‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 36 sur 353 · Horace, Sat. II · texte numérisé non relu

Horace, Sat. II

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de mon goût, pour peu qu'on ait lu les lettres de Cicéron ; là, en effet, ce grand esprit, qui répandait comme une limpide et inépuisable fontaine les ouvrages qui honorent le plus la vieille latinité, se montre à nous non seulement désireux, mais passionné des livres d'autrui ' ». Il répète sa confession à Giovanni d'ïncisa, plaidant sa cause d'autre façon : « Ne crois point que je sois à l'abri de tous les travers de l'humanité. Il y a en moi un désir insatiable, et que je n'ai pu, ni surtout voulu réprimer; car je me flatte que le désir des choses honnêtes ne peut être déshonnête. Veux-tu savoir mon mal ? Je ne puis me rassasier de livres (Jihris saiiari nequeo), alors que j'en ai déjà peut-être plus qu'il ne faudrait. Mais cette recherche est comme les autres : la réussite y aiguillonne la convoitise. Puis, les livres ont un attrait qui n'est qu'à eux : de l'or, de l'argent, des perles, un habit de pourpre, une maison de marbre, des tableaux, un champ bien cultivé, un cheval bien harnaché, tous ces objets et ce qui y ressemble ne donnent qu'un plaisir muet et superficiel ; les livres, seuls, délectent jusqu'à la moelle; ils nous parlent, nous conseillent, s'unissent à nous par une familiarité harmonieuse et vivante ^ ». Pétrarque est ici bien inspiré par son sujet; jamais passion plus noble n'a été plus éloquemment défendue.

Ses recherches s'étendaient fort loin: « Lorsque mes amis me quittaient, dit-il, et que, suivant l'usage, ils me demandaient si je souhaitais quelque chose de leur pays, je leur répondais que je ne voulais rien que des livres, et surtout des livres de Cicéron; je leur donnais des notes et j'insistais

1. F(/;;/. XVIII, 7 (à Nelli). Même souvenir de Cicéron dans ta lettre suivante.

2. Lihri iiiediiUitiis delectaiil, coUoqinnitur consul tint et iiiua quacUwi nohis atque arguta familiaritate iuuguntiir (Faiii. III, 18, adressée à tort, dans l'éd. Fracassetti, à son frère Gherardo).

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de vive voix et par écrit, due de prières j'ai adressées, que d'argent j'ai envoyé, non seulement en Italie, mais en France, en Allemagne, jusqu'en Espagne et en Angleterre, et même le croirais-tu? en Grèce ' ». On possède une de ces requêtes à un ami moine : « Si tu m'aimes, donne à des personnes sûres et instruites mission de parcourir la Toscane; qu'on fouille les armoires des religieux et des autres amis de l'étude, pour essayer d'y trouver quelque chose qui apaisera, qui irritera peut-être ma soif. Bien que tu n'ignores point dans quels étangs je pêche d'ordinaire, ni dans quels bois j'aime à chasser, afin que tu ne puisses t'égarer, j'insère dans ma lettre la liste de ce que je désire particulièrement. Pour te rendre plus attentif, apprends que j'ai transmis les mêmes demandes à d'autres amis en Angleterre, en France et en Espagne ; fais en sorte de ne paraître le céder à aucun d'eux en dévouement et en habileté \»

Pétrarque n'exagère point l'étendue de son champ d'investigation. Pour l'Angleterre, il fut quelque temps en relations avec Richard de Bury, qu'il avait connu à Avignon en 1333 ^;dans la France du Nord, il compta des amis à qui il put demander plus d'un service littéraire, tels que Pierre Berçuire, Philippe de Maizières, Philippe de Vitri, évêque de Meaux ^, Pierre de Rainzeville, abbé de S. Bénigne près Dijon \ et Stefano Colonna, prévôt du chapitre de Saint- Omer ^ A Liège, il eut pour correspondant l'archidiacre

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