V. t. I, p. 118, et le fac-similé
que dans le premier volume. Le travail est resté inachevé et l'explication se trouve dans ces notes de Pier Candido Decembri \ sur la garde : F. F, decessit 1)^4 die 2j° Iidii [sic], diun nolumen isiud Uhiminaret. Vixit itaque post scriptionem Uiados annos quinque. Ici le mot illiiminare paraît pris dans un sens nouveau, éloigné de l'usage médiéval, et la note confirme ce qu'il était facile de deviner à l'interruption et à l'écriture tremblée de ces scholies, c'est que l'annotation d'Homère a été le dernier travail de longue haleine du vieux poète et qu'il est mort avant d'avoir pu achever la lecture de V Odyssée.
Il est curieux de rechercher les passages d'Homère auxquels Pétrarque, enthousiasmé et orgueilleux à la fois de ses nouvelles études, se plaît à faire allusion dans les SeniJes et les dernières œuvres de sa carrière \ Le morceau le plus concluant à cet égard est un grand développement accessoire de sa lettre contre l'avarice ÇSen. VI, 8) ; il dit que les poètes anciens ont fait un si grand cas de l'or, qu'ils ont donné l'épiihèleawatusàious les objets qu'ils ont voulu désigner comme particulièrement splendides. Beaucoup d'exemples sont pris à YOdyssée: les portes d'or du palais d'Alcinoos, les anneaux
1. Nom d'un contemporain de P., comme le dit Hortis, p. 508 n. La signature de Decembri est deux fois sur V Iliade, f. 55', à propos des beaux vers VI, 145-149 (O'tVj Tcep «puXXtov..,) : Legi hanc puerculus et commentariis hiuenilihiis inserui P. Candidiis. [P. avait déjà mis : Elégant issima sententia] ; f. 76, lacune de VIII, 466-468, dans le texte de Pilate : Deficiunt très iiersus ut in greco constat. Candidiis. De la même main, sur la garde, cette note mutilée [inter]pretatio ridicida et inepta... deterius est falsa. On a vu plus haut les emprunts de mss. faits par Decembri pour sa traduction partielle en mauvaise prose {Iliade, I-IV, X) contenue dans un ms. de l'Ambrosienne. Il n'est pas surprenant que la fâcheuse influence du travail de Pilate s'y fasse sentir.
2. Dans ses ouvrages antérieurs, il se réfère à Homère autant qu'il le peut, mais de seconde main et surtout d'après Cicéron {Rer. mem. III, 2, Op. 435 ; Vit. sol. II, 7, 2, Op. 278...).
l68 PÉTRARQUE ET LES AUTEURS GRECS
d'or et les chiens d'or de l'entrée, les statues d'or qui portent les candélabres, puis les spectres d'or de Tirésias et de Minos aux enfers et le baudrier d'or de l'ombre d'Hercule '. Suivent les exemples tirés de V Iliade, dont je mets en note un texte plus correct que celui des éditions ". Cette page et celles qui suivent sont des plus instructives sur la manière dont Pétrarque accumulait les notes sur un sujet donné ; on serait tenté de s'émerveiller de sa mémoire ou de croire qu'il se servait de fiches, si on ne se rappelait par quel procédé les marges de ces volumes devenaient pour lui des répertoires faciles à feuilleter. Pour revenir à ses citations d'Homère, on les trouvera surtout dans IcDe ignorantia "> et le Deremediis \ Pendant qu'il écrit ces deux ouvrages, il semble n'avoir sous les yeux que VlJiade. ^ On lit, par exemple, dans le second
1. OJ. VII. 89 sqq., loosqq.; XI, 91, 569, 610. Cf. Koerting, p. 476-478, qui réunit quelques-uns des emprunts faits à Homère.
2. lUa de caelo in terrain pendens Homerica catena, qua seu nexus elementonim, seii qiiid aliud grande quidein occidtnmqne describitiir, non aeria, non ignea, sed anrea est, undique in caelnmgraui anro scandente. Hinc et Venerem pnlchram dicere uolens, ipsam auream dixit Honierus et Dianae throniim aiireiim atque harum parenti aureum indumentum sciiticamque auream et cornantes anro eqiios dédit ; neiie ulla esset inuidia interfratres, parem penitns hahitum et Neptuno trihuit. Hinc, et apnd Homerum ipsum, Somno thronus aureiis alunone promittitiir,et colliim auretim bis Dianae descrihitur uenatricis, cum ferme ratio caput aiirenm, collum uero potius lactemn requirat, nisi quod nihil prorsus inrehiis anro piilchrins persiiasnm est. Hinc et eidem Dianae non thronum modo ut diximus, et collum, sed colum auream dat Homerus, auream quoquecolum Helenae atque argentum calathum, cum haiid dubie et uimineus calathus et colus arundinea esset habilior, aureumque calicem Curae, quo miseros transformaret, atque aureos calceos dat lunoni, sed hoc minus mirum propter aeris splendorem, propti'r quem et thronum aureum dat A iir or ae (Op. 551. La lettre 5^?/. VI, 8 des mss. est publiée à part dans les éditions sous ce titre : De auaritia uitanda oratio).
3. Op. 1043, 1056, 1058 (rapprochement -de Thersite avec le Drancès de Virgile ; cf. Thersite nommé, Op. 1038, et l'anecdote platonicienne de Fam. IX, 5).
4. Les vers cités dans Secr. III (Op. 357) viennent de Cicéron, Tusc, III, 63.
5. De même pour les Res memorandae, où se trouve une allusion directe au récit de la mort d'Hector (IV, 5 ; Op. 480).
(i, 21): Vigilant regcs sopi toque duces uigilant exercitu, qtiod et res docet et Ilias prohat Homerica; et (I, 72): Legisti, reor, II iados Homericae Uhrum XXI F, ubi Priamiis de Hector e suo loquens... Plus loin, il parle du départ d'Hector allant combattre Achille, des recommandations de Priam et d'Hécube, des craintes d'Andromaque' ; en un autre chapitre il décrit Thersite, dont le caractère paraît l'avoir frappé, cuins uitam, a]oute-t-il, 5/ nescires, in Homerica leges Iliade^. On voit que toutes les légendes homériques sont déjà familières à la pensée du premier des humanistes et que, par lui, commencent à renaître de l'oubli les figures héroïques.
Achille, Ulisse e gli altri semidei... 3
Aiace, Diomede e Ulisse,
Che desiô del mondo veder troppo ; Nestor, che tanto seppe e tanto visse 4...
L'Iliade occupe dans le manuscrit la disposition suivante. Les chants sont séparés par des intervalles de trois ou quatre lignes et terminés par une formule d'explicit-incipit à l'encre rouge; une partie porte des titres, à la même encre, qu'il est peut-être utile de relever^ :