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Le titre dans le ms. porte de illo au lieu de Gallo

3. Sans titre. Un espace vide au f. 98' est occupé par les vers sur la mort de Magon, ex Africana [sic'] domini F. Petrarche.

P. DE NoLHAC. — Pétrarque. 20

30é EXCURSUS IX

Item Francisci Petrarche tractatus itinerarii ad Sepulcrum sanctum [f. 149'] ^

Item eiusdem epistola ad dominum Luchinum de Verme capitaneum Venetorum contra Cretenses profectumm [f. 103] *.

Item eiusdem ad eumdem congratulatio victorie féliciter habite [f. 108].

Le titre du f. 144 n'apporte sur le nom du Gallus qu'une variante orthographique assez commune (Sequittir epistola inagistri lohannis de Hisdino contra superiores epistolas), mais nous y apprenons exactement quelles lettres de Pétrarque il avait en vue en prenant la plume. Ce sont, dans l'ordre chronologique, les lettres Fam. V, 19 (à Clément VI), Seu. VII, i (à Urbain V, f. 132 du ms.) et Sen. IX, I (au même, f. 125), c'est-à-dire les principales lettres par lesquelles Pétrarque a traité devant les papes la question du retour en Italie.

Deux de ces lettres, celles qui sont adressées à Urbain V, ont une étendue exceptionnelle dans l'œuvre épistolaire de Pétrarque et sont de véritables dissertations politiques. C'est à la dernière surtout, celle qui a été écrite vers la fin de 1367 pour féUciter Urbain V d'être rentré à Rome, que s'attaque l'auteur de Vlnuectiua \ Bien qu'il reprenne, par suite de l'analogie du sujet, quelques-uns des arguments de Nicole Oresme dans la célèbre harangue prononcée à Avignon au nom de Charles V, avant le départ d'Urbain V, c'est Pétrarque et sa lettre qu'il vise personnellement. Le contexte ne renseigne pas sur la date exacte de la composition. Pétrarque voudrait faire croire, dans sa réponse, que son adversaire a mis quatre ans pour compiler son pamphlet ^ ; il ne l'a reçu, en tous cas, qu'en 1371, année où il a écrit VApoIogia.

1. Suivent, au f. 135', pour terminer le recueil, des pièces publiées par Hortis, Scritti inediti, Trieste, 1874, p. 367-372 : Incipiiint oraliones eiusdem contra aereas tempestates. Elles sont également dans le 14582, f. 320-321.

2. Cette lettre (Sen. IV, i), précédée d'un très long titre, et la suivante (Sen. IV, 2), sont placées dans le ms. entre la traduction de l'histoire de GriseUis et la lettre à Sacramor de Pommiers (Sen. X, i).

3. Le titre à'hmectina paraît de l'invention de P. ou de ses éditeurs. Je le maintiens pour la commodité de la lecture.

4. Epistola enini mea, qnani tue Gatliae propugnator et appugnator llaliae taceran-

Lli GALLUS CALUMNIATOR

Le nom de Jean de Hesdin attribué au Gallus par les manuscrits de Paris est celui d'un écrivain scolastique connu par d'autres ouvrages et sur lequel on a réuni quelques renseignements biographiques '. Ce nom est-il appuyé par les détails qu'on peut recueillir dans VInuectiua et dans VApolopa ? Le petit parallèle suivant répond à cette question :

Le Gallus devait appartenir à l'Université de Paris dont il fait un éloge particulier {Op. 1066). Il portait le titre de magister {Oui inagistri liliilo et gloriahir, dit Pétrarque, Op. 1070.)

Le Gallus était ecclésiastique {Ohiicit pater limita, Op. 1084), et même religieux {Fratercuhts hic flaiiiiiiafiis, Op. 1074). Il sollicitait un évêché et ne l'avait pas encore obtenu, au moment où Pétrarque écrivait contre lui {d.

diverses allusions, Op. 1070-71, 1073).

Le Gallus avait voyagé en Italie et décrit, comme l'ayant vu de près l'état politique de ce pays {Op. 1063, Vidi omnibus arma inipcrari, fortalicia praeparari, et uallari, etc,). Il avait passé vraisemblablement à Venise {Op.

1064), mais certainement à Milan (/;/ Mediolaiw uidi ahomiiiabile idolum super altare Dei, etc.. Op. 1063) et aussi à Rome {Miseriam cuius certe non potiiis sein crcdere, ni uidisseiu, Op. 1060) ^.

Jean de Hesdin vécut longtemps à Paris, y prit le bonnet de docteur, et enseigna à l'Université (v. les titres et souscriptions des mss. cités cidessous).

Jean de Hesdin appartenait à l'ordre des Hospitaliers de S. Jean-de-Jérusalem. Il ne fut point évêque, mais sa carrière s'est terminée cependant dans les honneurs ecclésiastiques, comme chapelain de Philippe d'Alençon, archevêque de Rouen.

Jean de Hesdin, très longtemps attaché au cardinal Gui de Boulogne, évêque de Porto, l'accompagna en ses diverses légations. Au retour de celle de Hongrie, en 1350, on trouve le cardinal à Padoue {Fam. IX, 12). En 135 1, il est un des quatre cardinaux désignés pour réformer le gouvernement de Rome.

dam sihi difficileni certe prouinciam elegit, ad felicis sanctaeque nwmoriae Urbanuni V Romanuiu pontificem ante hoc, ni f allô r, quadriennium niissa erat {Op. 1068); texte corrigé sur le Par. lat. 16232, f. 85.

1. La dernière notice sur J. de Hesdin a été donnée par B. Hauréau, dans Romaiiia, t. XXII, p. 276-281, à l'occasion de la publication de mon étude. Il y en a une dans hBiogr. nat. de Belgique, t. IX, 311-212. Max Lehnerdt a signalé les mss. de ses oeuvres qui sont conservés dans les bibliothèques d'Allemagne {Zeitschr. fiir vergleich. Liferaturgesch., t. VI, 1893, p. 243). On peut recourir au P. Lelong, Bibl. sacra, t. II, 796, à Oudin, Script, eccles., t. III, 1225-26, et Suppl. Belg. 406, et à Paquot, Mém. litt.\ t. II, p. 344.

2. Il fait allusion aux immenses terrains inhabités qu'on voyait dans l'enceinte de la ville {Op. 1064), à la fièvre romaine {Fehris ipsam Romain quasi iialuralitcr et hereditarie inhabitat, Op. 1067).

308 EXCURSUS IX

Observons que l'érudition du Galliis est très étendue ; Pétrarque lui en reproche l'étalage en effet assez puéril ^ Il cite successivement, sans parler de l'Écriture et des poètes du Moyen Age -, Orose (1060), Lucain (loéo, 1062), Claudien (1060), Horace (1060, loéy), Maximianus (1060), Aristote (106 1, 1062), Julius Celsus [César] (loéi), S. Bernard (1061), Juvénal (loéi, 1062, 1067), Boèce (1062), Sénèque (pour les tragédies 1062, 1063, 1064), Virgile (pour le Ctdex, 1063), Valère Maxime (1063, loéé), auteur que commençait à traduire son compatriote Simon de Hesdin, et d'après lequel il semble instruit de plusieurs épisodes de la vie des héros romains (1067), Ovide (1063, 1064) S Térence (1064), Justin (1064, loé)), Solin (1065, 1066), S. Augustin (1066, 1067) ^.

Ces extraits, entassés à la façon scolastique, semblent indiquer l'œuvre d'un lettré de profession. Nous savons précisément que Jean de Hesdin a un bagage littéraire considérable. Six ouvrages sont mis sous son nom par les biographes, dont trois fort étendus sont sûrement de lui. Le plus intéressant pour notre sujet est un recueil de commentaires sur le livre de Job, qui est dédié au cardinal de Boulogne, patron de l'auteur, mort en 1373. Un bel exemplaire en existe à la Bibliothèque Mazarine {Ma^. 200) ^ Il y a à la fin trois distiques

1. Emendicatis hostiatim stipendiariis, iit sic dixerini, auxiliis, omnesque quos imienire potiiit lihros sine luium manipuliim flonim, opus uere GaUiciim et qiiod Gallica leuitas pro omnibus libris habet, in praeJiiim seciim trahens... {Op. 1068).

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