‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 45 sur 353 · Scn. V, 5 (6; Op · texte numérisé non relu

Scn. V, 5 (6; Op

tion, on le trouve faisant venir des volumes qu'il a laissés en d'autres villes : « Si le livre est terminé, comme je le pense, écrit-il à Modio de Parme, donne-le à enluminer et à relier élégamment par maître Benedetto, et fais-moi envoyer la copie et l'original dans les ballots de Gioannolo de Côme ; messer Danisolo paiera tout ce qu'il y aura à payer, et mon Francescuolo, qui connaît bien les amis ci-dessus, te dirigera pour toute cette affaire. Pense à ma confiance, je t'en supplie, plutôt qu'à mon importunité ' ». La collection est, en effet, transportée à Venise. Pétrarque raconte qu'il reçoit dans sa bibliothèque cet averroïste, qui le visite pour se moquer de saint Augustin et qu'il est obligé de mettre à la porte '; il décrit aussi, en termes imagés, l'arrivée de la traduction latine d'Homère, qui « a rempli de joie tous les Grecs et les Latins, habitants de la bibliothèque ' ». Boccace, venu à Venise en l'absence de son ami et accueilli par sa fille Francesca, lui écrit que cette chère « TuUia » a mis les livres à sa disposition pendant son séjour ^.

Au mois de mai 1362, étant à Padoue, le poète reçoit une lettre singulière de Borcace. L'auteur du Corhaccio est converti : plus de poésie, plus de lectures profanes ; il va abandonner ses études, vendre ses livres, brûler tout ce qu'il a chez lui de ses œuvres italiennes, dont plusieurs sont notoirement immorales. Un chartreux de Sienne est venu le trouver, l'endoctriner, le convertir et les prédictions d'un illuminé ont troublé cette âme légère et charmante. Pétrarque répond par une belle dissertation, d'une philosophie vraiment chrétienne, où il s'efforce de calmer les

1. Var. 4 (Venise, 17 nov. 1362). Il s'agit du De vita solitaria.

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