Sçnili, XI
nuccio delBene, Philippe de Cabassoles^Giovanni Barrili, Guglielmo da Pastrengo, Giovanni Boccacio, Lombardo délia Seta, Donato Albanzani, Benintendi de' Ravegnani, Giovanni Dondi, le doge Celso, Azzoda Correggio, Pandolfo Malatesta, Luchino et Galeazzo Viseonti, Jacopo et Francescode Carrare, le roi Robert, l'empereur Charles IV font partie des nombreux personnages qu'il eut pour amis les plus chers dans tous les rangs sociaux.du plus modeste particulier au plus haut dignitaire de l'Église et de l'autorité civile. Il donnait à quelques-uns des surnoms littéraires et ne leur écrivait autrement qu'en les appelant Lelio, Socrate, Simonide, Olimpio, Donato Apenninigena. Ce nouveau baptême n'était pas seulement pour Pétrarque une manière originale de manifester l'esprit classique qui le dominait, c'était encore un témoignage d'aifection délicate et profonde qui lui faisait paraître plus à lui les personnes ainsi rebaptisées II se renfermait avec elles comme dans une sorte de royaume de l'âme où, par une fraternité chevaleresque, Lelio, Socrate, Simonide, Olimpio, dépouillés de leur personnalité sociale n'étaient plus que les écuyers fidèles de cet ardent paladin de l'amitié.
PÉTRARQUE DANS i/lNTIMITE 203
Pour beaucoup il eut une affection presque fraternelle, gardée fidèlement même après leur mort, avec quelques-uns il vécut dans une parfaite union de sentiments et de pensées, avec d'autres il fut d'une libéralité dont l'histoire donne peu d'exemples, aucun nuage, aucun désaccord ne troubla jamais la sérénité de ses affections et quand ses deux intimes amis Lelio et Socrate vinrent à se brouiller, il ne fut satisfait que quand ils les eut réconciliés. Sitôt qu'il fut en possession de ses deux canonicats de Parme et de Padoue, il renonça spontanément en faveur de ses amis aux deux qu'il possédait déjà, probablement ceux de Lombez et de Migliarino1. Avant même d'être investi de celui de Modène il le fit mettre au nomdeLuca Cristiano Ml invite ce dernier et d'autres encore à faire avec lui vie commune,usant de tous les moyens de persuasion qui témoignent de la plus vive affection . « Je vous offre mes livres et mes jardins (libellos et hortulos) c'est-à-dire
1. « Jugeant que deux bénéfices sur quatre que je possède pouvant me suffire, je partagerai les deux autres entre deux de mes plus anciens et chers amis ; c'est ainsi qu'étant d'abord plu- riche que tous deux ensemble, maintenant chacun d'eux est plus riche que moi. » Cf. Fam., XII, i.