‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 53 sur 353 · Sen. XV, j 3 (XIV, 15; Op · texte numérisé non relu

Sen. XV, j 3 (XIV, 15; Op

une défaite du seigneur de Padoue, le fils de son ami, qui allait faire amende honorable à la Seigneurie et traiter des conditions de la paix. Ce n'est qu'à la suite de cette pénible mission que le vieux poète, dont la santé s'épuisait de plus en plus, put retourner à Arqua et y goûter encore quelques mois d'étude et de recueillement.

La nuit du i8 juillet 137^ \ comme Pétrarque veillait, suivant sa coutume, dans son petit cabinet, la mort vint le surprendre. On dit que ses amis le trouvèrent, au matin, le front appuyé sur le livre ouvert devant lui. Le travail qui avait occupé ses dernières heures était la biographie de César ^ ; la page écrite par sa main tremblante s'arrête sur un renvoi aux lettres de Cicéron annonçant un passage qu'il n'a pas transcrit '. Ainsi, jusqu'à la fin, sa pensée fut remplie de la grandeur de Rome et vécut dans le monde idéal qu'elle s'était choisi.

1. La tradition ici adoptée de la mort du poète, dans la nuit du i8 au 19, a pour elle le témoignage fort autorisé de Giovanni Manzini délia Motta, l'humaniste de Lunigiane, qui vivait en 1388 à Pavie, en rapports très étroits avec Jac. Dondi deir Orologio (cf. Novati dans le vol. P. e la Lovihardia, Milan, 1904, p. 185). V. aussi une souscription originale de Lombarde délia Seta et ma note dans Le De Viris illustribus de P., Paris, 1890, p. 72. Zardo doit reprendre la question, dans le recueil Padova e P. (à paraître en 1906).

2. Ce n'est point une hypothèse qui est apportée ici. Le texte de Lombardo, témoin de la mort, est tout à fait formel : His gestis Cesaris diim instaret, ohiit ipse vates celeherrimus F. P. millesinio trcceutesimo septuagesimo quarto, decimo nono iidii, Arqiiade (Par. 606^ F, f. 142).

3. J'ai retrouvé à la Nationale de Paris le ms. autographe inachevé de l'ouvrage de P. (Par. S784). Les pages finales sont de son extrême vieillesse; elles racontent la rivalité de César et de Pompée, et le témoignage de Cicéron est invoqué aux derniers mots : Is ergo epislolariim ad Athicinn lihro ¥111°. On devine que P. s'est arrêté dans son travail pour recourir à sa copie des lettres de Cicéron à Atticus, et y chercher le texte exact qu'il voulait citer.

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