P. ne cite aucun recueil de ce genre
4. D'après Hortis, Stiuij, p. 435. Dix des passages du De ling. lat. utilisés par Boccace sont du livre V, le onzième et dernier vient de VII, 3,50.
PROSATEURS LATIXS LUS PAR PJ-TRARQUE II5
Pétrarque ' ; mais le traité agricole est le seul des deux ouvrages de Varron que je trouve cité dans les œuvres imprimées. En deux passages, Pétrarque donne avec complaisance l'étymologie du mot capra Ça carpendo) d'après Varron, Renun rusticarum lihro'-\Qn un troisième, il cite une anecdote sur un étalon, rencontrée inter Res nisticas VarronisK L'ensemble de ces renseignements permet de penser qu'il a possédé, outre \eDeli?igua latina, les Resrusticae. Il y a bien des chances pour que son exemplaire soit l'un des deux que l'on trouve en 1426 dans la bibliothèque de Pavie^ ; il s'est perdu, comme les deux autres exemplaires connus au commencement du xv^ siècle ' et dont l'un, celui de Niccoli, plus tard au couvent de San Marco, a été la source de ceux que nous possédons.
Autant, pour Varron, nous devons avancer avec prudence, autant, pour Sénèque, nous sommes sûrs du terrain où nous marchons. Comme moraliste, Pétrarque n'est pas seulement l'élève de Cicéron, mais encore, et presque au même degré, de Sénèque, dont le nom et les idées tiennent dans ses œuvres une grande place. Si nous ne retrouvons aucun des manuscrits dont il s'est servi, nous avons d'autres ressources
1. V. 1. 1, p. loi. La lettre citée par Salutati mentionne chez P. un gros volume avec des figures géométriques, que Mommsen rapprochait des traités mathématiques de Varron (Novati, /. c, t. II, p. 393).
2. Sen. II, I, à Boccace (Op. 752). Cf. Fani. XXI, 11, où le renvoi n'est pas précisé. L'étymologie est dans Varron, R. Rttst., éd. Keil, II, 3, 7.
3. Fafn. IX, 4, Cf. Varron, II, 7, 9. De même dans une scholie donnée plus haut, p. 80,
4. D'Addâ, no 441: Cato ctini V arone de agriculhira copertus con'o riiheo Uni. Incipit inprincipio textus Quomodo agrum ciui et ûnitur in iiltimis dictionilnis textus exposui habito. Sig. dcclxxxxiij.
5. Sabbadini, dans Museo d'antkh. class., III, col. 345. Si l'on admet l'existence d'un exemplaire chez P., il est assez difficile de songer à l'identifier avec celui de Niccoli, car le bibliophile florentin ne semble pas avoir recueilli un seul des mss. de Pétrarque.
il6 PROSATEURS LATINS LUS PAR PÉTRARQUE
pour juger du zèle de son étude. Je n'ai pas compté moins de soixante citations précises du philosophe dans le seul recueil d*s Familiares, sans parler des allusions et emprunts d'expression, qui sont sans doute beaucoup plus nombreux et qu'on est surpris de rencontrer jusque dans des vers italiens'. Sénèque est, d'ailleurs, un des auteurs qui font le mieux juger de la supériorité de Pétrarque sur son temps ; il lui a offert l'occasion de s'essayer, parfois heureusement, dans la critique d'attribution et de développer, sur l'homme et sur l'écrivain, des considérations qui ne sont pas sans justesse ^
On a pu se faire une idée, par les mentions de Sénèque au cours de ce livre, de la connaissance très complète que Pétrarque avait de ses oeuvres, et deviner notamment la part des Lettres à LiiciUns dans sa culture philosophique'. Tous les livres de l'auteur sont entre ses mains, y compris VApocoJocyntosis, indiqué une fois par allusion'*. On lui doit,
1. Les très anciens commentateurs l'avaient déjà remarqué en divers morceaux, par exemple :
Son. /' vo piaugendo : Si che, s'io vissi in guerra ed in tempesta,
Mora in pace ed in porto...
Cf. Ad Lucil. 19 : In freto niximiis^ moriamur in portu.
2. Cf., avec les passages qui vont suivre, les chapitres consacrés à Sénèque dans Rer. mem. II, i {Op. 407), III, 3 (441), IV, 4 (475); Vit. sol. II, 8, i. Sur la prétendue rivalité de Sénèque et de Quintilien, v. plus haut. p. 85. Il y a un bon travail de Hortis sur Sénèque dans P. et dans Boccace (Archeographo Triestino, 1879, t. VI, p. 267-299).
3. Hortis a pris note déjà (p. 274) des passages de P. où Sénèque est cité, mais d'après l'éd. de 1554 et non d'après celle qui nous sert. (V. aussi notre index au nom de Sénèque). P. enchâsse un peu partout d'assez longs morceaux des Lettres à Lticilius. Dans Contra Gall., Op. 1083, on trouve le VQnvoï Ad Helbiani, et Sen. III, 6(5 ; Op. 775) contient un long extrait de Sénèque, /// eo libroqiw Helhiam consolatur. Les Qiiaest. nat. ne sont, je crois, citées qu'en deux ouvrages de P. (Rem. II, 91 ; Secr^ III, Op. 363) ; nos scholios les indiquent plus souvent.
4. Rem. II, préf. : Seneca uln horologia philosophis confert, qiiod sciîicet par utrisque discordiaest. Cf. Apec. 2: Faciîius inter phihsophos quam inter horologia conueniet.
en divers manuscrits qui ont passé sous ses yeux, une division du De hreuitae iiitae et de la CotisoJatio ad Poîybiiim confondus ' : Quant 0 ergo melius Jiierat eiiisdem Senecae contra siiperstitiones, nisi me gustiis falJit egregium opiis^, iiel perditiun qiiaerere, iiel ne perderetiir occurere^ et de Consolatione ad Polybium, ut in midtis uoJuminibiis animaduerti et correxi, non qindem perditum sed permixtitm ciim eo qui de Breuitate uitae inscribitiir, in apertum educere,utnonunus sed duo libri, sicut siint. ita et uiderentur et non dicam liber sed îibri tituhis non périr et ; quae res tardiuscidis lectoribus saepe non pariiae caJiginis caiisam dédit K II faudra retenir cette indication, si l'on cherche les manuscrits de Sénèque rencontrés par Pétrarque.
Il attribue au philosophe les Controuersiae de son père, qu'il cite tantôt avec le nom seul de Sénèque ^, tantôt avec une indication plus ou moins précise de l'ouvrage : Seneca in Declamationibiis ou Declamatoriumillud apud SenecamK C'est à ses yeux une œuvre bien indigne de celui qu'il en croit l'auteur: Oiiis enim... in omni [eloqiientiae] parte summus fuit ? Lege Senecae Decîamationum libros ^. Au reste, en cet ouvrage du rhéteur et dans les Excerpta, qu'il a également consultés, il semble avoir cherché surtout les renseignements d'histoire littéraire qui s'y trouvent.
1. Cf. O. Rossbach, De Sen. lihr. recens., dans Breslaiier AbhandL, t. II, 1888, p. 12. Le plus important ms. dts Dialogi (^Amhr . C 90 inf. xie siècle) offre déjà la soudure, une lacune ayant emporté le titre et le début de la Consolatio.
2. Cet ouvrage perdu lui est connu par S. Augustin, C. Dei, VI, 10.