LA PREMIÈRE BIBLIOTHEQUE DE VAUCLUSE
Cet inventaire confirme ce que j'avais déjà pu établir sur la composition de la collection de Pétrarque pendant la première période de ses études. Il y ajoute, avec plusieurs indications nouvelles, une précision qui n'est pas sans intérêt. J'en ai donné le résumé au cours du premier chapitre ' ; mais quelques articles de la liste appellent des observations. Parmi les œuvres de Cicéron, celui qui est désigné sous le titre (ÏHortensius n'est autre que l'ouvrage en deux livres des Academica priora ^. Le Festus, rangé parmi les livres historiques, est évidemment l'abrégé de Paul Diacre. Parmi les ouvrages grammaticaux, il faut noter le Calholicon de Jean de Gênes, en écartant l'hypothèse qu'il puisse être question des Catholica de Probus. Il pourrait se faire que la désignation Horatius presertim in odisst référât simplement aux quatre odes contenues dans le Virgile de l'Ambrosienne; d'autres œuvres d'Horace figuraient cependant dans cette première bibliothèque, et Pétrarque lisait au moins les Èpîtres dès son adolescence. Quelle que soit l'interprétation donnée aux mots qui suivent le nom Ouidiiis, et qui semblent désigner les Métaïuorphoses, on voit que Pétrarque ne possédait pas alors chez lui Ovide complet.
On remarque l'absence des deux volumes achetés à Rome en 1337, contenant, l'un la Vie de S. Clément, les Dialof^i de S. Grégoire, etc. ; l'autre le Commentaire de S. Augustin sur les derniers Psaumes; cette observation peut servir à dater approximativement le catalogue. Il n'y a, en effet, aucune élimination systématique des ouvrages ecclésiastiques, puisque saint Augustin y figure déjà, notamment pour le manuscrit de la Cité de Dieu, acheté à Avignon en 1325 \ et celui des Confessions, don ancien fait au poète par Dionigi da Borgo San Sepolcro, comme un remède aux passions de sa jeunesse -^. Mais Pétrarque a lui-même marqué, en tête de la page,