LA FONTAINE DE VAUCLUSE
Dessin de la main de Pétrarque, tiré de son manuscrit de Pline, avec une ligne autographe.
Phototypie Berthaud, Par»
EXCURSUS m
PÉTRARaUE DESSINATliUR
Dante, en un passage célèbre de la Fita nova, raconte qu'il était un jour occupé à dessiner un ange « sopra certe tavolette » '. Il connaissait donc quelques éléments de l'art du dessin et, sans admettre, avecLeonardo Bruni, qu'il le pratiquât « egregiamente », on peut croire qu il en avait^du moins le goût et l'instinct. On ne sait rien de pareil sur Pétrarque, dont la nature cependant se montre déjà plus raffinée et plus universellement curieuse que celle de Dante. A ses talents de chanteur et de joueur de luth, bien attestés par les témoignages, personne n'a songé à joindre celui de dessinateur.
Il faudra pourtant le lui accorder, au moins dans une toute petite mesure, si les conclusions ici présentées sont jugées exactes. Notons d'abord qu'on trouve couramment en ses manuscrits d'élégants traits de plume, des mains indicatrices dessinées avec plus de légèreté et de finesse que les mains analogues si communément employées aux loca notahilia par les lecteurs contemporains, enfin la silhouette de rochers ou de chaînes montagneuses, aux sommets tantôt arrondis, tantôt aigus, placée en marge des passages du texte où sont mentionnées des montagnes. Ces représentations sont surtout fréquentes dans le Pline, Par. 6802 ^ ; il y a même, outre ces croquis élémentaires et de peu d'intérêt, une toute petite tête barbue, dessinée à la plume et vue de trois quarts (f. 220), et une sorte de château fort (f. 266), qui sert d'encadrement à la description suivante : Roma sola mirabilis toto orbe terrarum (mots empruntés à Pline). Ce dessin par lequel Pétrarque symbolise la