‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 313 sur 353 · NOTICE SUR UN CICÉRON COPIÉ PAR TEDALDO DELLA CASA · texte numérisé non relu

NOTICE SUR UN CICÉRON COPIÉ PAR TEDALDO DELLA CASA

On sait l'intérêt des transcriptions exécutées par le célèbre copiste florentin, Fra Tedaldo délia Casa, de Mugello, et particulièrement de celles qui sont relatives aux œuvres de Pétrarque \ Les manuscrits écrits de sa main, sont extrêmement rares hors de Florence, et nombreux surtout à la Laurentienne (fonds de Santa-Croce). J'en ai retrouvé un à Paris, dont la description vient compléter assez naturellement le chapitre V de ce livre. Il est de cette écriture irrégulière et hâtive, que présentent à peu près toutes les copies de Tedaldo et qui les fera reconnaître au premier coup d'œil par qui en aura étudié une seule ^

Le Par. 6342, formé de 194 feuillets de parchemin, avec rubriques, titres courants à l'encre rouge et initiales ornées grossièrement, est muni au f. 3' d'une table de la main du copiste. Il est composé exclusivement d'ouvrages de Cicéron, dans l'ordre suivant : De ofi., Parad., De amie. De sen., TusciiL, Catil., Pro Marcello, Or. post reditum in Senatu ^, Or. p. r. ad Quirites "^^ Pro

1. V. 1. 1, p. 60. Cf. Bandini, t. IV, p. 160, 162, 163, 168, 174, 175, 180, 189, 196, 198, 207; Mehus, Amhr. Traiiersarii vita, p. 234-236 ; Narducci, Cat. dei codici Petr. [di Roma'], p. 59 [Vat. 4519, avec souscription à la fin de Rer. mem., prise au f. 92' du Laiir. cité ci-dessous] ; Voigt, Wiederh. 5 t. I, p. 398 ; etc.

2. Plusieurs portent des souscriptions du genre de celle-ci, au f. 104 du Laiir. S. Croce, XXVI sin., 9 (à la fin à'Itin. Syr.) : Propter festinantiam forte non est correcius.

3. Le discours a été interrompu par Tedaldo aux mots gemeretis nichil (ch. 6, 12), et un supplément du xv^ siècle, qui n'a que quelques lignes, est accompagné de la note : Finis hiiiiis orationis est in uno alio uolumine, in ultinio illiiis lihri.

4. Tedaldo en a fait à tort un second discours : /;/ Senatu, en mettant cette rubrique en titre courant, et en inscrivant à la table : De congratuJatione sui ad

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Deiotaro^ Pro Ligario, « Iniiectiua Sahistii in M. T. C. » (f. 143^) Responsio Tiillii in Salustiuni » (f. 144), « Rclatio souiniiP. Scipionis Emiliani ciii et Affricanus posterior cognouien fuit, facta per M. T. C. in vj° de repuhlica » (f. 146), « M. T. Ciceronis contra Anlhonium Cesareni post bella ciuilia Cesaris et Pompei Philipicarum innectiuarum liber primns » (f. 148). On lit à la fin, en marge : Liber ly^^ expJicit. compl . 2 7 aprilis i^j6.

On remarquera que tous ces ouvrages se sont trouvés chez Pétrarque, et son souvenir est rappelé dès les premières pages du volume par la transcription, en façon d'introduction, des deux lettres qu'il a adressées à Cicéron (Faiii. XXIV, 3 et 4) \ Si le manuscrit, au lieu de porter la date de 1376, pour laquelle nous n'avons pas d'indication d'un voyage de Tedaldo à Padoue, portait celle de 1378, pour laquelle* un tel voyage est assuré, nous serions presque autorisés à considérer la copie comme prise sur un recueil de la bibliothèque de Pétrarque, en tête duquel celui-ci aurait fait placer ses deux compositions épistolaires. On peut aisément penser, en effet, que Tedaldo, qui était lié -avec Lombarde délia Seta et a fait de nombreuses copies de manuscrits venant de Pétrarque, avait emprunté son Cicéron à la même source. Il est aussi à remarquer que les Philippiqnes se présentent en son recueil dans l'état où Pétrarque les lisait, c'est-à-dire avec la même lacune et la même fusion des discours V et VI en un seul, qui réduit à treize le nombre total -. Enfin, si l'on ne peut pas prouver matériellement que le manuscrit ait été copié à Padoue, il est étabU au moins qu'il ne l'a pas été à Florence : les lettrés de cette ville, à commencer par Salutati, ami de Tedaldo, ne connaissaient encore en 1378 que les quatre premières Philippiqnes et attendaient préci-

Senatum Romanum-ij. Le texte s'arrête aux mots uerum etiam (ch. 9. 23), et un supplément de la main déjà citée du xve siècle le mène jusqu'à la fin. Le point d'arrêt est ici le même que dans le ms. de Troyes venant de Pétrarque.

1. F. 2: Epistola Domini F. Petrarce ad M. T. C. latiiii eloquii piincipem reprehensoria uite. F. 2' : Ad eundeni M. T. C. laiis ingenii et eloquoitie TuUiane et de libris eiiis extantihus et deperditis.

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