‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 52 sur 353 · Par. 7880, I et · texte numérisé non relu

Par. 7880, I et

propriétaire, mais il ajoutait avec franchise : « Si c'étaient des ouvrages de Cicéron ou de Varron, je n'insisterais peutêtre pas autant ' ». Il avait fini cependant, comme il arrive, par accepter l'encombrement des livres inutiles, et il en fut embarrassé plus d'une fois, en ces années surtout qui furent loin d'être paisibles.

La guerre, qui couvait depuis longtemps entre François de Carrare et les Vénitiens, finit par éclater et le séjour hors des villes cessa d'être sûr. Pétrarque demeura à Arqua le plus tard possible ; mais, bien qu'un ami prétendît qu'il suffirait d'écrire sur la porte son nom vénéré pour en écarter les gens de guerre, il trouva plus prudent de rentrer cà Padoue : « J'attends aujourd'hui ou demain, écrivait-il le 17 novembre 1373, ma petite famille restée à la campagne. Quant aux livres que j'y tenais, je les ai rapportés, laissant la maison et le reste à la garde de Dieu ^ ». Ce séjour forcé à la ville, que la guerre prolongea longtemps, ne fut pas perdu pour son travail. Son gendre Francescuolo da Brossano et surtout son ami et disciple Lombardo délia Seta, qui habitait aussi avec lui et lui servit de dernier secrétaire, avaient soin de son intérieur et de sa bibliothèque; les soucis matériels lui étaient ainsi évités, et il trouvait réunies sous sa main les ressources nécessaires pour ses recherches dans les volumes soigneusement annotés par lui dans le cours de sa vie et familiers aux personnes qui l'entouraient. Mais il souffrait de ne pas retourner aux champs et répétait impatiemment le vœu d'Horace '. Il dut attendre jusqu'au mois d'octobre 1373, et même accompagner à Venise, après

1. Seii. XV, I (A; libris Agapiti. sen. de Colnmna (XIV, 2; Op. 952). Lettre s. d., mais visiblement de 1370 ou 71.

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