Fam. (XXIII, 19). Cf. Sen. V. 2, eipassim
4. Sur les sources de la Vie de Virgile insérée par Secco Polenton, en 1425, dans son De scripto7-ibus ling. lat., cf. R. Sabbadini, dans Museo cVanlichità class., t. III, c. 372 sqq. A Servius, S. Jérôme et Donat; je crois inutile d'ajouter les Scholia Bernensia, les deux passages qui y semblent empruntés pouvant être fournis, l'un par Servius, l'autre par Donat.
5. On a pu se demander si P. serait pour quelque chose dans l'interpolation de la biographie de Donat, dont le texte interpolé paraît avoir été constitué au xive siècle (Cf. Sabbadini, /. c, et Valmaggi, Di un testo falsamente attribuito al grammatiGO Elio Donato, dans Riv. ai filol. class., t. XIV). Sabbadini vient de donner une note substantielle sur les Vitae Verg. connues de P. (Rendit . JcFR. Istit. Lornb., série II, vol. 39, 1906, p. 193-198).
sait au point de vue biographique le commentaire de Servius; c'est même à Servius plutôt qu'à Donat qu'il empruntait la légende de relations de Cicéron avec Virgile adolescent ', anecdote faite pour lui plaire et dont il s'emparait dans une lettre, heureux de trouver un lien historique entre ses deux écrivains préférés et de penser qu'ils s'étaient connus -. La courte notice attribuée à Servius était dans un de ses manuscrits ' ; c'est à ce document qu'il prend la tradition faisant de Tarente le lieu de la mort de Virgile '^. En somme, ses renseignements étaient au moins aussi étendus que ceux qu'on trouve, au début du siècle, chez Secco Polenton, le premier biographe de Virgile au temps de la Renaissance.
Il avait cherché à Mantoue les souvenirs de son poète ; il avait parcouru, comme tant d'autres devaient le faire après
1. Il s'agit delà parole prêtée à Cicéron après une audition de Virgile : Magnae spes altéra Romae. Les mots de P. qitaesiuisses a?/c/o/ï'w indiquent l'emprunt à Servius, in Ed. VI, II, et non à Donat, Vit. Verg., 41 ; le distique de Properce qui suit semble, au contraire, emprunté à Donat, 45. — C'est peut-être aussi par la rédaction interpolée de Donat, 58, que P. connut d'abord la pièce de vers attribuée à Auguste sur la conservation de V Enéide, à laquelle il fait allusion dans une de ses scholies (Sabbadini, /. c, p. 194) et dans Epist. II, 3 (Op., t. II, p. 90) :
Carmen adhiic sitperest qito Caesaris alqne poetae Maiestas studiuiuque uigent senipcrque nigelmnt.
Mais il a pu la trouver dans plusd'un ms. (Riese, Anthol. ht., r\9 672, = Baehrens,
Poet. Lit. min., IV, p. 179).
2. P. à Cicéron. Fam. XXIV, 4 : Oiiod dictum ex ore tuo auditum, adeo sihi placuit inseditqne memoriae, ut illud post annos tiiginti, te pridem rébus humanis exempta, diuino, operi suo eisdem penitus uerhis insérer et, quod opus si uidere licuisset laetatus esses de primo flore tant certumte uenturi fructus concepisse.
3. Sabbadini en a publié l'annotation de P. dans les Rendiconti cités.
4. Iti)i. Syr., Op., 561 : Inde inintimo quodam peJagi recessu Tarentiim tihi monstrabitur, Ennio natalis, Virgilio jatalis locus, quamuis alii Brundusium dicant. La vie attribuée à Servius a été imprimée pour la première fois dans le Virgile de Venise de 1472 et souvent reproduite depuis (notamment dans le Servius de Pierre Daniel) ; on la trouve dans Nettelship, Ancient lires of Vergil, Oxford, 1879, P- ^4» mais sans les dernières lignes qui ont donné à P. le renseignement sur Tarente. On croyait jusqu'à présent qu'elles n'appartenaient qu'à des mss. du xv^ siècle ; le ms. de P. est de la fin du xiiie.
126 PÉTRARaUE ET VIRGILE
lui, la campagne de Pietole, et avait même composé pour Virgile une charmante épître, tout imprégnée, malgré les imperfections de sa langue poétique, de la grâce des Bucoliques :
Hinc tïbi composui quae perlegis, otia nactus Ruris arnica tiii ; quonani iiagus auia calle Fiisca sequi, quihus m pratis errare soleres Assidue mecuni iiohwns, quant Jîuminis oram Quae curui sécréta lacus, quas arhoris timbras, Quas uemorum latebras collisqiie sedilia parut Amhierîs, cuiiisfessus seucespitis herham Presser is accidntu, sert ripamfontis amoeni; Atque ea praesentem niihi te spectacula reddunt ^
Aux environs de Naples, où il s'était plu à visiter les lieux décrits dans ÏEnéide \ il avait recueilli les traditions virgiliennes, mais discrètement, et sans rien partager des sottes imaginations de son temps '. Boccace, qui était pourtant un esprit averti, croyait encore, non seulement à la science universelle de Virgile, mais à ses prodiges d'astrologue, au cheval de bronze ^ qu'il avait fabriqué et qui guérissait les chevaux malades, à vingt autres fables aussi ridicules. Pétrarque était tout à fait dégagé de ce côté. Il avait
I. L'épître est vraisemblablement de 1349 (Fam. XXIV, 12). P. y donne à Virgile des nouvelles des trois pays qu'il pense lui tenir le plus au cœur, Naples, Mantoue et Rome, et des trois grandes œuvres qu'il a laissées sur la terre :
Tityrus ut tenuem senior iam perflat auenam, Quadrifido cultu tuus ut resplendet agellus, Ut tuus Aeneas uiuit totumque per orbem Et placet et canitur...
2. Avec ses amis, les poètes Marco Barbato et Giovanni Barili. Cf. Epist. II,
3. Ita claroruin fantahontinuDt, non ueris contenta laudihus, saepe etiatft fabulis uiant facit(Itin. Syr., Op. 560). Tout le passage de Vltinerariumitsl à lire de préférence dans la bonne édition du livre donné par G. Lumbroso (Memorie ital. del buon tempo ant., Tunn, 1889, p. 16-50).
4. Cf. Il conienlo di Giov. Boccacci sopra la Coniniedia, éd. Milanesi, Florence, 1863, t. I, p. 121. Il semble superflu de renvoyer ici au classique Virgilio nel niedio evo de Comparetti.
été lui-même accusé de magie, en pleine cour d'Avignon, et cela précisément pour sa lecture assidue de Virgile : Dicam qiiod inagis rideas : ipse ego, quo nemo tisquam diumationi inimicior fuit aui magiae, nonmmqiiam inter bas optimos reruin indices propter Maronis amicitiam necromanticus dictus siim. En quo studia nostra dilapsa suni '! Il s'était vengé par la raillerie de l'ignorant prélat qui se permettait de l'accuser ; mais il se promettait bien d'écarter, de la mémoire de son cher poète, l'absurde renom que la crédulité populaire lui donnait depuis des siècles.
La tradition sur Virgile magicien se discutait encore parmi les lettrés de la Cour napolitaine, et Pétrarque raconte la conversation qu'il eut à ce sujet avec le roi Robert, en traversant le passage fameux de Piedigrotta, dont le populaire attribuait le percement aux enchantements du poète: De quo ciun me olim Robertns... quid sentirent multis astantihis perciinctatus esset..., iocans nusqiiani me legisse magicariiun fuisse Virgilium respondi ; quod ille seuerissimae nutu frontis approhans, non illic magici, sed ferri uestigia confessus est. Pétrarque même, après avoir pittoresquement décrit le paysage % essaye une explication de la légende : Suh jineni fiisci tramitis, ubi primo iiideri caelum incipit, in aggere edito ipsius Virgilii hiista uisuntnr, peruetusti operis, iinde haec forsan ah illo perforati inontis opinio K N'était-il pas excusable de
1. Fam. XXII, 6 ; Récit dans Fa?ru IX, 5. V. l'étude de Carlo Segré, Chi accusa HP. di magia, dans ses Studi petrarcheschi, Florence, 1903, p. 199-224 ; l'accusateur serait, d'après lui, le cardinal Pierre Desprez, qui aurait agi pour nuire au cardinal Giovanni Colonna, l'ami du poète.
2. On peut rapprocher, pour la même description, le latin de Pétrarque de celui d'Erasme. L'opinion que j'ai exprimée au sujet du Bagno deUa Sibilla, dans Erasme en Italie'', Paris, 1898, p. 84) est justifiée par les curieux vers où P. raconte la promenade qu'il y fit à son second voyage à Naples {Epist. II, 16 ; Op. II, p. ici).