R. Ellis, A comment, on Catulliis, Oxford, 1889, p. xv
3. Ellis remarque encore dans le même sonnet, qui semble écrit en sortant d'une lecture de Catulle, le morceau qui finit par : « Quante speranze se ne porta il vento ^) ; cf. Cat., XXX, 10 {Ventos irrita ferre).
Sest. A qualunque animale :
E non ci vedess' altri che le stelle Sol una notte.
Cf. Cat., VII, 7, 8 : Aut quant sidéra multa, cum lacet nox^ Furtiiios homimim uident amores.
Il serait possible de pousser plus loin cette recherche, et de montrer chez Pétrarque, à côté de réminiscences de mots ou d'images, quelques mouvements de pensée inspirés de Catulle '. On peut déjà conclure que Pétrarque, d'ailleurs si jaloux de réunir autour de lui tous les textes anciens dont il avait connaissance, possédait un exemplaire d'un poète qu'il aimait si particulièrement.
Il devait avoir également Properce, comme semblent l'attester les démarches faites par Coluccio Salutati, en 1375, afin d'obtenir de ses exécuteurs testamentaires l'envoi des œuvres du poète ombrien ^ En tout cas, Pétrarque avait lu Properce et nous allons voir qu'il le connaissait beaucoup mieux qu'on n'a pu le croire. On sait qu'il le nomme dans ses énumérations de poètes erotiques ' ; bien entendu, il lui consacre quelques vers de sa dixième églogue qui ne prouveraient pas grand'chose, puisqu'il a fait le même honneur à des poètes qu'il n'a pas connus ^ ; il montre dans
1. Voici les rapprochements de ce genre suggérés par Ellis, p. 21-22. Son. S' onesto am or (début); cf. Cat., LXXVI, L Son. Lasso che mal (second tercet) ; cf. Cat., LXXVI, 23-24. Pour d'autres similitudes verbales : Son. Sebiaiiche (début) ; cf. Cat., LXI, 154. Trionfo di Am. II, 185; cf. Cat., LXVIII, 18.
2. V. Plus haut, p. 169. Dans Lfl bihlioth. cU Fulvio Orsini, p. 233, où a été reprise à nouveau la question des anciens mss. de Properce, j'avais déjà accepté l'existence du ms. de Pétrarque, généralement admise depuis Moriz Haupt. Cf. Fréd. Plessis, Études crit . sur Properce, Paris, 1884, p. 4 sqq.
3. Fam. IX. 4; Rem. II, 125 ; Trionfo d'amore, IV, v. 22-24. Le plus concluant des passages de ce genre est celui-ci : Quid ex uestris Oiiidio, Catullo, Propertio, Tihidlo, quorum nullum ferme nisi amatorium est poema... (Rem. I, 69).