Secret. Édit. cit. page
3 Fam., II, 12.
18 f> PÉTRARQUE
Si la simplicité de ses goûts lui faisait préférer une nourriture frugale malgré les habitudes contractées dans l'intimité des hauts personnages, le sentiment religieux et le souci de sa santé l'y poussaient aussi.
Il observa toujours scrupuleusement l'abstinence malgré les prescriptions des médecins, et conformément aux règles, il jeûnait tout le carême et les vigiles, chaque vendredi il ne prenait autre chose que du pain et de l'eau. Il eut une excellente santé jusqu'aux environs de la cinquantaine, et pendant qu'il était à Pavie un médecin déclara qu'il n'avait jamais vu dliomme plus sain et plus robuste \ Aux approches de la vieillesse les fièvres périodiques commencèrent à le saisir, ainsi que la goutte et d'autres infirmités dont il se tira toujours du mieux qu'il put en ne suivant pas les prescriptions des médecins, en évitant les remèdes, en buvant beaucoup d'eau et en gardant la diète. Lombroso dit qu'il était épileptique Ml se base sans doute sur les syncopes qui le frappèrent dans les dernières années de sa vie, et sur son prétendu
l. Senili, XII, 1.
!>. Vnomo di genio. Turin, i«''i H Genio e degenerâzione.
Palerme, i«'''».
évanouissement devant le Sénat Vénitien en 1373.
Ces motifs permettent-ils d'affirmer que Pétrarque était de tempérament épileptique?Pour moi, profane, j'en laisse l'arrêt aux maîtres de la science médicale.
Mangeant peu, dormant peu, le poète avait tout le temps et toute la liberté d'esprit nécessaire aux méditations et aux études qui occupaient ses journées. « Ne rien faire était pour lui le pire des maux, cela lui était non seulement difficile mais absolument impossible à supporter. » Habitué à n'avoir jamais l'esprit inoccupé, il continuait à lire ou à dicter même pendant les moindres occupations de chaque jour. « En me coiffant ou en me rasant j'ai l'habitude de lire, ou d'écrire ou d'entendre lire ou de dicter ; je fais de même à table, ou à cheval, aussi m'arrive-t-il souvent de terminer en môme temps un voyage et une poésie... Jamais on ne prépare la table où je prends mon repas sans y apporter tout ce qui est nécessaire pour écrire \ » Cette continuité d'application, s'était tellement identifiée à sa nature qu'elle ne cessa ni ne s'interrompit jamais malgré ses nombreux chan-