Senili, V
2. Lumbroso, L' Itinerarium del Petrarca. Rome, Lincci, 1888, et dans les Memorie del buon tempo antico. Turin, Loeschei*,
temps, que le poète complétait par ses propres connaissances et par ce sentiment particulier de la nature qui lui faisait relever les aspects nouveaux des lieux et des choses. Il faut remarquer qu'il fut le premier à donner la description, et à chanter les beautés de ce Seno Lunense l, d'où j'écris ces pages. En général, il s'attardait volontiers dans les descriptions de lieux, comme celui qui aime à rappeler à son souvenir le charme des choses vues. En écrivant à Luca Cristiano,il lui trace en traits rapides mais saisissants, la Lombardie entrecoupée de lacs et de fleuves, il montre l'Adda sortant du Lario près de Corne, le Tessin venant du lac Majeur, les sources de l'Oglio, le lac de Garde d'où sort le Mincio, « ces lacs que le vulgaire connaît mais que beaucoup de savants ne connaissent pas, môme de nom2.» Dans ces mots se montre un des sentiments les plus vifs de Pétrarque qui le poussait à voir des lieux et des choses, et par suite à entreprendre des voyages dans lesquels il parcourait la moitié de l'Europe, l'esprit pénétré de l'histoire des pays qu'il visitait. Ce désir des voyages lui