Aprilis 21 mer
nocte proxima.
louis, prox. nocte.
lunii S^... nocte.
Mercurii. prox. nocte.
louis, prox. nocte.
Domini. prox. nocte. 13 lunii.
Martis. prox. nocte.
louis, prox. nocte.
Domini. 20 lunii. nocte.
Martis. 22. nocte.
Veneris. 25. nocte.
lulii 70. Mercurii. nocte.
louis, proximo. nocte.
lulii 14. Mercurii. nocte.
Lune. lulii 26. nocte.
Augusti. 23. die.
1345. lulii 21. louis, die.
Domini. lulii 24. die.
nocte. prox.
Mercurii. 27 lulii. nocte.
louis, proximo. nocte.
Hinc fr... celitus adhib. et cet.
Domini. Octobris 2...
Mercurii. 5. nocte.
Veneris. 70. nocte.
Domini. 9. nocte. — potius
Lune. 10. die.
Mercurii. 19. nocte.
Martis. 25. nocte.
Heu. 1348. Hoiî. pu... plurima, sed que in ca...exci...potuerint. h.
Maii 30. Veneris. die. [heu. heu.
lunii 8. Domini. Penthecoste. die.
Martis. prox. lunii 10. die.
louis, prox. 12 lunii. die.
Domini. prox. 15 lunii. die.
Domini. prox. 22 lunii. die.
Mercurii. prox. 25 lunii. nocte.
Veneris. prox. 27 lunii. nocte.
Lune. prox. 30 lunii. nocte.
Domini. prox. 6 lulii. die.
Domini. prox. 13 lulii. die.
louis, prox. 17 lulii. die.
Domini. prox. 20 lulii. die.
Veneris. prox. 25 luiii. die.
Domini. 3 Augusti. die,
Domini. prox. 10 Augusti. die.
Domini. prox. 17 Augusti. die.
.uî. Domini. prox. 24 Augusti. die.
.pa. Martis. 2 Septembris. die.
Hinc f. celitus adhib.
Domini. 21 Septembris. die.
Martis. 30 Septembris. nocte. Lune. 20 Octobris. die.
Lune. 27 Octobris. nocte. p. fax.
louis. 6 Nouembris. die.
Domini. 16 Nouembris. die.
Martis. 25 Nouembris. die. p. fax.
Domini. 30 Nouembris. die.
Martis. Decembris 9. die. tempus [esset.
Veneris. Decembris 26. die.
Mercurii. lanuarii 14. die.
louis. lanuarii 22. die.
Mercurii. Februarii 4. die.
Domini. Februarii 8. die.
...Februarii 26. die. .ui. pa...
[A la page suivante :] louis. Maii 7. die. iam. g. to. uect.
Lune. Maii 18. die.
louis. Maii 21. die.
Doniini. Maii 24. die.
Mercurii. lunii 3. die.
Domini. lunii 7. die.
Lune. lunii 1 5. die.
Domini. lunii 21. die.
Mercurii. lunii 24. die.
Lune. lunii 29. die.
louis. lulii 9. die.
Domini. lulii 12. die.
Domini. lulii 19. die.
Domini. lulii 26. die.
Domini. Augusti 2. die.
Les signes qui accompagnent ces dates sont absolument conventionnels et le commencement, par exemple, ne peut être traduit que de la façon suivante : « Le 21 avril 1344, qui est un mercredi, je note un fait désigné par le signe Q"] ; la nuit suivante, de même, avec l'addition du signe — ; la nuit suivante, celle du jeudi au ven dredi, je note les mêmes choses que pour la précédente; la nuit du 8 juin, de même... »
A ne considérer le document qu'au point de vue chronologique, nous y reconnaissons cinq séries de dates, qui vont : 1° du 21 avril 1344 au 23 août de la même année (Pétrarque étant en Italie); 2° du 21 au 28 juillet 1^45 (en Italie); 3° du 2 au iG octobre (probablement 1345, en Italie); 4° du 30 mai 1348 au 26 février 1349 (en Italie) ; 5° du 7 mai au 2 août (probablement 1349, en Italie) '. A propos de la quatrième série, il est visible que Pétrarqu^ fait commencer l'année à Noël, caries dates des 9 décembre 1 3 4^ et
26 décembre 1349 se suivent dans le même mois,
C'est cette quatrième série qui semblerait pouvoir être le mieux rapprochée de dates déjà connues de la vie de Pétrarque. Par mal-
I. Ces dates pourraient-elles servir à établir les séjours de Pétrarque à Parme, où le ms. s'est certainement trouvé ? Les ouvrages qu'il contenait n'étaient pas de ceux que le propriétaire faisait voyager avec lui.
P. DE NoLHAC. — Pe'lrarqiw. 19
290 EXCURSUS VI
heur, il n'est possible d'établir aucune coïncidence précise. On peut du moins se rappeler que Tannée 1348 fut pour le poète une année cruelle, puisqu'elle lui enleva Laure et plusieurs amis '. Il est difficile de ne pas voir une allusion à ces malheurs dans les exclamations de douleur et la phrase qui inaugurent, cette année même, la reprise de ses notes intimes. Cette phrase, d'une écriture déjà abrégée, a été après coup rendue indéchiffrable par Pétrarque luimême, qui a intentionnellement gratté au canif la fin de trois mots \ En rapprochant les abrévations de celles dont il use ailleurs, en acceptant l'orthographe honera pour onera qui est conforme cl ses habitudes, et en retrouvant sous le grattage les lettres détruites, on peut proposer la lecture suivante, où un seul mot resterait dans le doute: Honera puppis phirinia, sed que in ca... excipi potiieriiit. Heu, heu, heu! On y verra alors une plainte de Pétrarque sur la charge excessive imposée à son navire sur la mer orageuse de la vie; et, si l'on se rappelle que la mort de Laure lui avait été annoncée à Parme, le 19 mai 1348, onze jours avant qu'il écrivît ces paroles, on sera tenté d'accepter l'expHcation, quelque incomplète qu'elle soit.
Une réflexion aussi personnelle, jointe aux exclamations de souffrance ou de contrition qui l'accompagnent, met sur la voie d'une interprétation de cette table mystérieuse. Le problème prend de l'intérêt pour qui a entrevu, en tant de pages émouvantes, l'état troublé de l'âme de Pétrarque, sa lutte incessante contre lui-même, et aussi l'ardeur de foi qui le dévorait.
La présence du document sur un manuscrit qui contient la correspondance d'Abailard et d'Héloyse, avec d'assez curieuses notes d-u poète, laisse croire à un examen de conscience particulièrement réservé aux péchés de la chair. Pétrarque a dit, à ce sujet, que
1 . Anniim aetatis hiiius ultiniae 1^48 luxinms, nunc Ingendi principiiim illud fuisse cogiiosciiiius (Seii. III, i ; Op. 767). Par aetas ultinni P. entend le sixième âge du monde, commencé avec J.-C. ; il emploie la même formule dans la souscription de l'autographe du Bucolicum Carmen.
2. Une lettre r a môme été ajoutée d'une autre encre après les lettres ca ; fautil lire came ?
dès l'âge de quarante ans, c'est-à-dire vers 1344, il y avait déjà absolument renoncé : Mox uero ad quadragesimum anniim appropinqtians, diim adhuc et caloris satis esset et uiriuin, non soliim facliim illiid obscenum, sed ehis memoriam omnem sic abieci, quasi nunquam jeininam aspexissem; qiiod inter primas félicitâtes measmemoro, Deo gratias agens, qui me adhuc integriim et uigentem tam uili et mihi semper odioso seruitio liber anit '.
Le poète a compté assez largement, traçant à grands traits, pour la postérité, l'image de sa vie. Une lettre à Boccace, du 20 juillet 1366, est beaucoup plus précise, et le passage entier, avec ses effusions mystiques, doit être invoqué ici : lam midtis annis, sed perfectius post Iiibikiun, a quo septimus decimus annus hic est, sic me adhuc iiiridem pestis illa deseruit, ut incomparabiliter magis odio mihi sit, quam fuerit uoluptati ; ita ut, quotiens ea foeditas in animum redit, piidore et dolore percitus cohorrescam. Scit me Christus liberator meus uerum loqui, qui saepe mihi cuni lacrimis exoratus, flenti ac misero dexteram dédit secumque me sustulit -.
Quand Pétrarque se rendit à Rome, à quarante-six ans, pour prendre part au grand Jubilé de 1350, il avait l'espoir d'y trouver, avec l'absolution des faiblesses de sa vie, les grâces nécessaires pour n'y plus retomber. Le dur combat moral, qu'il menait depuis quelques années, et dans lequel le soutenaient l'exemple et les conseils de son frère Gherardo, touchait à sa fin. Il va bientôt constater la victoire dans une lettre au chartreux de Montrieu, qui est du II juin 1352 ; c'est celle où le poète parle des trois promesses qu'il a faites à son frère pour son perfectionnement religieux et l'améliora-
1. Ep. ad post. P. n'était pas prctre (cf. sur l'erreur des biographes allemands, Pastor, Geschichte der Pâpste^, Freiburg, 1901, 1. 1, p. 5 et 6); toutefois, son engagement dans les ordres mineurs était de nature à augmenter en lui certains scrupules.
2. Se7i. VIII. I. On a pu voir en ce passage un aveu de son goût prolongé pour les vanités du vêtement et le soin excessif de sa personne ; mais les expressions de contrition qu'il y accumule, montrent qu'il s'agit bien du même sujet que dans Ep. ad posteras. V., du reste, les observations ingénieuses d'Enrico Sicardi, Gli aniori esttavaganti... di F. P., Milan, 1900, p. 130 sqq.
292 EXCURSUS VI
tion de ses mœurs : Tertium est quod consortium feminae, sinequo interdmn aestimaueram non posse uiuere, morte nunc graiiius pert'unesco ; et quamquam saepe tentationibus turber acerrimis, tanien dum in animum redit qiiid estfeniina, omnis tentatio confestim auolat, et ego ad libertateni et ad pacem meam redeo \ Nous savons par la lettre à Boccace que ce résultat avait été obtenu avant le jubilé de 1350; je me borne à remarquer, sans insister davantage, que les dernières dates portées au mémorial chiffré sont de l'été de 1349 ^.
1. Fani. X, 5. Cochin établit la date dans Le frère de P., p. 115 ; on croyait jusqu'à présent la lettre de 1348.
2. Je n'aurais rien à ajouter à ces observations, si une découverte récente ne venait de préciser quelque peu un épisode resté obscur de la vie amoureuse de P. Les vers inédits du poète trouvés par I. Giorgi et E. Sicardi dans la reliure du ms. Casanat. ^24 et qu'ils ont publiés en 1905, au t. VII du Bulletin de la Società filologica romana, assurent définitivement que P. a aimé et chanté une autre dame après la mort de Laure, et que cet amour ne fut pas sans importance dans sa vie (V. sur le sonnet Non volendomi Amor, la bibliographie notée par Segrè, Studi Petrarch., p. 149). C.-A. Cesareo, qui a tenté l'étude psychologique de cette passion dernière {Fanfidla délia dom. du 8 oct. 1905), croit que la dame était de Ferrare et que P. la désigne dans ses postille sous un nom symbolique imité de ceux des Provençaux, celui de Conforllno (Dictaui aiino isto pro Confortind). Sans insister sur le rapprochement des dates, je ferai remarquer que cet amour « réconfortant », qui inspire des vers à P., commença en 1349, d'après des indications certaines, et que cette année 1349 est précisément celle des derniers faits marqués par lui au ms. d'Abailard. Qjai peut dire si son choix d'une nouvelle « dame » ne l'a pas aidé à surmonter les dernières tentations de la chair ?
EXCURSUS VII
LE CATALOGUE DE LA PREMIERE BIBLIOTHÈaUE DE VAUCLUSE
Le titre donné à cette courte étude n'est point injustifié. Nous possédons, écrit de la main du « père de l'Humanisme », un état, dressé par lui-même, de sa collection de livres à une date qui ne peut être postérieure à son voyage en Italie dans l'hiver de 1337. Cet état, qui a été publié en fac-similé et déchiffré par Léopold Delisle, figure sur la dernière page du Par. lat. 2201, manuscrit de la bibliothèque de Pétrarque ajouté par l'illustre savant à la collection reconstituée dans la première édition de mon livre '.
Ce petit catalogue forme, à vrai dire, trois listes distinctes et qui ne semblent pas avoir été écrites en même temps, bien que l'écriture les montre clairement de la même époque. Voici le déchiffrement du texte, imprimé autant que possible selon la disposition de l'original. Ce texte est chargé d'abréviations et assez effacé par endroits; il n'est pas surprenant que la première lecture, quelque attentive qu'elle ait été, ne se trouve pas aussi complète que celle je propose ici :
Lihri mei.
Peculiares ad religioneni non transfiiga, sed explorator, transire soleo ^.
Moralia Ethica Aristotelis
1 . Delisle, Notice sur un livre annoté par Pétrarque (Mss. lat. 2201 de la Bibl. Nat.), Paris, 1896; tiré des Notices et extraits des mss., t. XXXV, 2^ partie. Rem. Sabbadini a étudié à un point de vue différent 11 primo micleo délia hiblioteca del Petrarca, dans les Rendiconti del R. Istituto Lomhardo, vol. XXXIX (1906).
2. Novati rapproche ces deux lignes du passage connu de Sénèque, Ad Lucil. II, 4 : Soleo enim et in aliéna castra transire, non tamquam transfuga, sed tamquam explorator (Giorn. stor. délia letterat. ital., t. XXIX, p. 525).
EXCURSUS VII
M. TiiUij
Retlhoi
vj^' Rei publiée
Tusciilanum
Offitia
Lelius
Catho niaior
Diuinatio
Hortensias
N attira deoriim
Paradoxa
liment ion is Ad Herenninni De oratore hmectiiie Orationcs coninninc
/ Ad Lucillum / Ad Neronem Boetius in consolatione
Senecae Remédia fortiiitonnn \ Tragédie \ De tranqniUitate animi. De consolatione. De
hrenitate uite '
Virgilius
Lucaniis
Statius
Horatius presertim in odis
Ouidiiis presertini in mai or i
Iiiuenalis
Valerius ,
Liuius
Justinus I
Floriis Poetica
Ystorica Salnstius \
Siiefonius \
Festus Eutropius P , / Satiirnalia / Priscianus
^^Agellius^ Gran/matica Papias. Donatus '^ \ Catholicon Dyalectica Tractatns nichil ultra 5 Asfrologica Spera.
Macrobius , sed iste intellegitur accessorius tractatui suo, sicut et reliqui commentatores.
Boetius de consolatione.
Ad Lucillum. Et cetera prêter tragedias. Valerius. lustinus. Florus. Salustius.
Priscianus. De poetis dico ut supra.
Iste^
Tusculanuin
vj Rei publiée
Lelius
Offitiorum
Catho maior
Paradoxa
De eiuitate Dei \ Confessionum / De orando Deo \ Soliloquiorum. y xviij februarii xij maii
1 . Ces trois articles paraissent avoir été ajoutés après coup.