Vita Noi'a
2. V. quelques faits semblables dans le Tite-Live, le Quinte-Curce, etc.
270 EXCURSUS III
force de ÏUrbs est, il est vrai, tout à fait sommaire ' ; mais il engage à penser que la même main pouvait en exécuter de plus soignés.
Un exemple de dessin véritable et complet, quoique de dimensions restreintes, est au f. I43^ Il représente la fontaine de Vaucluse, avec cette légende autographe : Transalpina solitudo mea iocundissima, et a été appelé sur cette page par le récit de Pline dans Hist. nat. XVIIII, 51 (Est in Narbonensi prouincia nohilis fous, Orge noniine est ; in eo herbue nascuntiir, etc. ^). Pétrarque, voyant ici le nom de la source de la Sorgue, a cru devoir corriger le texte, en ajoutant au mot Orge un 5 initial dans l'interligne, et a mis en marge S orgie fans. Puis, il a voulu fixer en cet endroit, destiné à repasser souvent sous ses yeux, l'image de sa résidence tant aimée ; et nous l'y trouvons en effet, très simplifiée, mais très reconnaissable, avec la cavité d'où s'échappe le torrent, « il gran sasso donde Sorga nasce » et, au sommet du rocher, le petit oratoire dédié à saint Victor, qui était autrefois un lieu de pèlerinage et dont les traces ont depuis longtemps disparu K
Les passages des œuvres de Pétrarque que ce dessin met en mémoire sont trop connus pour être indiqués ici. Il serait plus intéressant, si la chose était possible, de rapprocher un texte précis de la figure du héron mangeant un petit poisson, qui semble figurer cl un premier plan. Mais Pétrarque n'a cité le héron nulle part, et
1. Une main postérieure a maladroitement cherché à embellir le dessin; les traits d'encre pâle sont seuls de P.
2. C'est à ce passage que fait allusion P. dans sa lettre à Castiglionchio sur Vaucluse (Faiii. XII, 8) et dans une lettre à Rienzi (Far. 42), où on lit: [Fons] qiiem miror a Plinio Secundo positiim inter memorahilia prouinciae Narhonensis ; in Arelatensi enim est.
3. Il existait encore au xviie siècle, comme le montre un dessin de la Bibliothèque Rarberini représentant assez grossièrement le site de Vaucluse (Mélanges de l'École de Rome, t. VIII, pi. vu ; note de Mùntz et G. Bayle). On remarquera que notre dessin du xiv--^ siècle ne fait point figurer le château des évêques de Cavaillon, dont quelques murs subsistent encore et dont la légende locale a fait longtemps « la maison de P. » — J'ai publié ce dessin pour la première fois dans la Gaiettedes Beaux-Arts, 3e pér., t. VII, p. 57.