Op
3. Sur la répugnance de P. pour les femmes adonnées à la boisson, v. une de ses notes plus haut, p. 73 ; on peut supposer qu'il y vise des Françaises.
312 EXCURSUS IX
ex cansis soliti gauâere,.. 1075 : Jungo Graecis Gallos, qui, licet inpriores ingenio, iactantia et loquacitate superiores sunt. 1080 : Nunquain qiiod audierhn Parisiensis quisquam ibi uir clarus fuit . . . Omnis Gai lu s est harharus. 1085 : Amicum Gallis est mendacium ! Dans ce style violent, on rencontre çà et là des mots d'une fierté toute romaine : 1070 : Mûri et palatia ceciderunt, gloria nominis immortaUs est ; 1076 : Quid est aliud omnis historia quaui Rouuiua laus ?
L'écrivain français n'a pas à son service les mêmes ressources. Sa plume n'est jamais servie par la verve et l'éloquence souvent puissante de Pétrarque. Le maître réputé de l'Université de Paris n'est pas de taille à se mesurer avec le premier humaniste. Le mépris dont Pétrarque accable son oeuvre est trop justifié pour qui peut la lire. Toutefois, elle assure à Jean de Hesdin dans l'histoire littéraire une place particulière, que ses autres travaux ne suffiraient point à lui mériter. Il n'est pas sans honneur pour lui d'avoir soutenu une polémique avec le plus grand écrivain de son temps et d'avoir fait entendre, dans l'unanime concert d'éloges et d'admiration qui résonne autour de Pétrarque, la seule voix d'opposition qui soit venue jusqu'à nous.
ADDENDA
p. 39, n. 2. Les amis de Pétrarque disposent désormais des 49 pages autographes de la Vie de César, dans l'importante publication de Léon Dorez : Pétrarque, Vie de César, reproduction phototypique du uis. autof;raphe (dis. ht. S7^4) delà Bihl. Nationale, précédée d'une introduction, Paris, 1906. Ces pages présentent des variations d'écriture assez nombreuses, relevées avec soin dans l'introduction; elles montrent que la transcription a été interrompue plusieurs fois. J'y avais noté jadis, dans les feuillets de la fin, les marques certaines de l'extrême vieillesse, et Dorez pense, comme je l'ai indiqué moi-même (t. I, p. 85 et 257), que c'est au milieu de ce travail que le poète a été frappé par la mort.
P. 91, n. 9. Dans sa première églogue, P. se donne le nom de Siluius, qu'explique aisément le commentaire Laurentien : Dicitur Siluius, quia tune temporis siliias colehat et solitarius uiuehat, abhorrens ciuitates et ciuitaium impedimenta. (Il Bucolicum Carmen e i suoi commenti inediti, edi:(. curata ed illustrata da Ant. Avena, Padoue, 1906, p. 169). L'excellent travail d'Avena, que je reçois au cours de l'impression de ce volume, forme la première partie du recueil Padava in onore di F. P., préparé à l'occasion du centenaire. L'érudition a donc attendu vingt ans l'édition du manuscrit autographe de l'œuvre importante de Pétrarque, dont j'annonçais la découverte en 1886 ; elle est faite, du moins, avec la méthode la plus heureuse, et les commentaires anciens qui y sont joints groupent une foule de renseignements sur la pensée du poète et sur la culture de son temps.
P. 103, n. 3. On vient d'établir avec précision dans quelles conditions Giovanni Calderini a pu connaître P., en même temps que le caractère véritable des relations du poète avec Giovanni d'Andréa (F. Lo Parco, Dei maestri canonisii attrihuiti al P., dans la Revue des Bibliothèques, t. XVI, 1906, p. 301-318).
P. 133, n. 4. Comment était composé le « Platon grec » de Pétrarque ? Voici, d'après Sabbadini, la description du manuscrit dans la bibliothèque de Pavie, où l'inventaire de 1459 ^^ décrit ainsi : Platonis greci, uidelicet : Disputât io Socraiis cum Chritpfonte [= le Clitophon]. Politie [= les dix livres de la République]. Tinieus Platonis. Chritias Platonis. De lege [= le Minos]. Leges Platonis \= les douze livres desLow]. Philosoplms Platonis [=VEpinoniis]. Epistole Platonis. Diffinitiones Platonis. Confabulationes Platonis. Demodocus de consilio. Erixias de diuitiis. Axiochus de consilio. Tels sont les trésors de la sagesse hellénique que, faute de savoir le grec, Pétrarque a possédés chez lui sans les connaître.
314 ADDENDA
P. 234, n. 4. Le jugement de Pétrarque sur Lovato de Padoue, que rien jusqu'ici ne paraissait justifier, est aujourd'hui reconnu d'une parfaite exactitude. On a, en effet, retrouvé récemment, de ce poète oublié, quelques pièces d'une importance exceptionnelle, dans un ms. du British Muséum. Cf. C. Foligno, Epistole inédite di Lovato de' Lovati e d'ciltri a lui, dans Stiidi medievali, vol. II, 1906, p. 37 sqq.
— Au moment où s'imprime cette dernière page, W. Gardner Haie, professeur à l'Université de Chicago, m'envoie l'article qu'il vient de donner à la CJassical Revtew, vol. XX, p. 160-164, et dans lequel il reprend la question des mss. de Catulle. Il croit antérieur au Sangermanensis (G) VOxoniensis, que les philologues désignent par la lettre O, et qui est arrivé à la Bodléienne dans la collection Canonici, de Venise. W. G. Haie se propose d'établir que ce manuscrit est le propre exemplaire de Catulle que possédait Pétrarque et dont l'existence a été démontrée, comme vraisemblable, au chapitre iv de ce livre. Ainsi s'adjoindrait un nouveau et précieux volume à la bibliothèque que j'ai essayé de reconstituer.
INDEX DES NOMS