‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 293 sur 353 · Vite, éd. Milanesi, t. I, p · texte numérisé non relu

Vite, éd. Milanesi, t. I, p

2. Sen. I, 6 (Op. 746). Le premier portrait me semble avoir été un véritable tableau (Nec pauconim dieniin spatio... in tabellis...), le second, un simple croquis que l'artiste commença à prendre à l'insu du modèle (Erat euim mihi familiarissinius... Intellexi fraudem ainicissiuiampassusque siini, nolens ut ex professomepingeret^ quod nec tamen omni artis ope qiiiuit efficere).

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liers. Le poète parle, dans une de ses lettres, d'un admirateur qu'il avait à Bergame et qui avait mis à tous les coins de sa maison « les armes, le nom et le portrait » de son auteur favori ; celui-ci devait bien à ce brave homme une visite, qu'il lit en effet, en 1 358 ou 1359, quinze ou seize ans avant sa mort '. Depuis cette époque, la renommée immense de son nom, qui ne cessa de grandir, dut multiplier ses portraits ; il y a donc des chances sérieuses d'en retrouver un ou plusieurs offrant quelques garanties d'authenticité.

Il en est un grand nombre qui, à des titres divers, sollicitent l'attention. Dès la fin du xiv'^ siècle, les fresques accueillent, dans les groupes symboliques, l'image du grand lyrique itaUen et du premier maître de la Renaissance ; les collections iconographiques tiennent à la présenter, et le nom de Pétrarque, souvent uni à celui de Laure apparaît dans les inventaires de tableaux^. Puis, les graveurs la multiplient et la modifient àl'infini % les éditionsde Canxpniere affrontent, en des médaillons naïfs, les deux amants d'Avignon ; cette habitude se maintient jusqu'à nos jours. Beaucoup d'artistes croient travailler d'après les documents sérieux et ajoutent des légendes de provenance, telles que presso il 5'" consigUerc Bianconi, ou ex ekganti tahella apuâ Vulpios ; la plupart ne s'en soucient guère. Ces portraits ne se ressemblent jamais entre eux ; c'est la contradiction, le chaos. Les uns font de Pétrarque un amoureux imberbe et languissant ou un élégant cavalier à moustaches ; les autres, un bonhomme de comédie, laid, grognon et prêtant à rire. Puisque aussi bien nous sommes en pleine fantaisie, ne regardons qu'un seul portrait, celui qu'a placé Raphaël dans un coin de son Parnasse ; cette jeune figure, pleine de noblesse, est du moins digne du poète, et l'âme charmante du peintre y a mis son rêve.

Il serait fastidieux de reprendre ici des énumérations faites bien des fois et de rouvrir des discussions stériles. Je rappellerai seulement

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