‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 66 sur 353 · Op · texte numérisé non relu

Op

croire à l'authenticité du « Tombeau de Virgile » que tant de voyageurs et de poètes ont célébré après lui ?

En ces matières de magie, c'était surtout l'opinion du inilgus insulsum que Pétrarque avait à combattre ; mais il y avait plus de réelle hardiesse à repousser la croyance universelle de Virgile prophète du Christ et à donner à la quatrième églogue un sens différent de l'interprétation traditionnelle. La question avait été souvent agitée, comme on le sait, et les allusions de Dante l'avaient fait reprendre au xiv^ siècle par ses commentateurs ; pas un lecteur de Virgile cependant, parmi les hommes instruits du Moyen Age, n'eût fait à ce sujet des réserves aussi formelles que celles que nous trouvons au traité De otio religioso : Virgilhis in Bucolicis de alio

loquens et in Aeneide deAugusti imperio agens Quae qiiidem

religiosus et pins lector, qnamuis de Caesare dicta, ad caeîestem potins trabet imperatorem, cuius adncntnni toto orbe signa praecesserant; qnae aiidiens poeta, neqiie altins aspirans, ad imperatoris Romani, qiio ni! mains nonerat, reflexit adnentum, cuius si uera lux ocidis affîdsisset, baud duhie ad alium reflexisset \ Ce passage est fort précis, et ce serait à tort que Pétrarque ici nous semblerait timide ; il refuse expressément tout don prophétique à Virgile, et il y avait d'autant plus de mérite à exprimer une opinion si nette que, s'il se trouvait d'accord avec S. Jérôme, il allait contre l'autorité, toujours pour lui si haute, de S. Augustin, qui avait vu le premier en Virgile un annonciateur du Christ \

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