I. C. ^tgxom, Del ritratto di Danlc Alighieri, Mïhn
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Mantoue, avec ceux de Dante et de Boccace, pour en avoir des copies.
Quoi qu'il en soit de sa provenance, le profil du manuscrit du Vatican est de proportions plus grandes que celui du manuscrit de Paris, qu'il rappelle d'assez près. Le fond est d'un bleu soutenu ; le vêtement est blanc; la doublure du capuchon, qui se trouve entourer le visage, est d'un bleu tirant sur le vert ; les lèvres sont légèrement teintées de rouge; l'étude d'après nature est attestée par un grain de beauté fort apparent, placé au-dessus de la commissure des lèvres. Ce portrait, dont une copie avait été communiquée à Tommasini par Cassiano Del Pozzo, en 1630, a été signalé à nouveau dans La bibliothèque de Fulvio Orsini, p. 327 ; mais le mérite d'en avoir relevé l'importance iconographique revient à l'abbé Cozza-Luzi, vicebibliothécaire de la Sainte-Église, qui ne lui a pas consacré moins de deux publications : la première, sous la forme d'une lettre qui m'est adressée; la seconde, extraite du GiornaJe Arcadico, a pour titre : Del ritratto di F. Petrarca nel codice Vaticano jipS, Rome, 1898 (avec gravure).
Le second portrait, qui est venu compléter l'iconographie de Pétrarque, a été étudié, au point de vue de l'authenticité, dans un article de la Galette des Beaux-Arts de 1901, t. I, p. 293 {Encore un portrait de Pétrarque). Je ne saurais maintenir l'attribution des notes marginales, qui eussent permis de faire venir de la bibliothèque du poète le manuscrit de son Liber reruni memorandarum, contenant le portrait {Par. lat. 6069 T); ces notes, selon Novati, sont de la main de Giovanni Manzini. Mais les caractères du manuscrit et sa présence parmi ceux de Pavie, passés à Blois {Mélanges Paul Fabre, Paris, 1902, p. 447), lui gardent un intérêt de provenance considérable.
Un portrait analogue, mais non identique, est publié dans le présent volume. De la même époque que le précédent, il se trouve en tête d'un manuscrit de Venise contenant des œuvres latines de Pétrarque {Marc. lat. CL VL, n. 86). Ces deux miniatures sont deux portraits d'auteur, inclus dans la lettre initiale ; mais Là où se rencontre d'ordinaire un Cicéron de fantaisie ou un Aristote
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en bonnet de docteur, nous sommes en présence d'images singulièrement précises et vivantes.
Une cape doublée de vert, d'un brun rougeâtre dans le manuscrit de Paris, rouge vif dans celui de Venise, encadre le visage d'un vieillard qui se présente de trois quarts. Deux longues rides sillonnent le front tout entier; l'œil est bridé; la bouche reste fine au-dessus du large menton rasé. On doit noter encore la longueur du nez et la douceur des prunelles bleues. Ceux des traits qu'il est possible de comparer au profil peint pour François de Carrare sont en parfaite concordance. Il est moins aisé, il est vrai, de retrouver, dans ce visage fatigué et vieilli, le brillant poète d'Avignon, si fier de sa grâce irrésistible, si soigné dans sa mise, si vain des louanges que les femmes donnaient à son nom. Le profil évoque mieux, par sa noblesse toute romaine, la beauté d'une image de jeunesse que nous ne connaîtrons sans doute jamais.
P. DE NoLHAC. — Pétrarque. 17
EXCURSUS II
PÉTRARQ.UE JARDINIER
Après l'étude, c'est la nature que Pétrarque a surtout aimée. Il se plaisait dans son jardin presque autant que dans sa bibliothèque. Quand il parle des gens et des choses de la campagne, son latin souvent monotone s'anime aussitôt, change de ton et prend l'accent du sentiment sincère. C'est ainsi qu'il a donné l'immortalité à son métayer de Vaucluse, si dévoué au maître, si bon gardien des manuscrits, si fier d'être admis cà les toucher. De même pour sa vieille servante provençale, au cou tanné par le soleil, âme simple, corps sans grâce, mais humble, sobre, dure au travail, et que le lecteur n'oubliera pas '.
On sait encore avec quel charme Pétrarque décrit ses retraites favorites, son « Hélicon » transalpin ou son « Liternum » de Lombardie. Tantôt il fixe des paysages d'une extrême précision : luxta [Sorgiam] breiii tantum ponte disiiincla, ultima doinus in parte textudo uiuis ex lapidibuscuriiata suspenditur, qiiae nunc caelo ardente smtiri uetat aestateni ; locns est qui ad studium accendat... ; tantôt il trace en quelques mots les plus gracieux tableaux champêtres : Ludunt argentci pisces in gurgite uitreo, rariprocul in pratis miigiunt boues, sibilant aurae salubres Jeniter percussis arboribus, uolucres canunt uariae in ramis...\ Toutes les fois qu'il aborde ces sujets, son style a plus de fraîcheur, de couleur, de verve, et laisse bien vite, sous l'humaniste, apparaître le poète.
Mais à côté de l'amateur des champs, du lecteur de Virgile qui date ses lettres de l'ombrage d'un châtaignier, il y a chez Pétrarque,
1. Saxed miiliercula. V. tout le passage dans la lettre sur Vaucluse adressée à Nelli {Fam. XIII, 8).