‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 301 sur 353 · Fam. XI · texte numérisé non relu

Fam. XI

3. Décrit t. II, p. 98 sqq. (remarquer les sujets agricoles des miniatures).

4. Il a servi, depuis la publication de ces notes, à une importante étude de Francesco Marconi, // Petrarca nella storia delV agricoltura (extr. des Atti delV Accademica dei Georgofili, vol. XVI), Florence, 1893.

5. Fam. XVII, 5 : UUrc arbuslis et quihus antiqua suis iiianibtis Bacchus et Mineriia plantarunt, noua uero meis ipse iiianibus, non tautuni nepotibus unibrani factura, sed nabis [cf. Virgile, Ed. IX, 50; La Fontaine, XI, 8, 21]. Utere parua donio et agresti lecfulo, qui, ubi te gremio exceperit, niei praesentiam non requiret... La description du jardin de Vaucluse est surtout précise dans les jolies épîtres où P. décrit sa guerre contre les Nymphes de la Sorgue, pour la défense de son terrain sans cesse menacé par les eaux (Epist. III, i et 4). Lire aussi, entre autres morceaux, Epist. I, 8 {Op. II, p. 84) :

Contigil exstinctnm qui suscitât hortulus igneni, Dulcia praeteritae renouans uestigia uitae...

demandés avec des vers '. Outre le jardin, Pétrarque avait un verger, comme le montre Tépître^^ arbores suas ^ et le complément naturel de ce verger, suivant la mode italienne, était une vigne suspendue aux arbres fruitiers. C'est précisément comme viticulteur que le poète nous apparaît tout d'abord.

Il a fiiit couper des ceps de vigne, le 26 novembre, en a planté une partie immédiatement, et a enfoui le reste en le recouvrant complètement de terre. Cest tout à fait contraire aux habitudes du pays et Pétrarque, malgré le conseil d'un Crémonais fort compétent, a fait cet essai sans grande confiance. Il ne se dissimule pas d'ailleurs que tout s'est réuni pour lui nuire, la saison d'automne trop avancée, le vent du nord, qui ne vaut rien pour remuer la terre, enfin l'état de la lune. En tout il a manqué aux préceptes des Géorgiques, ce qui l'inquiète. Le printemps arrive cependant, et une partie de ces plantations donne un résultat moins mauvais qu'on ne le craignait. Pétrarque le note aussitôt à la suite de son récit ^. Mais il était heureux déjà de faire un essai en dehors de l'enseignement consacré : Placet experiri . Il y a en ces simples mots, qu'il répète souvent ici, le germe de toute une méthode nouvelle de recherches dans les sciences de la nature ^

Les renseignements qui suivent sont relatifs à un pommier et à un pêcher, qu'on transplante et qui périssent dans le nouveau terrain, à des plants d'hysope et de romarin, qui réussissent, à des vignes, qu'on greffe sur les anciens ceps et qu'on fait grimper aux pommiers, aux poiriers, aux pruniers-^. En juin, Pétrarque s'occupe à faire dis-

1. Fam. VII, 15 : Diun hortulanus herbis et arboribus, ego uerbis et carminihus incumbam, imiitante riui murmure, qui qiierulus fugit et dextra laeuaqiie prontinentem pomiferam sihiam secat... La pièce de vers qui accompagnait l'envoi serait, d'après Baldelli ( Del P., p. 260), l'épître du livre III, Siliia precor generosa ; ce pourrait être aussi celle du livre II, Argolicas si fania uolans.

2. Telle est du reste son habitude pour chacun de ses essais ; dans le texte qu'on va lire, ces notes ajoutées après coup sont distinguées par un | .

3. Cf. F.Marconi, VAgraria nelle îettere. Gènes, 1889, p. 30, et K. Burdach dans Ccntralblatt fier Bibliotheksw., t. VIII, p. 448 (sur Angelo de Florence, créateur d'un jardin botanique à Prague).

4. Nous ne manquons pas de renseignements sur les arbres fruitiers cultivés

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paraître une saulaie qui tenait le milieu du jardin et à la remplacer par une prairie; on transporte les saules ailleurs et, quelques jours après, on sème du foin dans la terre « cuite par les soleils d'été». Notre agriculteur mentionne l'état du ciel et de la lune, la température, le moment de la journée, tout ce qui a pu accompagner le semis ou la transplantation.

On voit qu'il attache une grande importance à ces détails et que sa science, en partie puisée dans les agronomes latins, est assez étendue. Il écrit à Guido Sette : Signabo aiitem diem tihi serendis arboribus idoneiini, non euni qiiem fartasse alibi pro diiiersitale terrarum agricolae obseniant '. Nous apprenons également par ces notes qu'il y a deux jardins, ou plutôt que le jardin est divisé en deux parties (ortus ulterior, ortus citerior), et qu'il y a un carré plus soigné que le reste (prtulus cultior) ^, Le 24 mai 1350, on constate l'achat récent d'un nouveau jardin '.

Il y a quelques autres dates à recueillir pour cet Itinerarium Tetrarcar., où la précision complète est si rarement possible. Le 30 septembre et le i^*" octobre 1353, et le 4 avril 1357, pendant des séjours à Milan, le poète fait divers semis in ortulo sancti Ambrosii 4; les lauriers ne viennent pas bien en cet endroit. Le texte de l'an 1359 est plus intéressant : il fixe exactement la date d'une visite de Boccace à Pétrarque '\ Le samedi 16 mars, ces grands hommes se trouvent

par P. à Vaucluse: Uua, ficus, mices et amydalae deticiae meae sunt (Fani. XIII, 8). Et dans Epist. I, 5 : •

Si tantiwi tenditiir aeuuni, Umhra ex pomiferis ueniet gratissima ramis... Caetera Clansa qnidem Vdllis praestahit ahunde : Persica niala,pyni, mensae deciis adde secnndae.

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