‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 97 sur 353 · Fam. XXIV · texte numérisé non relu

Fam. XXIV

5. Cf. Carducci, Saggio, p. 24, 27, 36, 41, 76, 108, 117, 136, 139, 164, 170. Rappelons deux vers comme exemples :

Nasce una gente a cui' 1 morir non dole. Cf. Od. IV, 14, 49 : Non patientes funera Galliae.

S'un pallor di viola e d'amor tinto...

Cf. Od. III, 10, 14 : Nec tinctiis uiola pallor amantiwn.

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point Pétrarque s'est assimilé les vers qu'il célèbre. On doit noter surtout la place qu'y prennent les poèmes lyriques. Les siècles précédents n'avaient pas attaché aux odes et aux épodes la même importance qu'aux satires, aux épîtres et à l'Art poétique, désignés comme les très Jibri principales de l'auteur '. Avec Pétrarque, toutes les parties de l'œuvre d'Horace commencent à être mises sur le môme rang, et on serait embarrassé de dire quelle est celle qui a ses préférences. L'épître en vers, où il cherche à les anal3^ser et à les résumer toutes, suffit à montrer qu'il les possédait également bien.

Horace est cité sans cesse par Pétrarque, moins sans doute que Virgile, beaucoup plus qu'Ovide ou tout autre poète latin ^ Mais, plus heureux pour Horace que pour Ovide, nous n'avons pas besoin de demander aux œuvres de Pétrarque comment il l'a étudié ; l'exemplaire qui le plus longtemps lui a servi existe encore cà la Laurentienne, Plut. XXXIV, I. Il a été décrit par Bandini et mieux par Châtelain, qui a pubhé le fac-similé d'une page où se trouvent précisément quatre lignes non remarquées de la main de Pétrarque '. C'est un manuscrit du x^ siècle contenant les scholies

1. V. par ex., les vers d'Hugo de Trimberg, Registrum multorum auctoruvi, éd. par M. Haupt dans les Beritche de l'Académie de Berlin, 1854 :

... Duosque dictauerat minus usuales,

Epodon uidelicet et lïbriim odarum,

Quos nostris tempor'ibus credo ualere pariim.

Cf. Bursian, Beitr. lur Gesch. der dass. St. im Mitteîalter, dans les Sitinngsh. d. Kôn. hay. Akad. d. Wïssensch., classe phil., 1873, p. 461.

2. Il y a plus de cinquante passages d'Horace cités dans les seules Familiares, environ une centaine dans le reste des œuvres. On remarquera, dans Vit. sol. II, 7, 2, les extraits par lesquels Pétrarque met en relief le goût d'Horace pour la solitude et la vie des champs.

3. Palèogr. des classiques Int., 6^ livr., pi. 86. La page reproduite est celle du f. 27', avec des vers de Sénèque mis en marge.

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du pseudo-Acron \ Il compte 141 feuillets. Les titres, quelquefois assez longs, que portent les diverses pièces sont en capitales à l'encre rouge, et les ouvrages sont ainsi disposés : F. 1 , Carminum lihri IV ;i. 57, Arspoetica ; f. 6 3 ' , Epodon liber^; f. 77', Carmen sacçiilare ; f. 78, Epistidanim Uhri II ; f. 104 Sermoniim Jihri IL

Ce n'est pas dans ce manuscrit que Pétrarque a commencé l'étude d'Horace; il ne l'a acheté qu'en 1347, à son passage à Gênes, et ne l'a pas même apporté à Vaucluse \ Deux notes autographes sont au feuillet de garde ; l'une au recto : Emptus Iaii[îie] iJ4']. Xouemhris 28""; l'autre au verso; Liber Francisa Petrarce laureati, qui post ohitum eius remaneat pênes heredem suiim. Celle-ci est suivie par une série d'ex-libris, où figurent, parmi les possesseurs du volume, deux prélats bien connus : Kunc est mei.... Emi ipsum Vérone de mense Martis de anno 144). — Nunc est mei Lodoiiici Podocathari Cyprii, nam ipsum emi Padiie ah lacoh Hehreo et soJiii présente r/"^° phisico /;7° Zacharia Feltrensi^ xij Iidii mccccJviij. — Niinc autem est mei Cosmi Paccii episcopi Arretini^ qiiem mihi idem Ludoidciis Podocatharus, qui post a Sixto iiij episcopus Caputaquensis, ah Alexandro vj preshyter cardinalis S. Agathe creatus est, in signiim amoris et amicitie nostre decedens ex testamenîo legauit die... Augusti mdiv, luJio II pontifice maximo. — N^inc îiero est mei Antonii Petreii canonici Florentini ex liheralitate iUustris uiri Laurentii Rodulpbi Elorentini, nonis Augusti

1. Bandini foisait le ms. du xiie s. Les mots grecs sont en capitale non accentuée. Dimensions du ms. : 225 X 175 niill. Le texte a été utilisé dans l'édition d'Horace de Stampini, Modène, 1892.

2. Rubrique : Dz arte poetica explicit. Incipit epodon ad Mecenatem dicoîos distrophos.

3. Cf. plus haut, p. 46. Une lettre à Rienzi, datée de Gênes, 29 nov. 1347 {Fam. VII, 7) concorde avec l'indication de l'ex-libris.

mdxlviiij. N° 28^ \ Le manuscrit était digne de l'estime que lui témoignaient ainsi les bibliophiles de la Renaissancee ; à sa valeur paléographique les notes marginales de Pétrarque ajoutaient naturellement un nouveau prix \

Elles consistent, pour la plupart, en rapprochements avec Horace lui-même ^ ou d'autres auteurs : Sénèque '^, Pline ^ etServius ^ sont cités trois fois, Cicéron deux fois ^ Térence^ Ovide ^ Lucain, Solin'°, Lactance, S. Augustin, chacun une fois, ainsi que Dictys, dont le nom est rare sous la plume de Pétrarque''. Les mots mis en sommaire sont assez nombreux ; il y a enfin, en tête des satires i et 3 du livre I, les analyses autographes que voici: F. 104 {Qui fit, Maece-

1. Antonio Petrei, qui fut chanoine de S. Lorenzo et bibliothécaire de la Laurentienne, a possédé aussi le fameux Zibaldone et le recueil de textes latins de cette bibliothèque, où Henri Hauvette a reconnu des autographes de Boccace (Notes sur des niss. autogr. de Boccace, Rome, 1894, p. 20 et 51). Ce nom de Petrehis peut être rapproché du nom, lu Per?'enis, d'un humaniste qui s'occupait vers cette époque du texte de Properce et que ni Fr. Jacob, ni Fr. Plessis, ni moi n'avions su identifier (cf. La hihliolh. de F. Orsini, p. 235).

2. Il ne faut pas confondre la main de Pétrarque avec une écriture du même temps, très abondante, qui se voit par ex. aux ff. 55', 56, 78, 80... et qui pourrait tromper un œil plus exercé. On peut mettre en comparaison les deux écritures d'une façon concluante, au f. 104, qui porte au bas une scholie de Pétrarque, tandis qu'en face, au vo du f. précédent, est une scholie de l'autre annotateur.

3. F. 3, 4, 10, II, II', 42, 48', 50, 52, 65, 70', 74, 78, 87, 97', ici', 108',

4. V. plus loin deux de ces renvois ; au f. 27', les mots Seneca in trag. indiquent Thyest. 609-612.

5. F. 50', 61, 100 (Nat. hist. h 35, c. 10 ; — /. 34, c. 7, col. 5, renvoi se rapportant à une colonne du ms. possédé par Pétrarque ; — /. 37, c i, circa médium').

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