Rer. mem. II, 2 (Op
nombreux faits à Ovide dans ses livres viennent des poèmes erotiques. Ces poèmes étaient très répandus et Pétrarque avait dû les goûter beaucoup étant jeune, car il les a souvent imités dans ses œuvres italiennes '. Dans le Can:^oniere, en effet, Ovide est deux fois plus souvent imité qu'Horace; les rapprochements sont aussi nombreux que pour Virgile lui-même et pour des passages plus importants ; bien plus, alors que Virgile ne fournit guère au poète que des réminiscences verbales, Ovide lui inspire des mouvements et des pensées ^
Dégagé, plus tard, de ses préoccupations amoureuses, Pétrarque lisait encore les élégies d'Ovide; mais c'était plutôt, suivant l'usage de son temps, pour y chercher un enseignement moral. C'est ainsi qu'il cite jusqu'à trois fois le Remedium amoris et les Amores dans un de ses dialogues avec S. Augustin ^ avouant en passant que le premier ouvrage lui était connu dès ses jeunes ans ^. Il en était de même de YArs amatoria : Velpoeticum illiid quod puerulus haiiscram : forma
1. L'abbé de Sade a déjà mis en regard de vers du Can:(oniere des vers de VArs amatoria {Mémoires, t. I, p. 355). Mais une série nombreuse de rapprochements de ce genre est donnée par Zingerle, /. c, et Carducci, Saggio, p. 37, 42 [douteux], 70, 106, 113, 161, 164, 165, 170. Sur les imitations d'Ovide par Boccace, surtout dans la Fiammetta, v. Crescini, Contributo, p. 156 sqq. Il avait transcrit de sa main es Amours dans un de ses mss. (H. Hauvette, Notes sur des mss. aiitogr. de Boccace, Rome, 1904, p. 52).
2. Cette observation est due à Campana, qui a bien voulu m'en faire part, en attendant qu'il en fasse la démonstration dans son travail : Sid Classicismo nel Canioniere.
3. Secr. III (Op. 356, 358, 361). Transcription de Jw. I, 10, v. 13 ; Rem. am., 462, 579-580.