‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 303 sur 353 · Cf. Fam. XX, 6, 7 (à Nelli ; ) Id. april · texte numérisé non relu

Cf. Fam. XX, 6, 7 (à Nelli ; ) Id. april

réunis in orto Sanctae Valeriae Mediolani. Ils causent de poésie, d'érudition, de grec surtout et de ce Pilaïc, dont Pétrarque doit parler alors pour la première fois à Boccacc, conversation d'où sort sans doute le premier enseignement du grec à Florence. Mais les deux humanistes prennent aussi plaisir à voir planter du laurier; Pétrarque espère même que cette expérience réussira mieux que les précédentes, la présence de son ami devant porter bonheur « à ces petits arbres sacrés' ».

En 1369, Pétrarque, qui partage son temps entre Padoue et Arqua, jardine en ces deux endroits. Ses amis et son gendre {Checcus noster) lui donnent des plants. Lombardo délia Seta montre son dévouement pour le poète en servant ses goûts ^ : un jour d'hiver, où personne n'ose affronter la neige et la tourmente, il part de Padoue pour Arqua , où il n'arrive que le troisième jour à cause du mauvais temps; tout cela pour aller enrichir le jardin de Pétrarque de cinq arbustes, dont un laurier.

Il est assez curieux de remarquer dans ces notes la place que tient la culture du laurier. Pétrarque en plante sans cesse. Deux grands lauriers, arrachés d'un jardin d'Arquà avec beaucoup de terre aux racines, sont transplantés dans le sien en grande pompe (solemnissime). Cette plante était chère au poète à plus d'un titre: elle l'avait couronné au Capitole; son nom lui répétait celui de Laure ; elle

1. La correspondance de Boccace garde un souvenir du jardin de Padoue. Ego, dit-il en rappelant son séjour auprès de P., compositionum tiiaraw auidus ex illis scrihens sumeham copiam ; die autem in nesperum déclinante a laborihis siirgehomus unanimes et in hoiiiiliim ibamus tuuin, iam oh nouuni uer froudihis atqiie florihus ornatum (Le Jette re, p. 47). Je pense qu'il ne s'agit ici que du jardin annexé à l'habitation commune des chanoines.

2. Lombardo était lui-même très passionné pour la solitude et la campagne. On a de lui, en beaucoup de mss., une jolie épître à P. sur ce sujet, De dispositionc uitae siiae (Cf. Novati et Lafa\'e, Le ms. de Lyon n° C, dans Mélanges de l'École de Rome, t. XI, 1891, p. 408-409). L'épître a été imprimée sous le nom de P. (F. P. guhernatori patriae ?) ; elle figure même avec cette attribution apocryphe dans VAppendix litterarum de l'édition Fracassetti (t. III, p. 506) et naturellement dans la traduction (t. IV, p. 45).

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était pour lui le symbole de la gloire et de l'amour. Il ne faut donc pas s'étonner s'il aima jusqu'à la fin,

L'aura e l'odore e '1 refrigerio e l'ombra Del dolce lauro e sua vista fiorita.

Laissons maintenant la parole à l'illustre jardinier :

(^Vat. 21^^, t. 156).

Anna 1^48°, die Merciirii Noiiemhris 26°, hora temporis occidui, minus qtiam duabus horis ante solis occasiim^ feci amputari palmites iiihum^ et partent confestim plantari, partem terre infodi ita quod nec modicum émergèrent, quod est contra consiietiidiuem communem, sed secundiim consilium amici noui Cremonensis agricole insignis. Hoc modo enim palmites obrutos et circa maii mensem erutos se plantasse dicit, non consulto quidem sed casu quodam differre coactiis, et mirum successum fuisse plantarum. Itaqiie se quod fortiina ohtulit in rationeni et consuetudinem transtulisse peipetuam, et ex illo sic nsum semperque féliciter. Unde et mihi libitum reperiri tu m illud, tum satio autumpnalis an uerna sit letior, et rursus an humi iîifossio ^ serendorum an immediata palmitum abcisorum satio. Ne quid tamen de contingentibus ignoretur, tria uidentur adiiersari : tempus uel hiemis uel iani praecipitis autunipni, cum potius primum autumpnale frigus eligendum sit ad talia; Boreas hodie spirans inimicus uersande telluri, licet hoc forte compensetur Austro iam quartuni decimnm diem flanti et terre imbribus assiduis madenti ; luna preerea, licet quidam sextant dicanf, tamen uero aspectus indicat quintam. Que omnia sunt contra doctrinam Maronis 2. Sed placet experiri.

I Non affuit tempus effodiendi partem terre créditant 5. Pars ante planiata débiliter successif, sed tamen melius quant putaram.

Decembris 8^, luna ni fallor iS-", tempore tranquillo, hora diei noua, ysopi et roris marini plantulas cum caudicibus terre mandaui, experiendi animo, in ortulo cultiore.

I Successit bene.

Februarii 4^ anno iJ4<^°, luna 16^, hora in fer nonam et uesperas^ tempore nubilo quidem et himido sed tranquillo, pomum non ualde uctcrem sed tamen plurium annorunt de ulferioris opaco in ciferioris apricum et soli exposifum locum franstuli profundiore fouea, sed neque fmo nec aliquo externo auxilio

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