proprie et apposite ad rem. Il n'est pas douteux qu'il n'ait pris l'auteur tout à fait au sérieux comme historien, et bien que l'ensemble des notes appartienne à un seul moment de sa vie, les additions assez nombreuses témoignent qu'il est revenu souvent le consulter. En tout cas, c'est à Quinte-Curce, non moins qu'à Justin, que notre humaniste doit d'avoir échappé presque entièrement aux traditions de l'histoire fabuleuse d'Alexandre, qui a pris tant de place, sous diverses formes, dans la littérature du Moyen-Age '. La biographie qu'il a composée reste, il est vrai, un peu oratoire ; elle est dominée par une préoccupation morale, celle de diminuer la gloire d'Alexandre au profit de celle de Scipion et des Romains ^ ; elle peut être considérée pourtant comme une réaction avouée contre des traditions puériles qui ne lui sont point inconnues et qu'il paraît mépriser '.
Un recueil d'ouvrages latins, dont la composition, fort intéressante pour notre sujet, semble remonter à Pétrarque, est dans le Vat.lat. 2ic}}. Il provient de la bibliothèque de
X, 3, et il semble y faire allusion à l'existence d'un onzième livre dont il aurait pu lire le titre courant dans le ms. qu'il transcrivait. Avant X, 5 (Intuentihus lacrimae...) : Defficit his finis decimi et principiuni undeciiui (f. 82). En revanche, ni le copiste ni P. ne se sont aperçus de la lacune après X, i (f. 80'),
1. V. Paul M.e\QY, Alexandre h Grand dans la littér.fr. du moyen dge,t. II, Paris, 1886. On trouvera plus loin diverses allusions de P. aux fobles sur Alexandre.
2. V. mes observations dans le De Viris iUuslr. de P., p. 86.
3. V. par ex. le passage de la p. 140 : Scio persuasuni tinlgo AJexandrum mtindi doniinuni fuisse... Cf. le début de Vlter ad paradismu dans les mss. signalés par Meyer, t. II, p. 51 : Postquam Alexander... uniuersum orbeni praeter Indiani solam suae ditioni subegerat... L'Angleterre avait déjà vu, au xiie siècle, un essai de substituer aux fables un récit authentique (compilation de S. Alban ; Meyer, p. 53).
Nicolas V '. Des écrivains qui s'y trouvent, Apulée est le seul qui nous soit déjà connu comme familier à notre poète ; il le cite, en effet, assez souvent, et, l'ayant trouvé honorablement nommé par S. Augustin comme philosophe platonicien, il ne craint pas de lui témoigner à son tour une grande estime ' ; il parle donc avec inexactitude, le jour où, pour une raison que j'ignore, il affecte de dire qu'il l'a seulement parcouru \ Cluant aux autres auteurs du recueil, c'est le manuscrit même qui nous apprend que Pétrarque les possède. Palladius figure dans ses livres en deux énumérations qui ne prouvent même pas qu'il l'ait lu '^. Frontin et Végèce n'y sont pas nommés; il est vrai qu'on peut les reconnaître dans la lettre à Luchino Del Verme De officio et uirtiitibiis imper atoris, où Pétrarque, conseiller militaire improvisé, s'exprime ainsi : Est et altior militaris disciplina, qiiae uhicunqiie discatur, non nisi in acie excrcetur, et haec qiiidem ex iis primtim lihris constat qui Rei Militaris apud nos, apud Graecos uero Stratagematicon inscrihnntnr, quorum aliquos me hortante descriptos hahere uoluisti, idemque ex omnis historiae notitia^ ante alias Romanae \ Notre recueil
1. On le reconnaît dans la description suivante de l'inventaire dû à Cosme de Montserrat (1455) et publié par Mùntz et Fabre, dans La BiUioth. du Vatican au XV^s., Paris, 1887, p. 102 : Item ununi tiolumen forme mediocris ctiin quatuor serraturis et cum ligno postihus, copertum coreo nigro, ex pergameno, nuncupatum Opéra Apulegii, item Vegetius et Frontinus.
2. Contramed.il, Op. 1099 : Praeclarus Platonicus Apuleius... Fam. IX, 5 : In elegantîssimo iiolumine de Magia... Cf. Fam. préf., I, 3 et 9; V, 11 ; IX, 10 et 13; XVIII, 2; XX, i; Var. 44; Sen. XV, 3; Rem. I, 2; II, préf. et 17; Rer. mem. I, 2; Vit. sol. II, 2, 3 ; De ignor., Op. 1052; Contra med. IV, Op. 11 14.