A propos des vers de Rem. am
Quisquis amas loca sola nocent, loca sola caueto ; Quofugis ? in populo tutior esse potes. C'est S. Augustin qui les rappelle à l'amant de Laure, et celui-ci, qui a dû se les répéter souvent, répond : Recordor optime ; ah infantia pêne Jamiliariter mihi noti erant.
P. DE NOLHAC. —Pétrarque. 12
178 PÉTRARaUE ET LES POÈTES LATINS
honum fragile est \ Enfin, c'est au recueil des Amores, qu'il semble avoir emprunté le motif du Trionfo d'Amore où certains morceaux développent ingénieusement les indications charmantes de l'élégiaque latin ^
Ses livres didactiques comportent cependant sur Ovide plus d'une réserve. Il lui est malaisé d'apprécier avec indulgence certains passages en faisant appel, comme ses contemporains, au sens allégorique. Ce n'est pas lui qui transcrirait le Remedium, comme un moine du siècle suivant, ad laudem et gloriam Virginis Mariae K La délicatesse de son sentiment moral et l'élévation de son esthétique sont également choquées par la façon dont Ovide entend l'amour. Aussi éprouve-t-il le besoin de justifier ses emprunts à un tel écnvâin : Meministi, dit-il, ut Naso^ in eo lihro qtio inhonestam qiiidem ac siiperiiacuam artem docet^ utile tamen interdum aliquid interserit^. Et ailleurs : Audiebam Ouidium^ cuius quo lasciuior miisa^ eo mihi seiierior grauiorque confessio et incorruptius testimoninm ueri erat ^ . Le blâme contenu dans ces passages est précisé et développé dans un curieux morceau du De Vita solitaria, où Pétrarque livre le secret de ses sentiments pour Ovide ^ ; l'amour charnel, si hardiment chanté,