‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 297 sur 353 · Cf. t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. t. I, p

4. V. dans Gloria (Docum. ined., pièce vu) une liste de peintres établis à Padoue au temps des Carrare. Quant à Lombardo, il n'était point étranger aux choses de l'art (v. plus haut, p. 59, n. i).

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C'était sur sa demande, et pour lui complaire, que le poète avait rédigé définitivement son ouvrage, en même temps qu'il s'intéressait à une suite de figures de héros anciens que le prince faisait peindre à fresque dans une salle du palais de Padoue ' ; le manuscrit et le dessin qui l'accompagnaient devaient donc passer sans cesse sous les yeux de leur possesseur.

L'artiste semble, d'ailleurs, s'être conformé aux intentions du donateur et du donataire. Le portrait est très simplement traité, mais plein dévie : point de laurier autour de la tête, ni d'accessoire d'aucun genre, la cape de Tépoque serrant le front et cachant les bras. Si le peintre n'a pas travaillé d'après nature, il a connu, du moins, parmi les portraits de la maturité du poète, celui qu'on jugeait le plus ressemblant et il l'a fidèlement reproduit. Il donne l'impression d'une œuvre intime, sans prétention, qui devait plaire aux familiers du maître en le faisant revivre sous leurs yeux.

Toute description est rendue inutile par la gravure mise en tête de cet ouvrage. On remarquera que l'image s'accorde, dans une certaine mesure, avec la fresque de l'évêché de Padoue, et qu'elle ne contredit pas celle qu'Andréa del Castagno avait peinte à la villa Pandolfini et qui est aujourd'hui au Musée national de Florence. Elle concorde avec les textes contemporains qui nous décrivent l'extérieur de Pétrarque : Statiira mediocris aiit paulo superior , plena faciès, rotundiora membra, et in senectnte ad cr assit udinem uergens, colore lucido inter candidum et subnigruin, uiuacibus oculis...^.

1. V. Zardo, // P. e i Carraresi, p. 119 et-182. Cette salle dite Saîa dei Giganti dont les murs ont été recouverts au xvie siècle de sujets analogues, existe encore et forme la salle principale de la bibliothèque de l'Université. On y voit un grand portrait en pied de P. dans son cabinet de travail, ancien, mais repeint et détérioré ; en pendant, est un portrait de Lombardo. P'après le texte de Marcantonio Michiel, les portraits de Pétrarque et de Lombardo, « i quali credo dessero l'argomento di quilla pittura », seraient de la main de Guariento. Comme Guariento est mort en 1370, on voit l'intérêt que pourra offrir le morceau, après restauration intelligemment menée ; c'est ce qu'établit Moschetti, dans sa note Per un anlico ritratto di F. P. (extrait du vol. Padova a F. P. nel FIo Centenario délia nascita), Padoue,

2. P. -P. Vergerio, au passage cité t. I, p. 121, n. 2 ; Vergerio reprend plusieurs expressions de P. lui-même dans sa lettre à la postérité.

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