LE GALLUS CALUMNIATOR 3II
homme qui l'avait autrefois beaucoup aimé : Potest plane, et nattira tiuuidiis et fortuna, quicqiiid sibi in os ampliiin nenerit de me loqni olirn sibi dilectissimonunc iniiiso, ipse qiioqiie interdum chants mihi, nunc ex mérita odiosiis \ La violence véritablement excessive avec laquelle Pétrarque se déchaîne dans VApologia contre le porte-parole du parti français vient peut-être de la colère d'une amitié trahie.
Il y aura un jour à examiner le détail de l'argumentation des deux adversaires. On trouvera que les sophismes patriotiques se rencontrent chez Pétrarque aussi bien que chez Jean de Hesdin. Celui-ci cherche du moins à ménager la personne même du poète et à mettre également hors du débat, dans ses violences pédantesques contre la ville de Rome, l'amour-propre de la nation italienne : Fateor enim, et nenim est, îtaliam magnam partem et bonam orbis esse, nec intentio adusqiiam est uel fuit, ut credo, sic eam deprimere ut isti iieritati contradicat ^. Pétrarque ne garde point cette mesure; outre qu'il abuse de l'injure personnelle, ses invectives exhalent par endroits toute la haine du Misogallo d'Alfieri. Il est instructif d'en recueillir ici quelques exemples : Op. 1069 : Iste autem, declamator multiplicibus uerbis haerentem ossibus barbariem tentât excutere. 1070 : Gallus noster nollet esse non barbants, et lilenter in coeno ttbi educatus est residet. 1073 : Audiamus nunc Gallum seu uerius coruum nostrum. . . rattco strepitu suas amentias repetentem. 1074: P.otor egregius. . . Os impur um aperire ausus. 1075 : Concretum puluerem erroris e cauda gallicae leuitatis excutiat . 1078 : Impudent ia reluctantem barbarum... Quoniam in uno eodemqite homine galli crista?n atque anseris linguam, monstri genus, et contentiosaegentisperuicaciam... Quis nondicam Gallus sed asellus hoc nesciat... Sin aittem saltatrices suas claudas ac potrices Romanis matroniscomparareu^luerint... 1079 ^ : Galli paruis et friuolis
1. Op. 925. C'est la confirmation de la supposition de l'abbé de Sade et de Fracassetti (trad. des5^w., t. II, p. 314). Gui de Boulogne devait être un de ces grands amateurs du « vin de Beaune », qu'on ne pouvait boire à Rome et qui tient tant de place dans la polémique de Pétrarque et du Gallus.