‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 294 sur 353 · FiWi. XXI, II · texte numérisé non relu

FiWi. XXI, II

2. Notifie ifopcrc di disegno, éd. Frizzoni, p. 50 ; Gaiettc des Beaux- Arb, 2^ pér., t. XXIX, p, 405 ; etc.

3. Beaucoup de pièces isolées sont décrites par W. Fiske, Pctrarch Ihoks, Ithaca, New- York, 1882, p. 55.

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quel est le portrait peint qui se présentait, de nos jours, avec le plus d'autorité. Ma^sand l'a fait graver pour l'édition des Rime donnée à Padoue, en 1819-1820, et il a été reproduit en photographie dans le Yt^cueW im'ïtulé Padova a Francesco Pet rarca y a l'occasion des fêtes de 1874. C'est une fresque où Pétrarque est représenté de profil et à mi-corps, les mains jointes, dans l'attitude de la prière, la cape relevée permettant de voir le front. L'œuvre a une histoire certaine depuis l'année 1581, époque vers laquelle on démolit la maison où elle se trouvait, près du Dôme de Padoue, et qui passait pour celle de Pétrarque'. En 181 6, l'évêque Dondi dall' Orologio, descendant d'un ami de Pétrarque, la fit placer dans le mur de la grande salle de l'évêché de Padoue, où elle est encore et où bien peu de visiteurs songent à l'aller chercher.

La peinture est ancienne. Marsand pensait à l'attribuer à Guariento ou au moins à son école ; le désir de fixer une date contemporaine du poète entrait pour beaucoup dans cette hypothèse. Toutefois, au •ugement autorisé démon ami P. -G. Molmenti, elle n'est pas sans analogie d'exécution avec certaines œuvres du peintre de Padoue. Je Tai examinée moi-même et la crois volontiers du xiv^ siècle. Elle est en très mauvais état de conservation et a subi quelques retouches ; la tête seule, vraiment d'une belle expression, est à peu près intacte.

Rien, je crois, ne permet d'affirmer que le portrait ait été fait d'après nature ; la représentation du poète en prière les yeux levés vers le ciel, éveille plutôt l'idée d'une œuvre exécutée après sa mort. On peut appuyer cette opinion par une autre observation : il a été démontré récemment que la maison démolie au xvi^ siècle, près du Dôme, n'était pas celle que Pétrarque avait à Padoue, mais seule-

I. Un poète vicentin, Agnolo Beolco dit Ruzante, adressa au cardinal Pisani, alors évêque, une épitre en dialecte padouan, imprimée à Vicence, en 1581, pour le supplier d'épargner la maison du poète. On ne put sauver que la fresque; un professeur de l'université, G. B. Selvatico, la fit détacher de la muraille et porter chez lui ; c'est un de ses descendants, le marquis Pietro Selvatico, oncle de l'écrivain de ce nom, qui l'offrit à l'évêque Dondi. Le morceau encastré dans la Sala dei Vescovi a 0^60 de largeur sur 01170 de hauteur.

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ment celle des chanoines, où il avait pu habiter en passant, avant d'en posséder une dans la ville ' ; on est conduit à supposer que des chanoines ont voulu perpétuer au logis commun, après la mort de Pétrarque survenue en 1374, le souvenir de la piété de leur illustre collègue et de son séjour parmi eux. Cette explication rendrait compte du caractère du portrait et de sa présence dans la maison en question. Mais, si l'artiste n'a pas eu son modèle vivant sous les yeux, il est probable qu'il a travaillé d'après des renseignements d'une certaine valeur et qui devaient être à Padoue plus sûrs qu'en aucun autre lieu d'Italie, puisque le poète avait passé dans la ville et aux environs les dernières années de sa vie.

Le portrait que je crois 'le plus sérieux, et d'une indiscutable authenticité, a été également exécuté à Padoue et dans des conditions qui lui donne, semble-t-il, une autorité exceptionnelle.

C'est une petite peinture très simple, un profil à peine à mi-corps, faite au bistre avec quelques touches de cinabre, et occupant le premier verso d'un beau manuscrit sur parchemin, du xiv^ siècle, de la Bibliothèque Nationale de Paris, Par. 606^ F. Le manuscrit contient le De Fins illustribus,2ivec\Q supplément de Lombardo délia Seta. Un dessin à la plume, rehaussé de bistre % fait face sur le second recto au profil de Pétrarque et semble de la même main \ C'est une représentation symbolique de la Gloire, bien placée en tête de ces biographies. Sur un char traîné par deux chevaux montés par des génies nus et ailés, qui soufflent dans de longues trompettes munies d'ailes, est assise une femme couronnée, vêtue d'un grand manteau agrafé sur la poitrine et ayant elle-même deux ailes éployées. Elle tient de la main gauche des couronnes de laurier, qu'elle distribue de la main droite. Au-dessus d'elle, un second couple de génies envolés sonne de la trompette. Au-dessous, sont réunis deux groupes de cavaliers, les mains et les regards tendus vers la céleste distribu-

1. Gloria, Docntn. ined. intorno al Pctrarca, Padoue, 1878, p. 17.

2. La figure centrale porte aussi quelques rehauts de gouache.

3. Une bonne reproduction a été donnée par la Ga:(ette des Beaux- Arts, 3e pér,, t. III (r89o), p. 169, et par D'Essling et Mûntz, p. 125.

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